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 I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)

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Nolan Sanderson
kill of the night


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MessageSujet: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Lun 2 Nov - 17:19


I OWE YOU PAIN Mr O'Callaghan
LAZAR & NOLAN


Bientôt minuit, l'heure diabolique. Les chiffres en lettre rouge clignotaient par intermittence au poignet de la montre de notre adolescent dissimulé dans les fourrés. Des lettres enflammés, l'enfer à son bras, comme son regard qui scintillait sous les éclats de la lune gibbeuse qui planait au-dessus de sa tête. On aurait dit une bête tapi dans l'ombre. Une bête jeune, immature et irréfléchi, mais une bête dangereuse, car ce soir elle pensait ne plus avoir rien à perdre. Il fallait voir le jeune Sanderson accroupi dans la terre depuis tellement d'heures qu'il avait arrêté de compter. Son pantalon crasseux, ses ongles noires et le froid saisissant ses membres engourdis. L'averse qui était maintenant derrière lui continuait de faire goutter l'eau le long de ce simili cuir qu'il avait volé dans une boutique de vêtements. Ses cheveux châtains étaient collés à son front, ses lèvres légèrement tremblantes, mais ce qui ne tremblait pas c'était cette main qui agrippait avec poigne l'énorme couteau de chasse caché dans son dos. Ce soir, il lui ferrait payé et cela à n'importe quel prix. Sa décision était prise depuis longtemps. Ce soir, il planterait en plein cœur la lame de sa colère dans Lazar O'Callaghan.

Il y a deux nuits de cela...

- Je te demande pas de le trahir. Je te demande juste de te faire porter pâle. Rien d'autre.

Nolan était allongé sur ce lit. Les mains derrière la nuque. Son torse triomphant et taillé par la vie elle-même. Les draps qui coupaient son anatomie pour cacher l'impensable. L'homme à qui le jeune Sanderson s'adressait se tenait au bord du lit, terminant d'enfiler son pantalon. Un vêtement qui glissa plus que rapidement le long de ses cuisses. L'homme, à la trentaine et à la barbe hirsute, semblait pressé de s'en aller. Comme si l'orgasme avait rompu le charme en ces lieux. Quand il se retourne, le trentenaire, ne voit plus qu'un gamin dans lequel il s'était perdu pour le plaisir exquis de la chair. Nolan continuait de le fixer alors que l'homme ramassa son porte-flingue posé sur la commode. Le trentenaire continuait de rester silencieux. Commençant à comprendre qu'il avait été utilisé. Il n'était point le chasseur ici. Il avait été chassé. Le barbu se sentait humilié dans sa virilité et son égo. Nolan n'en perdit en rien sa verbe éloquente.

- Dit que ton fils est malade ou même ta femme. Cela serait dommage qu'elle reçoive cette vidéo.

Nolan quitta la couche, les draps glissèrent jusqu'à ses jambes et il s'avança à l'autre bout de la chambre en tenu d'Adam. Le trentenaire se força à lever les yeux, coupant ce corps qu'il avait pourtant exploré sans aucune pudeur pendant plusieurs heures auparavant. Tout, lui semblait sale à présent, cette pièce, cette odeur, ce qu'il avait pu faire. Nolan s'approcha de la bibliothèque et en tira un téléphone portable - qu'il avait dérobé -. Le jeune Sanderson activa le mode caméra et déposa le téléphone dans les mains de l'homme qu'il souhaitait à présent faire chanter. Des bruits de débauche et des cris de plaisir se firent entendre. L'homme de main jeta le téléphone au sol et l'écrasa, ne pouvant en voir plus. Nolan, lui, était triomphant et laissa sa proie pour prendre le temps de s'habiller.

- Tu t'en doutes que j'en ai d'autre comme celle-ci. C'est pas la première fois qu'on se voyait. Je me demande ce que dirais ta femme et ton fils s'ils savaient que tu aimes enfoncer ta...

La main du trentenaire se jeta sur la gorge de Nolan et il le plaqua violemment contre le mur. Nolan ne sembla en rien impressionné. Depuis, le retour de Maxime il était vide. Il n'y avait plus que cette colère qui l'animait. Cette vengeance qui rongeait son âme et ces viscères. Et, son plan était simple, il avait couché avec l'un des gardes du corps de Lazar pour avoir quelqu'un à manipuler. Quelqu'un qui l'aiderait à rentrer et qui serait mystérieusement absent dans deux nuits. Une personne de moins qui ferrait sa ronde dans l'immense propriété de l'irlandais.

A présent...

Nolan savait pertinemment ce qu'il risquait en s'attaquant à Lazar. Il se moquait pour sa vie, oubliant que son acte de guerre pourrait mettre en danger la vie de Colin. Mais, Nolan était encore un enfant, même s'il jouait à l'homme, au mâle à la queue plus longue qu'un bras. Sa colère était à ses yeux justifié, car Lazar lui avait promis que Maxime ne reviendrait plus, qu'il disparaitrait à jamais. C'était trop dur pour Nolan d'avoir Maxime à ses côtés à nouveau. Trop de souffrances qu'il avait mis tellement d'énergie à refouler au plus profond de lui. Mais, l'heure était venue, Nolan profita de la fin d'une ronde d'un des gardes du corps pour se lancer. Il remonta par l'arrière de l'immense demeure. Il passa par une pièce vide en brisant la fenêtre avec son poing et un vêtement pour étouffer le bruit. L'adolescent attrapa le couteau de chasse dans son dos. Pourquoi pas une arme à feu ? C'était bien trop bruyant à son goût. C'est que le gamin espérait encore s'en sortir et rentrer chez lui avant même que Maxime ne se rende compte de son absence. Nolan se cacha dans les interstices, les gouffres nourris par les ombres. Cette maison, il la connaissait. Il était venu faire ses rapports ou donner de l'argent à l'irlandais en main propre. Le jeune Sanderson chercha Lazar jusqu'à voir de la lumière s'échapper d'un des bureaux. La porte entrouverte lui permit de se faufiler s'en faire un bruit - en tout cas, le pensait-il -. Impossible de faire marche arrière maintenant. Nolan serra avec force le manche de son couteau pour se donner ce dernier élan de courage. Il arriva dans le dos de Lazar à pas feutrée et glissa la lame sous la gorge de l'irlandais.

- Pas un geste ou un bruit...

Nolan remonta la lame d'un petit millimètre, juste pour faire couler un peu de son sang. Pour imposer au puissant qu'il n'y avait aucune plaisanterie ici. Aucun retour en arrière. Que c'était lui qui avait le pouvoir ici, lui qui dicterait les règles et enfin lui qui aurait le droit de vie et de mort ce soir.

