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 ≡ délivrance. (maddox&henry)

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Harlan Kovacs
kill of the night


○ messages : 235

MessageSujet: ≡ délivrance. (maddox&henry)   Mer 16 Sep - 16:30

DÉLIVRANCE

brother, o' brother, where art' thou ? {maddox, henry, harlan}

Il y a quelque chose dans l'air.
Quelque chose de malsain.

Harlan frissonne. Les sorties en fin de journée se répètent, en ce moment. Toujours pour le même. Souvent pour les mêmes raisons. L'autre face d'une pièce usée. L'autre Lui, l'autre Soi. L'Autre dont la vision ces derniers temps le rongeait. Depuis qu'il lui avait donné rendez-vous au Borgne-fesse, il y a quelques jours, il gardait ce sentiment inquiétant lové dans le creux de ses reins. Entre ses organes vitaux, profond dans les os.

Il y a tant de choses que tu n'es pas. Il renifle, le grand monstre. La grande bête, la grande carcasse. Celle au visage fermé et aux poings enfoncés profond dans les poches de sa veste. Il aime pas ça. Il aime pas ce malaise sans nom. Latent. Cette chose qui rampe et qui se répand.
Il y a tellement à faire. Il y tant de choses qu'il ne sera jamais.

Il est perdu dans ses pensées. Ses pieds le mènent tout seul. Sans ordre ni réflexion. Ça fait bientôt deux ans qu'on lui a fait une cérémonie. Qu'il a mis pour la dernière fois son costume d’apparat.
Les médailles vieillissent dans une boîte à chaussures dans un tiroir.
Il y a tant de choses qu'il n'est pas.
À commencer par ça.

Il a un poids au fond de la tête. Une enclume sur la nuque. Il n'aime pas ça. Cette sensation d'avoir échoué. Il y est habitué, pourtant. C'est courant. Il a vécu ça depuis le début des temps. Il revient, le visage creusé et l'air sombre. Il est sale. Fatigué. Il enlève son casque en descendant du Humvee. Il a pas envie de parler. Ça ressemble à tous les autres jours, après tout. Mais il préfère laisser les autres derrière. Il va bien assez tôt devoir tout reporter à l’État-major. Le gamin avait à peine dix-neuf ans. Mais ça servait à rien de se battre pour sauver du néant.

Harlan secoue vaguement la tête et passe une main calleuse sur son visage. Pas ce genre de gars. Pas ce genre de type qui s'est laissé engloutir. Il veut pas être de ceux-là. Pas ça.

Il ressemble à une grande charogne solitaire. À un vieil ours. C'est pas la gueule des bons jours.
Maddox lui rappelle tous ses échecs. Rien qu'en le regardant dans les yeux.
Maddox lui rappelle l'homme qu'il est devenu.

Un ersatz de grand frère. Un homme qui vit seul. Pas de progéniture.
Rien à léguer à ce monde.
Il déteste quand il pense à ça.
Mais c'est plus fort que lui.

C'est sûrement les nuages menaçants qui s'amoncellent. C'est ça. C'est cette chaleur étouffante. C'est la lourdeur de l'air autour de lui, bientôt touchable, bientôt opaque. Il va y avoir un orage, ce soir. Alors c'est son instinct qui anticipe. C'est sûrement ça. Les orages de septembre lui creusent toujours des trous dans les tripes.

Son regard se relève. On a toujours l'impression d'être suivi, dans cette foutue ville. Les entrepôts se profilent. À part quelques squatteurs, il n'y a pas vraiment grand monde dans le coin. C'est tant mieux. C'est désert et c'est parfait pour marcher et discuter. Il devine la silhouette épaisse de son double. Tout ce qu'il n'a jamais été.
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Maddox Osman
admin ○ nightcall


○ messages : 351

MessageSujet: Re: ≡ délivrance. (maddox&henry)   Ven 18 Sep - 6:38

– all these things –


Ce soir, c’est Rorschach. Rorschach qui traîne son pas lourd derrière lui, les dog-tags clinquant autour de son cou. Le chien a tourné en rond toute la journée. Et malgré la bonne entente habituelle entre les quatre locataires qui partageaient la vie de l’ancien mercenaire, depuis que Sitka avait été engrossée, c’était tendu entre les mâles. Ce qui devait arriver avait fini par se produire, et ç’avait dégénéré. Rorschach et le Clochard s’étaient un peu chamaillés, et le second avait mordu le premier. Résultat, lorsque Madd était rentré des docks, il avait dû s’improviser vétérinaire. Rien de pire pour lui pourrir une fin de journée. À part, peut-être, devoir ressortir, et se promener dans ce putain d’endroit mal famé.

