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 Stormy Weather ♕ (Maxlan)

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Nolan Sanderson
kill of the night


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MessageSujet: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Dim 1 Nov - 23:34

Stormy Weather
Maxime & Nolan



La sueur qui dégouline le long de la nuque, le petit jour qui vient lécher l'arrière du dos. La nuit est derrière nous à présent. Mes mains enserrent les barreaux de la vieille échelle en acier qui remonte jusqu'à ma chambre. Je monte avec vigueur. L'heure tourne et je n'ai point envie de voir celui qu'on ne prononce le nom me faire à nouveau la morale. J'ai découché une nuit de plus. J'ai piétiné son stupide couvre-feu. Je pisse littéralement dessus et sur sa personne. Comment peut-il penser un seul instant avoir du pouvoir sur moi ? Colin a beau faire comme si de rien n'était. Moi, je sais, ce que nous avons perdus à cause de lui. Mon torse ondule à chaque nouveaux barreaux que je viens à passer. Une chaîne en argent avec à son bout une croix en argent se balance de droite à gauche. La seule chose que j'ai gardé de notre mère. Colin a gardé les photos, certaines de ses affaires et même des vêtements pour respirer son parfum. Moi, j'ai refusé toutes ces preuves d'un passé qui me fait si mal que mon cœur saigne de colère à chaque fois que je viens à me plonger dans les affres du passé.

J'arrive enfin au niveau de notre appartement. J'ouvre délicatement la fenêtre que Colin a laissé ouvert pour moi. Il a menti pour moi. Il m'a couvert comme il l'a toujours fait. Ma tête posé sur le rebord, je regarde mon petit-frère plongé dans les bras de Morphée. Il sert très fort son oreiller contre lui. Je sais que c'est moi qu'il sert quand je ne viens pas à découcher. Cela peut paraître étrange, mais cela a toujours ainsi. Peut-être au début car nous avions pas assez de place et d'argent pour deux lits, mais maintenant c'est impossible de nous endormir sans nous coller l'un à l'autre. Je glisse mon corps lentement pour ne pas réveiller l'autre couillon de grand-frère. Méticuleusement, je passe un membre après l'autre. Je me retrouve sur la moquette moisie et poisseuse. Un côté spongieux que je déteste, mais qui m'apporte un peu de fraicheur et de repos. La nuit a été longue. Encore, du boulot pour Lazar. J'ai arpenté toute la nuit le quartier français à la recherche de touristes voulant s'éclater contre quelques lignes de poudre blanche. J'en ai mal aux pieds. Il a ce fumet dégoutant qui me monte au nez. Ce parfum vient de moi. Ce mélange de sueur acre, de cigarettes, d'alcool et de sexe. Cela c'est le parfum de la Nouvelle-Orléans : ces boites de nuits, ces strip-clubs, ces boites à cul et autre clubs clandestins. Je n'ai pas l'âge pour rentrer, mais je connais tout le monde dans cette ville et je sais quelles pattes graissées et quels videurs sucer pour rentrer. Cela vous choque ? Et, bah, dégagez de là ! Mon histoire c'est pas pour les petites natures.  

Je me relève finalement et j'approche de Colin qui n'a pas ouvert un œil. Son corps semble tendu comme s'il était traversé par un cauchemar qui venait à ronger ses membres. Il les agite, se débattant contre une force invisible. Je m'approche quand je l'entends marmonner dans sa barbe. Je tends l'oreille pour essayer de comprendre. « Nolan...Tu es où ? » Je caresse son front d'un geste de la main. « Je suis là. Je serais toujours là pour toi. » Je vois son corps se détendre et le calme revient à lui. J'en souris. Il est bien le seul à me faire sourire et à m'attendrir. Il n'y a plus que lui qui arrive à me toucher ou me faire entendre raison. Il est mon point d'encrage dans ce monde et je ne sais pas ce que je deviendrais s'il venait à disparaître. Cette simple pensée me fait frémir et je la repousse au plus loin de moi. J'enlève mes chaussures pour ne pas faire de bruit et s'ouvre notre porte. Je suis heureux - de penser - notre appartement encore endormie. L'autre con a peut-être réussi à choper une greluche pour s'amuser ? Cela me ferrait presque plaisir. Qu'il tombe amoureux, qu'il la mette en cloque et qu'il se casse. Je pourrais espérer qu'il choppe une saloperie en se protégeant pas, mais avec ces maladies maintenant on en crève même plus. Mais, moi je veux un truc rapide pour celui qu'on ne prononce le nom, un coup poignard dans une allée sombre, un Hit&Run, une balle derrière la nuque, mais cela on y viendra plus tard.