- Nous allons discuter nous deux et après j'enfoncerais ce couteau dans ce cœur pourri qui est le tien. Pour finir, je t’émasculerais surement, juste pour le fun. Car, s'il a bien quelque chose que j'ai appris avec toi, mon cher oncle, c'est qu'il faut toujours frapper fort. Il faut marquer les esprits. Et, ne compte pas, sur ta sécurité, j'ai coupé les vidéos de surveillance, donc personne ne viendra nous déranger.   


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Lazar O'Callaghan
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MessageSujet: Re: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Lun 2 Nov - 23:50


I OWE YOU PAIN Mr O'Callaghan
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La nuit était déjà bien avancée lorsque Lazar s’installa dans l’une des pièces aménagées en bureau à l’étage du manoir où il s’était installé depuis son arrivée à la Nouvelle-Orléans. Depuis presque vingt-cinq ans qu’il avait emménagé dans la capitale de cœur de la Louisiane, il avait largement eu le temps de prendre ses marques et de s’occuper de rendre sa nouvelle demeure aussi agréable à vivre que possible. New-York ne lui manquait pas autant qu’il l’aurait cru ; changer de ville n’avait pas été qu’une suite d’inconvénients comme il l’avait craint – au contraire, depuis qu’il avait fait main basse sur une bonne partie des quartiers de NOLA, ses affaires avaient rarement été aussi florissantes. Petit à petit, il tissait sa toile comme l’araignée venimeuse qu’il était. Il avait corrompu, recruté, fait chanter un nombre impressionnant de personnes plus ou moins importantes, s’était occupé de donner aux voyous de bas étage une rente suffisamment importante pour qu’ils s’occupent de terroriser ceux qui avaient le malheur de s’endetter auprès de lui, et ceux qui ne voulaient pas le suivre, il leur donnait une bonne raison de le craindre. Il avait fait ses armes dans une ville plus grande, sous l’égide d’un gangster sur le retour qui n’avait pas vu venir l’énorme poignard dans le dos qu’étaient les sourires faux et l’allégeance toute feinte de l’Irlandais qui avait rejoint ses rangs alors qu’il était encore tout jeune homme, s’extrayant de la pauvreté misérable d’une famille descendant d’immigrés qui n’avait jamais réussi à s’élever au-dessus de sa condition initiale. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour que son orgueil, son intelligence et son redoutable esprit de contradiction ne le poussent à prendre une voie que beaucoup auraient condamné sans hésiter un seul instant. Mais Lazar se fichait éperdument de l’avis des autres : s’il faisait des manières pour leur plaire, c’était pour mieux les prendre dans ses filets, pour entretenir des relations qui lui étaient profitables, pas pour une quelconque envie de lui faire plaisir. La seule personne avec laquelle il était un peu plus sincère que les autres, c’était son épouse. C’était l’unique exception à la règle, celle qui avait le droit d’apercevoir ce qui se tramait dans la tête de l’homme auquel elle était mariée ; et encore, elle ne savait pas tout. Il avait une part de secret qu’il conservait coûte que coûte, comme un trésor, une petite partie de lui que même sa femme ne pouvait atteindre. Peut-être qu’à terme, il finirait par se jouer des tours à lui-même. Pour l’instant et depuis les cinq dernières décennies, tout avait très bien fonctionné, aussi n’était-il pas prêt à changer. Une ou deux catastrophes plus tard, pourquoi pas, mais il avait traversé suffisamment de choses pour se penser prêt à faire face à absolument tout et n’importe quoi. A tort ou à raison.

Assis dans un fauteuil confortable, un verre de ce whisky qu’il appréciait à portée de main, l’Irlandais était en train d’étudier avec attention les papiers soigneusement étalés devant lui. Reconnaissances de dettes, listes de noms et de comptes, dates, adresses, numéros de téléphone : il consultait une quantité impressionnante de données qu’il était seul à comprendre avec Aisling. Puisqu’elle l’aidait à gérer certaines branches de son business, il fallait bien qu’elle soit au courant de ce qu’il faisait, et elle avait plus d’une fois prouvé sa finesse d’esprit en maniant d’une main de maître les informations auxquelles elle avait accès. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait quitté la demeure conjugale ce soir : une opportunité s’était présentée et, puisque monsieur O’Callaghan avait rendez-vous le lendemain, c’était elle qui s’était déplacée. Lazar avait confiance : elle ne le décevrait pas. Elle ne l’avait fait que deux fois dans toute leur vie commune, et elle se souvenait probablement encore des conséquences. Tant mieux pour elle : elle n’avait plus jamais répété les mêmes erreurs. C’était donc l’esprit serein qu’il l’avait laissée partir.
Il ne devait pas être loin de minuit lorsqu’un bruit le fit sortir de ses pensées, alors qu’il était en train d’ajouter quelques chiffres à une dette qui n’avait pas été suffisamment remboursée pour contrer les intérêts ridiculement hauts qu’il avait mis en place. Ce ne fut pas grand’ chose, juste un léger grincement qui lui fit plisser les yeux et se redresser dans son fauteuil. Il pencha légèrement la tête sur le côté, à l’écoute, mais n’entendit rien de plus. Dans le doute, il jeta un coup d’œil à sa montre. Il était relativement tôt, mais peut-être qu’Aisling était déjà de retour. Il s’apprêta à l’appeler lorsque quelque chose vint s’appuyer sur sa gorge, le forçant à redresser la tête. Il fronça les sourcils, surpris et pas spécialement enjoué à l’idée de se retrouver avec ce qu’il identifia comme la lame d’un couteau appuyée contre sa jugulaire. De là où il était, il ne pouvait voir qui venait le menacer dans sa propre maison.

- Pas un geste ou un bruit...

Une bouffée de colère monta au nez de Lazar qui prit une grande inspiration, s’exhortant au calme en reconnaissant la voix du jeune garçon dans son dos. Il venait d’être pris en otage par un petit gringalet même pas majeur qui se permit même de lui entailler légèrement la gorge, lui arrachant une grimace de douleur et surtout de dégoût. Son ego venait d’en prendre un sacré coup, et il ne laisserait certainement pas passer ça. Mais pour le moment, il allait devoir trouver un moyen de contre-attaquer. Il jeta un coup d’œil au tiroir où était rangé un pistolet chargé. Il n’aurait eu qu’à tendre la main et tout aurait pu se terminer très vite – pour lui. Il avait beau être doué au tir, au corps-à-corps, il était loin d’être aussi efficace qu’il l’aurait souhaité. De toute façon, il n’aurait pas eu le temps de récupérer son arme, pas alors qu’il en avait une partiellement entaillée dans sa peau.

- Tiens, Nolan, ça faisait quelques jours que je n’avais pas eu de nouvelles. Je commençais à m’inquiéter.