Quelle idée de se donner rendez-vous là-bas. Il avait fallu changer du Borgne-Fesse ; emmener les éventuels soupçons un peu plus loin, laisser privée l’intimité de ce bon vieux bateau, et du vieil ours qui y vivait presque autant qu’à son appartement. Alors ils s’étaient rapidement concertés, et Harlan s’était dit qu’à proximité d’un entrepôt abandonné, personne les emmerderait. Ben non, voyons, personne. C’est au moins le troisième clochard qui lui d’mande une putain de pièce, et ça commence franchement à le pomper. Il jette un regard peu amène au type grossièrement emmitouflé dans ses loques. Mais il dit rien. Il continue sa route, son chien sur ses talons. Et à la vue du clébard, le gars se tait. Il a pas l’air fin, le machin ; et il l’est pas vraiment. Surtout aujourd’hui. Pas un bon jour, pour le chien. Pour le maître non plus.

Il tourne à droite. Bientôt arrivé. Les papiers pliés à la va-vite, au fond de sa poche arrière. Couverts de notes grossières, mais le plus appliquées possibles. Faut qu’elle puisse les déchiffrer, quand même, sa belle-sœur fouineuse. Il aurait pas été foutu de faire ce chemin pour se faire rembarrer à cause de ses pattes de mouche dégueulasses, tout d’même. « Hé, mec, t’aurais pas– » « Nan. » « C’est bon, fais pas chier, tu sais même pas c’que j’veux. » « Un briquet. J’en ai pas. » « … Comment tu sais qu’j’veux un briquet, ducon ? » « Parce que tu tiens ton pétard dans la main comme un demeuré depuis taleur, et que dès que tu m’as vu t’es v’nu m’voir en le levant bien en évidence. » « … Mais ta gueule, putain. » « Casse-toi. » Le type va pour répondre, mais l’chien aboie. Le regard de l’ours le dissuade d’insister, et il fait demi-tour, le p’tit junkie, son pet’ à la main, l’air de crever d’envie d’lui planter son canif en plein cœur. Et le colosse s’éloigne sans mot ajouter. Définitivement renfermé.

Rorschach sur ses talons, il arrive enfin à l’endroit du rendez-vous. Il fait gris, il fait lourd. Il a l’impression qu’le ciel tombe sur l’monde, avec sa couche nuageuse étouffante et poisseuse. Et ça le saisit à la gorge, ça lui donne l’impression de se débattre contre des fantômes de fumée, de se faire agresser par le brouillard et sa lourdeur. Y a un truc mauvais qui circule dans l’once de vent qui souffle sur les lieux. Et ça fait bouillonner son instinct primaire, au fond d’lui. Il a envie d’se tirer. Et il sent qu’il va expédier le paquet, et rentrer.

Il aperçoit la silhouette, quelques pas plus loin. Il voit les épaules, voûtées comme les siennes, les cheveux, étrangement taillés comme les siens. Faut croire qu’ils sont pas capables de se distancer l’un de l’autre, pas même sur ça. Et la barbe de plusieurs jours, le regard fermé. Les mains dans les poches. La seule différence, c’est que l’un est suivi par un chien, et que le second a aujourd’hui décidé de se déplacer sans.

« ‘lut. » Pas envie d’parler. Les poings crispés, l’humeur dans les chaussettes. Envie d’aller vider une bouteille devant le jeu vidéo le plus violent qu’il ait en stock. Alors il sort les papiers froissés et pliés de sa poche arrière. Y en a quatre. Les trois premiers sont recouverts de notes, recto-verso, et le quatrième n’en a que le recto. Pliés tous ensemble. Il les lui tend, pas nécessairement désireux d’en rajouter. « Tiens. J’espère qu’ça pourra l’aider. » J’en aide bien d’autres, j’vois pas pourquoi j’pourrais pas filer un coup d’main à ta femme. « Ça pourra p’t-être intéresser Alma aussi. Passe-lui le mot si tu la vois. » C’est tout ? C’est tout.

Rien à ajouter, rien à déclarer. Rien d’autre qu’l’envie de se tailler vite fait, avant qu’les choses n’empirent. Car il le sent, jusqu’au plus profond d’ses tripes ; y a un truc qui va pas. Y a un truc qui va chier.


(c) elephant song.

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