Je m'avance à pas feutré jusqu'à la cuisine. Je n'ai pas à faire de nombreux pas. Nous vivons dans un appartement minable. J'ouvre l'une des étagères du haut. Je tire un pot à cookies qu'on n'utilise plus. Pourquoi ? Car, j'ai besoin de cacher la drogue que je n'ai pas réussi à vendre hier soir. Je sais que l'autre mou de la bite fouille notre chambre régulièrement. Mais, s'il me croit assez con pour laisser ce que je vends en évidence. Alors, pour l'instant, je préfère cacher dans ma chambre, des capotes, des magazines de cul gay bien crade, rien que pour le faire chier et lui faire passer le message que je n'ai rien à lui devoir. Merde, je crois voir une ombre se dessiner dans l'angle mort. Je me presse de fourrer les sacs de cocaïne dans le pot et je claque violemment la porte de l'étagère. « Tu pourrais frapper ou autre. Je pourrais être à poil ou avec un mec que j'aurais ramené. Tu connais le mot intimité, trou du cul ? » Je crache ses paroles avec dégout, comme à chaque fois que je lui adresse à la parole. Qui ? Mon frère : Maxime.

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Maxime Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Lun 2 Nov - 15:00

Stormy Weather
Nolan & Maxime



La fatigue. Elle commence à peser sur mon dos, sur ma concentration, sur mes mouvements et même sur mes capacités de réflexion. Elle étend sur emprise sur moi comme pour mieux me faire plier, comme pour mieux me faire trébucher. Je la sens dans mon dos, à attendre que je tombe pour me piétiner et m’empêcher de me relever. D’une main lasse, je termine de ranger les lourds cartons succédant l’inévitable inventaire, je m’adosse à un mur pour prendre le temps de souffler. Les muscles las, la respiration courte, je n’ai qu’une envie : dormir. Fermer les yeux, me poser trente secondes, m’écrouler quelque part et dormir. Quatre semaines maintenant. Quatre semaines que je suis sorti : j’ai l’impression que ça fait une éternité. Quatre semaines que je suis sorti de prison, légèrement moins que je bosse, des siècles que je n’ai pas dormi une nuit complète. J’étouffe un bâillement et enfonce les mains dans les poches de ma veste, à la recherche d’un peu de chaleur et de vitalité. Le café ingurgité quelques heures plus tôt n’est qu’un vieux souvenir, je regarde l’entrepôt parfaitement rangé. Agencé pendant les trois dernières heures, alors que selon mon planning je devrais actuellement être en train de me reposer pour reprendre d’ici huit heures du matin. Je finis par me décoller du mur, enlever mes gants, les jeter dans ma poche pour dénouer mes muscles courbaturés. Aller récupérer le fruit de mes heures supplémentaires, rentrer chez moi, m’écrouler quelque part et tenter de me reposer : voilà mon programme.