En cet instant, il aurait souhaité que la foudre s’abatte sur le garçon et le carbonise sur place. Il aurait souhaité un coup du sort si violent qu’il n’en ressortirait pas indemne, ni mentalement ni physiquement. Il se demanda ce qu’avaient fichu les hommes chargés de surveiller les alentours de chez lui.

- Nous allons discuter nous deux et après j'enfoncerais ce couteau dans ce cœur pourri qui est le tien. Pour finir, je t’émasculerais surement, juste pour le fun. Car, s'il a bien quelque chose que j'ai appris avec toi, mon cher oncle, c'est qu'il faut toujours frapper fort. Il faut marquer les esprits. Et, ne compte pas, sur ta sécurité, j'ai coupé les vidéos de surveillance, donc personne ne viendra nous déranger. 

Lazar haussa un sourcil. Au moins, il avait sa réponse. Et puisqu’il savait qui était de garde ce soir, il saurait très bien retrouver celui qui avait laissé entrer le cadet Sanderson. Car il était hors de question qu’il meure ce soir, et certainement pas de la main d’un petit crétin qui se croyait au-dessus de lui. De toute façon, si jamais une fatalité quelconque le conduisait à sa fin, son épouse ne laisserait pas sa disparition impunie. C’était au moins ça, même si ça restait, au final, une bien piètre compensation.

- Un cœur pourri, hm ? Parce que le tiens est pur et innocent en comparaison. Et pour ce qui est de m’émasculer, au moins, fais ça proprement. Ma femme ne sera pas spécialement contente si elle devait se débarrasser d’un tapis en plus de mon cadavre mutilé.

Le sarcasme et la négociation étaient deux de ses principales défenses face à une menace, quelle qu’elle soit. S’il se montrait suffisamment malin, s’il maniait aussi bien les mots que Nolan pensait manier le couteau, alors il s’en sortirait sans trop de problèmes. Encore fallait-il que l’autre imbécile ne fasse pas d’excès de zèle en le plantant avant qu’il ait réussi à se sortir de là. Il allait devoir faire preuve de patience, car à trop rêver à ce qu’il allait lui faire en représailles, il risquait de tout faire rater bêtement.

- Et sinon, mon neveu, je peux savoir ce qui t’amène chez moi à une heure pareille ? Tu ne devrais pas être en train de faire tes devoirs ou des livraisons ?

Le stylo qu’il tenait encore virevolta entre ses doigts. Ca n’avait rien des acrobaties que certains pouvaient réaliser avec un simple stylo à bille, mais celui qu’il tenait dans sa main était lourd et, surtout, à plume. Une plume acérée qui pourrait très bien se planter dans la main de l’importun si l’occasion se présentait.


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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Mar 3 Nov - 16:17


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Que de pouvoir au crein d'une main. Il tenait une vie. Un simple coup de poignet et il en serait terminé du diable, il ferrait couler son sang et repeindrait le magnifique tapis sous leurs pieds. Déjà, celui-ci était fichu, les chaussures boueuses de Nolan avaient impregnées la fibre délicate. Les cheveux de notre adolescent qui gouttaient sur l'épaule de Lazar dans un décompte morbide, comme si celles-ci accompagnaient les secondes qui restaient à notre quinquagénaire. Que de pouvoir qui en faisait vibrer les hanches de notre adolescent. Une adrénaline qui transcendait jusqu'à ses respirations sacadées qui venaient s'étouffer contre le col de notre irlandais. Nolan se sentait puissant. C'était cela la sensation d'être enfin un Homme ? D'avoir au crein de sa main la vie d'un autre homme ? Et, même s'il essayait de rien laisser transparaitre, notre adolescent ne pouvait s'empêcher de trembler légérement. Il n'avait jamais tué personne de sa vie. Il en avait déjà menacé, frappé et intimidité. Beaucoup de choses pour un garçon de son âge, mais c'était cette ville qui l'avait fait. Son talent à survivre qui l'avait forgé. Des talents qui l'empêchaient d'être complétement idiot.  Il savait pertinnement que Lazar ne laisserait pas ménacer aussi facilement. Son œil inquiét balaya l'espace autour d'eux. Son instint premier fut d'éloigner Lazar de son bureau. Il ne savait pas ce qu'il pouvait y cacher, mais il avait trop de paramètres à prendre en compte. Il le poussa contre le mur et le retourna pour lui faire face. Il était hors de question pour le jeune Sanderson de frapper dans le dos. Il voulait que Lazar le regarde droit dans les yeux quand il lui porterait l'ultime coup.

- Tiens, Nolan, ça faisait quelques jours que je n’avais pas eu de nouvelles. Je commençais à m’inquiéter.

Ce doux mensonge fit sourire notre adolescent. Il n'était plus dupe depuis longtemps. Le gentil - faux- oncle du passé était révolu. Nolan savait qu'il n'était à présent qu'un nom sur sa liste. Une personne qui avait vendu son âme pour avoir de quoi manger, se vêtir et se loger. Une personne faible sur laquelle il aurait tous les pouvoirs. Mais, c'était cela de l'avoir sous-estimé. D'avoir pensé qu'il était innofensif. Cependant, c'est bien lui qui avait ce soir le pouvoir de vie et de mort. C'est lui qui allait jouer les marionnestites pour son plus grand plaisir, pour faire danser sous ses files le grand Lazar O'Callaghan. Alors, qui était l'idiot à présent ?

- Il ne fallait pas. Me voilà, j'espère maintenant que tu es rassuré ?

Ironisa t-il.

- Tu me permets ? Je voudrais juste m'assurer que tu n'es pas armé.

La main libre de l'adolescent tapota le haut du corps l'irlandais, puis ensuite le bas du pantalon. Fouillant sa victime de la tête aux pieds alors qu'il continuait à le garder en respect de cette lame aiguisée. Son regard crépitant comme le feu dans l'âtre de la cheminée. Comme possédé par un démon fieleux de l'enfer. On aurait pu s'attendre qu'à tout moment des billes noires se mettent à remplacer les yeux de Nolan. Mais, nous étions dans la réalité et non dans la fiction et tout ce qu'il restait alors : c'était la colère.

- Un cœur pourri, hm ? Parce que le tiens est pur et innocent en comparaison. Et pour ce qui est de m’émasculer, au moins, fais ça proprement. Ma femme ne sera pas spécialement contente si elle devait se débarrasser d’un tapis en plus de mon cadavre mutilé.

Nolan connaissait ces pirouettes verbales. Il en était friand par le passé. Cela avait toujours fasciné le jeune Nolan cette façon qu’avait Lazar de savoir rebondir. Il les collectionnait mentalement et les attendait comme un enfant devant un dessin-animé un samedi matin. Même ce soir, la repartie de l’irlandais et cela même sous le coup de la menace le fit doucement sourire. Cependant, le sourire de l’adolescent se mit à brûler et à noircir, comme les buches dévorées une à une par les flammes à l’intérieur de la cheminée.  

- Mon cœur est aussi noir que l’enfer où on m’a plongé. Mais, c’est bien pour toi que j’ai volé, menti, et dealer. Même, quelque chose que je fais derrière ton dos et que je t’ai jamais dis,  et tout cela pour un ancien ami à toi.

Nolan s’arrêta, roulant des yeux et posa un doigt sur ses lèvres.

- Mais, chut, où sont mes manières, no spoiler. Ce n’est pas l’heure, ni l’endroit pour ce genre de révélation.

Les yeux du jeune Sanderson, affutés comme ceux d’une bête aux abois, ne loupèrent en rien le stylo qui tourna autour des doigts de son prisonnier. Nolan se passa la langue sur la lèvre supérieure alors que les éclats de la plume du stylo venaient se refléter dans le fond de ses pupilles.

- Et sinon, mon neveu, je peux savoir ce qui t’amène chez moi à une heure pareille ? Tu ne devrais pas être en train de faire tes devoirs ou des livraisons ?

Nolan décida de ne point retirer cette possible arme des mains de l’irlandais. Comme si, il n’attendait qu’une raison pour lui trancher la gorge. Lazar pourrait le blesser, même peut-être lui crever un œil, mais il serait tout aussi rapide pour l’égorger comme un pourceau et rien que cette pensée lui donna une demi-molle.

- Tu m’avais promis que jamais Maxime ne reviendrait. Tu m’avais promis que je ne reverrais plus jamais sa sale tronche, que je sentirais plus son odeur faisandée. Tu crois que je suis resté dans cette ville pour tes beaux yeux ? Tu crois que j’ai fait tout ce que tu m’as demandé jusqu’à maintenant car ton charme magnétique avait eu raison de moi ? Nous avions fait un marché et tu ne l’as pas tenu. Je veux savoir pourquoi.  


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Lazar O'Callaghan
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MessageSujet: Re: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Jeu 5 Nov - 0:45


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Lazar sentait le souffle de Nolan dans sa nuque et pouvait presque compter les gouttes qui s’écrasaient sur sa veste de costume. Le gamin était trempé. Il n’avait aucune idée du temps qu’il avait passé sous la pluie à attendre son heure, mais il savait désormais que son tapis était définitivement foutu. Il ne manquait plus que ça, qu’en plus son mobilier ait à souffrir de la présence de ce petit crétin. Il s’abstint de faire une remarque à ce sujet, la conservant pour plus tard. Après tout, les tours de passe-passe avec quelques mots soigneusement choisis marchaient toujours mieux quand on n’avait pas la lame d’un couteau de chasse sous la gorge, d’autant plus quand il était manié par un adolescent qui se prenait pour un gros dur alors qu’il était impétueux comme un lionceau poussant ses premiers cris. Nolan était un chaton de gouttière qui pensait pouvoir s’attaquer à beaucoup plus gros matou que lui. Tant pis pour lui, il s’en mordrait les doigts bien assez tôt.
L’Irlandais sentit une poigne se refermer sur son col et le forcer à se lever de son fauteuil. Quelques secondes plus tard, il se retrouvait plaqué contre le mur le plus proche, faisant face au jeune Sanderson. Il était à peine plus grand que lui, tout juste trois centimètres qui lui permettait de le regarder droit dans les yeux ; quand il aurait grandit – s’il lui laissait le temps de vieillir – il serait probablement aussi grand que son frère, et mille fois plus orgueilleux. Qu’il soit plus grand que l’homme qu’autrefois il appelait « oncle » n’aiderait pas à le faire redescendre sur Terre. Toute une éducation à refaire, et dans la douleur si possible. Le couteau contre sa jugulaire recula légèrement.

- Tu me permets ? Je voudrais juste m'assurer que tu n'es pas armé.

L’homme de noir vêtu haussa un sourcil et écarta les bras de mauvaise grâce quand la main de Nolan se glissa contre ses flancs pour chercher une arme qu’il aurait pu cacher. Il se laissa fouiller en levant les yeux au ciel, laissant échapper un soupir.

- Si j’avais su que j’allais me faire tripoter ce soir, j’aurais mis quelque chose de plus confortable.

En temps normal, la remarque n’aurait pas été totalement ironique. Mais en cet instant, il était bien trop en colère, bien trop fielleux pour ne serait-ce que penser faire quoi que ce soit avec le jeune homme, à part lui arracher les dents à la pince une par une. Il nota cette idée dans un coin de sa tête, imaginant déjà le calvaire du gamin et la tête de son aîné lorsqu’il le verrait revenir comme ça, se réjouissant par avance de cette scène à laquelle il aurait volontiers assisté, lorsque le dialogue reprit. Ses sarcasmes furent accueillis par un petit sourire qu’il aurait volontiers arraché à mains nues du visage de son propriétaire.

- Mon cœur est aussi noir que l’enfer où on m’a plongé. Mais, c’est bien pour toi que j’ai volé, menti, et dealer. Même, quelque chose que je fais derrière ton dos et que je t’ai jamais dit, et tout cela pour un ancien ami à toi. Mais, chut, où sont mes manières, no spoiler. Ce n’est pas l’heure, ni l’endroit pour ce genre de révélation.

Lazar plissa les yeux, la curiosité et la suspicion se mêlant à sa rage silencieuse. Quelque chose qu’il faisait dans son dos pour le compte d’un ancien ami à lui ? Le truand n’avait pas d’amis, mais en revanche avait beaucoup d’ennemis. Il en avait laissé beaucoup derrière lui à New-York, lorsqu’il avait décidé de s’installer à NOLA et d’y prendre ses aises. Se pourrait-il que l’un d’entre eux l’ait suivi jusqu’ici ? Cette inconnue dans l’équation était-elle à l’origine des différents problèmes qu’il rencontrait depuis quelques années ? Il avait toujours réussi à les régler, mais cela lui faisait toujours perdre du temps, et il n’aimait pas ça. Il n’aimait pas avoir l’impression d’être en difficulté face à une ombre qu’il ne voyait jamais. Ses doigts firent tournoyer son stylo plume. Ca ne lui plaisait pas du tout, et il se promit de creuser de ce côté-là – Aisling serait sans doute ravie de l’aider dans cette tâche. Encore fallait-il qu’elle le retrouve en vie et pas égorgé bêtement par le crétin juvénile trop heureux de se sentir puissant une fois dans sa vie. Qu’il ne s’y habitue pas trop : cette euphorie lui coûterait si cher que l’envie de recommencer lui passerait rapidement.
La question de sa présence se posa enfin et, ô miracle, il donna une réponse précise.

- Tu m’avais promis que jamais Maxime ne reviendrait. Tu m’avais promis que je ne reverrais plus jamais sa sale tronche, que je sentirais plus son odeur faisandée. Tu crois que je suis resté dans cette ville pour tes beaux yeux ? Tu crois que j’ai fait tout ce que tu m’as demandé jusqu’à maintenant car ton charme magnétique avait eu raison de moi ? Nous avions fait un marché et tu ne l’as pas tenu. Je veux savoir pourquoi.

Lazar soupire et fixa le garçon avec tout le dédain du monde. Il donnait l’impression de se ficher royalement de l’arme qui avait déjà entaillé sa peau, des menaces proférées par le jeune Sanderson ou des mystères qu’il venait de faire autour de sa soi-disant secrète allégeance. Il lui laissait clairement entendre qu’à ses yeux il n’était rien, absolument rien, rien de plus qu’une personne parmi six milliards d’autres et que l’humanité – et lui-même – auraient tôt fait de l’oublier. Il voulait le faire se sentir insignifiant, aussi insignifiant qu’il l’était en réalité, et écraser dans le creux de sa main cette impression de toute puissance qu’il avait cru toucher du doigt alors qu’il était à mille lieux de connaître l’ivresse que procurait réellement le pouvoir.

- Bien sûr que tu es resté pour moi. Après tout, tu voulais rembourser la dette de ta mère, non ? A ce que je sache, je ne t’avais absolument rien demandé, c’est toi qui es venu tout seul te porter volontaire. Sauf que celui qui est endetté, c’est ton frère, c’est à lui que revient l’obligation de me rembourser.

Ce n’était pas tout à fait un mensonge : puisqu’il avait donné de l’argent à madame Sanderson pour qu’elle puisse financer son prodige de fils et vivre ailleurs que dans la rue. Sauf que la rue, elle y était retourné pour satisfaire des inconnus et gagner quelques billets qui lui servaient à vivre et à rembourser petit sou par petit sou la dette colossale qu’elle avait contractée auprès de l’Irlandais. Et lorsqu’elle était morte, Maxime avait dû sortir de prison pour s’occuper de ses cadets encore mineurs car il était leur seule famille proche encore vivante ou disponible. C’était donc tout naturellement que Lazar était revenu le voir en lui rappelant qu’il lui devait le peu que sa famille avait pu s’offrir, ainsi que tout le matériel et les entraînements qui lui avaient permis de devenir champion du monde de snowboard. Et l’avantage de Maxime, c’est qu’il était majeur, en conditionnelle et donc disponible en permanence. Certes, son débiteur avait dû s’occuper de lui trouver des horaires et des itinéraires adaptés au bracelet électronique accroché à son bras comme un symbiote indésirable, mais au moins, il travaillait pour lui, comme il le voulait, et il lui rapportait de l’argent, comme il le voulait. Et ce n’était pas un adolescent de dix-sept ans capricieux et rancunier qui allait décider de ce qu’il devait faire ou non.

- Je ne t’ai fait aucune promesse, j’ai dit que j’allais voir ce que je pouvais faire. C’est très différent, et tu ne peux pas me tenir responsable de ta mauvaise compréhension.

Il était rare qu’il ne réfléchisse pas à ce qu’il disait. Chaque phrase, chaque parole était réfléchie, prononcée de sorte à toujours être à son avantage. Si on ne savait pas le comprendre, si on n’avait pas l’habitude de jouer avec les mots, alors il n’y avait aucune chance de pouvoir échapper à tous ses pièges. Il n’avait jamais fait de promesse concrète à Nolan, et dommage si celui-ci avait cru le contraire.

- Tout ce que tu vois, c’est que ton frère bien-aimé est sorti de prison et qu’il est revenu dans ta petite vie si bien construite sans lui. Tu n’as pas pensé une seule seconde qu’avec ses revenus, il ferait reculer votre dette plus rapidement. Dois-je vraiment te rappeler à quel montant elle s’élève ce mois-ci ?

Le stylo tournait et retournait entre ses doigts, virevoltant comme un poignard. Il aurait été si facile de le planter dans l’œil du garçon, mais tant qu’il ne baissait pas cette main armée, il ne prendrait pas le risque de se faire égorger stupidement. Il fallait être patient, attendre le bon moment pour frapper. Ce n’était pas grand’ chose, juste une question de secondes ou de minutes.

- Considère Maxime comme un porte-monnaie ambulant, et toi comme sa sangsue personnelle. Tu veux une vie à peu près correcte pour toi et Colin ? Alors profite de ton aîné tant que tu le peux. Plutôt que de le voir comme un obstacle, vois-le comme une opportunité.

Il n’avait pas brisé le contact visuel un instant, ses yeux verts plantés dans ceux du jeune homme, haussant les épaules, comme s’il se fichait de la décision qui se prendrait dans la petite tête de Nolan.

- Mais c’est ton choix. Après tout, tu es grand maintenant, tu dois bien savoir ce qu’il est juste de faire ou non, hm ?


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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Dim 8 Nov - 15:40


I OWE YOU PAIN Mr O'Callaghan
LAZAR & NOLAN


Nolan tata les flancs de l'irlandais sans aucun ménagement. De façon un peu confus et désordonné, ne remarquant qu'après coup ses doigts tremblotants. Le petit lionceaux qu'il était avait beau essayer de rugir plus fort que ses aînées, il restait un adolescent aux pas encore hésitants. Le jeune Sanderson loin de se douter que ses actes auraient des répercutions, que s'attaquer de cette façon à Lazar rendrait sa vie encore plus compliqué qu'elle pouvait l'être actuellement. Si, bien-sûr, s'il arrivait à rester en vie, car il avait beau fanfaronner, un garde pouvait à tout moment débarquer dans son dos et lui tirait une balle dans la tête. Il n'y a pas de justice en ces lieux, ni la police, on jetterait son cadavre dans le bayou pour qu'il se fasse déchiqueter par les alligators. En attendant, la conversation entre le neveu entre son oncle prenait une tournure plus bien étrange.

- Si j’avais su que j’allais me faire tripoter ce soir, j’aurais mis quelque chose de plus confortable.

Nolan ne put s'empêcher de sourire à la remarque de l'irlandais. Pouvait-il ne pas plaisanter dans un tel moment ? Surement pas ! L'adolescent comprenait pouvoir toutes les femmes devaient être à ses pieds. Une nonchalance qui devait les attirer comme des mouches avec du vinaigre.  Nolan termina sa fouille en tapotant la poche avant de sa veste et offrit un jeu de sourcils joueur.

- Je ne suis pas trop jeune pour toi ? Et, pas assez de poitrine, je pense ? Pas assez blonde, pas assez féminin, aussi, non ? Et, que dirait ta femme ?

La bouche de l'adolescent dégoulinait de sarcasmes, elle aussi. Il adorait se perdre dans le regard de l'irlandais. Alors, cela fait quoi grand-père de se retrouver à ma place ? De sentir toute cette rage te consumer alors qu'on te tient en respect ? Combien de fois j'ai été à cette place. Tu ne mettais pas une lame de couteau sous ma gorge, mais la vie de mon petit-frère dans la balance à la place. Combien de fois j'ai du entendre tes liturgies qui n'en terminaient pas ? C'est fois c'est moi qui commande ! Cela en était jouissif, Nolan se laissait aller à la confidence, comme prit dans une montagne russe d'adrénaline. Pensant jamais que la roue ne pourrait tourner. Que ce moment durerait éternellement.

De qui, l'adolescent parlait à demi-mot ? C'était de Elijah, un ancien homme de main de Lazar qui avait souffert lui aussi de son ascension. Elijah avait tout perdu à cause de lui. Il faut dire qu'Elijah avait essayé de le doubler. Et, on sait comment on règle ce genre de petit problème dans le milieu ? Il  n'y a pas d'amitié, de sentiment, on frappe fort et on ne laisse aucun témoin. Un incendie aurait du emporter Elijah, mais il avait survécu, brûler grièvement il passa des années à préparer sa vengeance avec un nouveau visage et une nouvelle identité. Homme de l'ombre de la Nouvelle-Orléans. Il travaille dans tous les secteurs, mais surtout dans avec les russes et leurs réseaux de prostitution. Oui, Nolan en avait trop dit, car Elijah avait fait l'erreur de s'attacher à l'adolescent et de lui relever tous ses plans. Une fanfaronnade qui pourrait se retourner contre le jeune Sanderson, qui était trop heureux de faire comme les grands ce soir. De sentir enfin l'homme qu'il avait toujours pensé être. Que d'idioties dans cette tête...

- Bien sûr que tu es resté pour moi. Après tout, tu voulais rembourser la dette de ta mère, non ? A ce que je sache, je ne t’avais absolument rien demandé, c’est toi qui es venu tout seul te porter volontaire. Sauf que celui qui est endetté, c’est ton frère, c’est à lui que revient l’obligation de me rembourser.

Cette réponse ne parut pas plaire à notre bourreau qui repoussa la lame contre la gorge mal-rasé de l'irlandais alors qu'elle avait mystérieusement fait machine arrière. Nolan força Lazar à plaquer sa tête en arrière si celui-ci ne voulait pas un rasage express. Notre lionceau ne semblait plus aimer, les reformulations de son oncle. Pour lui, il n'avait pas eu le choix, et il se souvenait encore de la première fois qu'il était venu à lui. Il avait littéralement rampé devant lui pour qu'il lui vienne en aide. Ce n'était pas une pensée agréable. Il s'était même tenu à sa jambe comme un chiot qui refuse qu'on l'abatte dans un chenil. Cette image de son passé mit très en colère Nolan qui sentit ses doigts blêmir autour de la paume du couteau qu'il tenait avec force. Et, la suite des mots qui sortirent de la bouche de l'irlandais n'arrangea rien à la situation.

- Je ne t’ai fait aucune promesse, j’ai dit que j’allais voir ce que je pouvais faire. C’est très différent, et tu ne peux pas me tenir responsable de ta mauvaise compréhension.

Nolan pensa à cet instant précis à en finir avec la vie de Lazar. Les deux hommes purent voir l'hésitation fébriles de la main de l'adolescent. Dans ses yeux, on aurait pu déjà voir l'image de cet homme qu'il aurait saigné, son sang qui aurait jailli sur son visage. Nolan se serait surement léché les lèvres, car il avait vu un reportage il y a longtemps que certaines tribus africaines boivent le sang de leurs victimes pour en prendre leurs forces. Ce spectacle macabre fit éructer son torse et son souffle se fit saccader. Soufflant comme un démon contre le torse de Lazar. Ce bout d'homme obligé de se mettre sur la pointe des pieds pour arriver à la hauteur de son prisonnier. La scène de l'extérieur en était d'un ridicule, mais le jeune Sanderson s'en moquait bien.  

- Mauvaise compréhension ? Hum...Tu m'as dis il y a quelques minutes, que tu aurais aimé quelque chose de plus confortable vu notre rencontre, non ? Je vais t'y aider...

Dans un geste sec, tout en gardant un oeil sur le stylo entre les mains de Lazar, il quitta la gorge de sa victime et glissa la lame aux dents pointues sous son aine. Il fit exprès de traverser le tissu – un tissu surement hors de prix – et ne s'arrêta que lorsqu'il sentit atteindre une certaine zone géographique masculine sans pourtant verser une seule goutte de sang. Nolan fixa plutôt la pomme d'adam de l'irlandais. Il voulait la voir remonter, se rétracter alors qu'à partir de maintenant à tout moment, il pouvait riper et faire tomber sur la moquette – déjà fichu – un bout de saucisse et deux boulettes de viande pour être des plus trivial.

- Tout ce que tu vois, c’est que ton frère bien-aimé est sorti de prison et qu’il est revenu dans ta petite vie si bien construite sans lui. Tu n’as pas pensé une seule seconde qu’avec ses revenus, il ferait reculer votre dette plus rapidement. Dois-je vraiment te rappeler à quel montant elle s’élève ce mois-ci ? Considère Maxime comme un porte-monnaie ambulant, et toi comme sa sangsue personnelle. Tu veux une vie à peu près correcte pour toi et Colin ? Alors profite de ton aîné tant que tu le peux. Plutôt que de le voir comme un obstacle, vois-le comme une opportunité.

Lazar n'avait pas à lui rappeler le montant de leurs dettes. Il avait être considéré encore comme un « enfant ». Il notait tout comme un adulte. Le petit carnet sous son lit en était devenu une obsession.  Malgré la colère, Nolan écouta l'irlandais comme hypnotisé par sa verbe et ce stylo qui pouvait à tout moment se retourner contre lui. Son prisonnier savait comment lui parler. La simple évocation de Colin le ramena quelques peu à la réalité. Sa main en contre-bas à présent se fit moins oppressant et son regard se fit plus calme.

- Mais c’est ton choix. Après tout, tu es grand maintenant, tu dois bien savoir ce qu’il est juste de faire ou non, hm ?

Nolan se dévora les lèvres ne pouvant que céder face à tout ce que l'irlandais avait pu lui dire. Il recula alors – avec une colère à présent adressé à son égard – N'avait-il pas les couilles pour le faire ? Il libéra les parties intimes de Lazar de toute pression et fit au moins trois pas en arrière car la menace de ce stylo était toujours présent dans son esprit.

- Cela me débecte de le reconnaître, mais tu as raison...

Les lèvres dévorées, couvert d'une pellicule grenat, il remarcha vers le quinquagénaire, agitant à présent ce couteau non plus comme une arme mais comme une extension de son bras. Il n'y avait plus de rien de menaçant chez l'adolescent.

- Mais, quand on aura terminé de te rembourser, Max n'aura plus besoin de faire parti de l'équation.

Il avait autre chose qui venait de n'être. Il avait un étrange éclat dans son regard : un éclat perfide et sale. Nolan posa la pointe de son couteau sur le torse de l'homme face à lui et fit descendre celle-ci, comme s'il avait voulu le caresser.

- Dis moi, tonton adoré, qu'est ce qu'il faudra que je te signe ou que je fasse pour toi pour faire disparaître mon grand-frère une bonne fois pour toute ? Pour, que tu le fasses tuer pour moi. Où faut-il que je signe pour vendre mon âme ?
 


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MessageSujet: Re: I owe you pain Mr O'Callaghan (Lazaran)   Ven 4 Déc - 21:04


I OWE YOU PAIN Mr O'Callaghan
LAZAR & NOLAN


La colère enflait dans le cœur de Lazar comme le feu dans celui d’un volcan. Elle grondait en lui, grondant comme un animal en cage, n’attendant qu’un tout petit signal pour déferler sur Nolan et l’engloutir tout entier. L’homme était furieux de s’être fait avoir aussi bêtement par un garçon si jeune et, surtout, si impétueux et irréfléchi. Il n’aurait pas été si agacé si l’adolescent était venu le menacer pour autre chose que pour de bêtes histoires de famille. S’il avait eu un peu plus d’ambition ou de vraies envies de grandeur, alors au moins il aurait pu mourir en se disant qu’il ne venait pas de se faire tuer par le premier incapable venu. Mais non : le jeune homme était venu lui mettre un couteau sous la gorge tout ça parce qu’il était très mécontent que son frère soit sorti de prison. Dommage pour lui : l’Irlandais avait encore des plans pour Maxime, et il ne l’aurait pas laissé croupir derrière les barreaux alors que la justice elle-même consentait à l’en faire sortir. Il fallait qu’il rappelle à l’aîné des Sanderson que si sa famille était endettée de la sorte, c’était à cause de lui, et que tout ce qui avait été investi dans ses entraînements et son matériel devait être repayé, n’en déplaise à Nolan et Colin. De toute façon, ces deux-là détestaient tellement le premier-né de la fratrie qu’ils rejoindraient son réseau pour le simple plaisir de le voir se décomposer en apprenant la nouvelle.
La réflexion qu’il entendit en se faisant fouiller le fit hausser un sourcil. Pas assez féminin ? S’il pensait qu’il ne se contentait que de ces dames, il se trompait lourdement. Du moment qu’il trouvait quelqu’un à la hauteur de ses attentes, il se fichait royalement du sexe de l’objet de son attention. Hommes, femmes, tous étaient passés dans son lit sans préférence pour l’un ou l’autre genre. Quant à Aisling, il avait beau l’avoir épousée, il ne lui était pas fidèle pour autant. Après tout, pourquoi aurait-il dû se restreindre ? A ses yeux, ce mariage était plus une alliance d’intérêt qu’une promesse d’amour et de loyauté. Elle reprendrait ses affaires si jamais quelque chose devait lui arriver puisqu’elle était l’unique nom sur son testament. Elle était là pour faire perdurer son réseau et son patronyme après son départ, et rien de plus. Alors, le petit Sanderson pouvait bien se prétendre trop « masculin » à son goût, il était loin, très loin de la vérité.
L’Irlandais gardait les yeux plongés dans les siens tandis qu’il parlait aussi calmement que possible. S’il y avait bien une chose qu’il avait appris, c’était l’importance du contact visuel. Que ce soit pour négocier, pour convaincre ou pour intimider, un regard sûr et une voix ferme pouvaient mener très loin ; les meilleurs arguments du monde pouvaient être balayés d’un revers de main s’ils étaient débités d’un ton chevrotant, mais s’ils étaient exposés avec mesure et conviction, alors même le plus fieffé des menteurs pouvait plaider sa cause. Et puisque Lazar ne voulait pas mourir bêtement d’une remarque mal prononcée, il s’assurait de toujours rester maître de lui-même. Il résistait à l’envie de planter son stylo dans la carotide du jeune brun, à l’envie de lui rire au nez avec tout le mépris dont il était capable, à l’envie de l’écraser dans la paume de sa main et de le voir s’écrouler à ses pieds, là où était sa place et là où il aurait dû rester.
Lorsque la lame du couteau revint se plaquer contre sa gorge, il pencha la tête en arrière, éloignant sa carotide de l’arme menaçant de faire jaillir son sang d’un simple geste de son propriétaire. Nolan avait envie de le tuer. Ca se voyait, ça se lisait dans ses yeux, dans les traits de son visage, dans la petite ride de rage au coin de son nez bien dessiné ; ça s’entendait dans son souffle rauque et sa respiration rapide, ça résonnait à chacun des mots qu’il prononçait. Et plus le gangster parlait, plus il se mettait en colère, car ses mots n’avaient rien de faux. S’il était le roi du mensonge, Lazar savait aussi manier toutes les subtilités que lui offrait le vocabulaire qu’il avait à disposition. La moindre nuance, la moindre interprétation possible, tout était pensé et réfléchi à la syllabe près. Et ce qu’il disait au cadet Sanderson, il ne le disait pas au hasard. Et ça ne plaisait absolument pas à l’adolescent qui se rapprocha de lui, se dressant sur la pointe des pieds pour pouvoir le regarder sans avoir à lever la tête.

- Mauvaise compréhension ? Hum...Tu m'as dit il y a quelques minutes, que tu aurais aimé quelque chose de plus confortable vu notre rencontre, non ? Je vais t'y aider...

La pointe d’acier couru le long de son torse et descendit sous sa ceinture, vint se poser contre son aine et traversa le tissu hors de prix de son costume sur mesure. Coquet comme il était, l’Irlandais ne sut pas ce qui l’énervait le plus : le trou dans son pantalon ou la sensation gelée de la lame contre son entrejambe. Mourir égorgé ou finir eunuque, l’un dans l’autre, les deux issues lui étaient particulièrement insupportable. Certes, pour l’une, il survivrait amputé d’un membre de choix, mais il aimait trop les plaisirs de la chair pour imaginer s’en passer. De tous les péchés qu’il incarnait, la Luxure était l’un des plus prédominants. Il adorait ça, la sensation de puissance qu’il tirait à dominer ses partenaires, ou bien celle d’abandon totale qui lui plaisait tout autant lorsque c’était lui qui se laissait maîtriser – mais il n’y avait plus guère qu’Aisling qui parvenait à le mener jusqu’au bout du plaisir lorsqu’elle gagnait leur petit jeu et devenait le maître l’espace d’une nuit. L’idée qu’il puisse ne plus jamais profiter de ça le faisait enrager un peu plus encore. Le petit crétin devant lui paierait d’autant plus cher s’il le blessait pour de bon.
L’homme de noir vêtu ne se laissa pas impressionner pour autant. Il avait été dans des situations plus compliquées, face à des brutes épaisses incapables de raisonner correctement. Mais Nolan était juste assez intelligent pour se laisser charmer par ses paroles. Alors il reprit sa tirade, inlassable, imperturbable. Il lui rappela la dette qui pesait au-dessus de sa famille à cause de son aîné, lui rappela aussi que l’aîné en question travaillait à la rembourser et que s’il voulait réellement lui mener la vie dure, il ferait mieux de l’épuiser moralement et physiquement plutôt que de le vouloir mort. Plutôt tirer profit d’une situation désagréable au lieu de la subir, et frapper lorsque le moment serait opportun. Si jamais le petit Sanderson voulait devenir un grand méchant loup, il aurait encore de dures leçons à apprendre. Et il commencerait son apprentissage très bientôt.
La conclusion de sa plaidoirie sembla faire son chemin dans l’esprit embrumé de colère du jeune brun qui fit reculer la lame – ce n’était pas grand’ chose, peut-être même était-ce parfaitement inconscient, mais Lazar sentit le changement. Il laissa ses mots faire leur chemin, tourner encore et encore dans la tête du garçon jusqu’à ce que, finalement, son entrejambe soit libre de toute menace et que Nolan s’écarte de trois pas, ce qui était juste assez pour être hors de portée du stylo à la pointe acérée qui avait arrêté de tourner entre les doigts de l’Irlandais.

- Cela me débecte de le reconnaître, mais tu as raison...

Le gangster sut qu’il avait gagné. Cette simple phrase, cet aveu qui semblait coûter si cher à celui qui le prononçait, c’était le signe de sa victoire. Bien sûr qu’il avait raison. Il n’en avait jamais été autrement, et croire le contraire avait été particulièrement idiot et inconscient. Peut-être qu’enfin, le dialogue allait pouvoir se faire sans menace – Lazar les gardait pour lui, bien cachées dans un coin de sa tête où il était en train de copieusement insulter le garçon qui se rapprocha de lui une nouvelle fois. Il jeta un coup d’œil sur le couteau dans sa main, le regardant s’agiter. Il n’y avait plus rien de dangereux, plus rien de menaçant à son encontre. C’était devenu un accessoire – tranchant, potentiellement mortel, mais il n’était plus pointé vers lui dans le but de l’occire dans l’instant.

- Mais, quand on aura terminé de te rembourser, Max n'aura plus besoin de faire partie de l'équation.

Il le regarda revenir vers lui, bien plus calme que quelques instants auparavant, une lueur nouvelle brillant dans ses yeux – celle de la malice, d’un désir mauvais qui ne demandait qu’à être assouvi, quelque chose de violent qui plaisait déjà un peu plus à l’homme de noir vêtu. La pointe de l’arme vint se poser sur son torse mais ne fit que descendre le long de sa chemise sans jamais chercher à percer la chair qu’elle couvrait, comme une caresse étrange et impromptue après les promesses de mort prononcées à peine quelques minutes plus tôt.

- Dis-moi, tonton adoré, qu'est-ce qu'il faudra que je te signe ou que je fasse pour toi pour faire disparaître mon grand-frère une bonne fois pour toute ? Pour que tu le fasses tuer pour moi ? Où faut-il que je signe pour vendre mon âme ?

Les yeux verts vinrent se planter dans les iris sombres du Sanderson. Il n’avait probablement aucune idée de la lenteur avec laquelle leur dette était remboursée – quoique … il s’était particulièrement impliqué dans les finances de sa famille, à tel point qu’il était presque aussi piégé que son aîné. Il suffisait de peu de choses pour qu’il soit totalement à sa merci, et voilà qu’il venait de lui donner l’occasion rêvée de l’avoir à sa botte. Encore fallait-il réussir à le mener à la baguette suffisamment longtemps pour que le piège se referme sur lui. Mais la haine virulente qu’il avait à l’encontre de son frère, ce désir ardent de le voir disparaître de la surface de la Terre, ce serait probablement ce qui causerait sa propre perte. Alors Lazar haussa doucement les épaules.

- Il y a plusieurs manières de signer un contrat, mais encore faut-il que nous en dressions les termes. Ce serait dommage que tu vendes ton âme pour rien, hm ?

En vérité, l’Irlandais comptait faire payer à Nolan l’insolence dont il avait fait preuve en s’infiltrant chez lui et en venant le menacer dans son propre bureau. Il commençait à avoir quelques idées concrètes, plusieurs pistes de réflexions qui s’étoffaient de seconde en seconde au rythme de la machine infernale qu’était son encéphale. Petit à petit, un plan prenait forme, un dessein qui n’aurait d’issue heureuse pour personne à part lui, et si en le mettant en œuvre il devait annihiler les Sanderson, alors tant pis. Mais ils paieraient pour l’affront du cadet, tous les trois.
L’homme en costume garda ses noires idées pour lui et continua la conversation comme si rien de malfaisant n’était en train de naître dans un coin de son esprit.

- Tu veux que Maxime disparaisse. Soit. En attendant, il ramène un peu plus d’argent que toi. C’est une bonne source de revenus que je n’ai pas spécialement envie de perdre.

Il fit glisser son stylo dans sa main libre et leva son bras pour ôté d’une pichenette une petite tâche de boue séchée sur l’épaule de Nolan. Lui qui estimait que les apparences révélaient beaucoup, il trouvait fort à propos que le jeune homme soit aussi crasseux et débraillé.

- Trouve-moi une compensation, quelqu’un qui puisse rembourser ce qu’il me doit, sinon je n’aurais aucun intérêt à me débarrasser de lui.

Lazar se fichait bien des vies qu’il avait ruinées d’une manière ou d’une autre. Il avait les mains rouges de sang depuis longtemps et vu des maisons entières s’écrouler parce qu’il était entré dans la vie de leurs occupants et en était ressorti en emportant tout avec lui, implacable et intraitable. S’il trouvait un remplaçant à Maxime, alors il pourrait bien le voir mourir à ses pieds que ça lui serait parfaitement égal. Il n’avait aucune sympathie, aucune affection pour lui. Alors, qu’il meure ou qu’il vive, ça ne serait certainement pas ça qui l’empêcherait de dormir.

- Si tu m'amènes quelqu’un pour prendre la place de ton frère, alors je veux bien consentir à débarrasser ton existence de la sienne.


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