A chaque fois que j’arrive en bas de notre immeuble, je me rends compte de sa décrépitude. De la misère dans laquelle j’ai toujours baigné, dans laquelle mes frères ont grandi, ont subi leur enfance. A chaque fois que je récupère ma planche de skate et pousse la première porte, à chaque fois que je commence à monter les longs étages à pied et que mon regard heurte la crasse et les lézardes du crépi, je me rends un peu plus compte de cette atmosphère malsaine que je rêve de quitter et que je ne peux éviter à mes frères. Ca n’a pas toujours été comme ça. Je n’ai que très peu de souvenirs de notre père, de cet homme qui a claqué la porte alors que ma mère était encore enceinte de Colin. Je suis le seul à me souvenir de cette époque où il n’y avait que mes parents et moi, et un Nolan trop jeune pour ne serait-ce que marcher. Je me souviens de notre appartement, plus grand que l’actuel, du parc en bas de l’immeuble où mon père m’emmenait jouer. Puis il est parti. Puis ma mère a commencé à travailler deux fois plus même à huit mois de grossesse. On a déménagé ici. J’ai posé le pied pour la première fois sur un skate. Lazar est arrivé et tout a dérapé. Je ferme les yeux à mi-chemin. Il faut que je trouve un autre travail, il faut que je mette de l’argent de côté pour qu’au moins on puisse changer de cadre, qu’on puisse se refaire une vie dans un autre quartier à défaut d’une autre ville. Il faut absolument que je parvienne à extraire mes frères de cette pauvreté dans laquelle je nous ai tous faits plonger juste parce que j’étais doué à quelque chose, juste parce que j’ai été remarqué par la mauvaise personne. Je ne suis pas stupide au point de me croire le seul responsable de notre situation actuelle mais je ne suis pas stupide non plus au point de ne pas me rendre compte à quel point j’y ai joué un rôle. Ce sont Nolan et Colin qui n’y sont pour rien. Et c’est ceux qui en pâtissent le plus au final. Je n’ai que ce que je mérite, mon père a foutu le camp et ma mère était fatiguée de vivre.  

Mes poings se serrent lorsque j’arrive enfin à notre palier et entre la clé dans la serrure. J’essaye d’être silencieux même si je rentre bien plus tôt – ou plus tard selon le point de vue – qu’habituellement. Normalement, mais j’en doute sincèrement, Nolan et Colin sont supposés dormir. Je pousse la porte de leur chambre, jette un coup d’œil aux deux silhouettes couchées dans le seul lit qui meuble le petit espace. Je préfère ne pas m’attarder, aller me chercher une bière dans le frigo et me poser dans le salon,  avant d’aller dormir. Finalement, je n’ai même pas le temps de décapsuler ma bière que déjà mes yeux se ferment, je parviens tout juste à enlever mes chaussures et à m’allonger en chien de fusil sur ce canapé qui a toujours été mon lit, aussi loin que je m’en souvienne. Mon sommeil est léger, comme toujours depuis la première nuit passée en prison : c’est le grincement de la porte qui heurte mes oreilles et me fait ouvrir les yeux.

Je n’ai qu’à tourner la tête pour reconnaître la silhouette d’un de mes petits frères se faufiler dans la cuisine. Lentement, je m’assois sur le canapé, plissant les yeux pour tenter de distinguer si c’est Nolan ou Colin : trop proche en âge, trop ressemblant, ce sont des jumeaux plus que des frères et mes cinq ans en taule n’ont rien arrangé. Finalement, je me passe une main tendue sur le visage, me relève et me glisse à mon tour dans sa direction. J’essaye d’être discret mais trop tard : l’appartement est trop petit et les couloirs trop exigus pour que je puisse véritablement rester dans l’ombre, je le vois ranger rapidement quelque chose dans un pot avant de se tourner dans ma direction. « Tu pourrais frapper ou autre. Je pourrais être à poil ou avec un mec que j'aurais ramené. Tu connais le mot intimité, trou du cul ? »

Je suis fatigué. Je n’ai pas envie de me battre, je n’ai même pas envie d’envenimer le conflit. Mais je ne peux pas laisser passer ça parce que j’accepte pas que mon frère me déteste à ce point. Je n’essaye même pas d’être calme ou patient, je reprends immédiatement son ton acide pour devenir agressif. « C’est pas ta chambre, c’est la cuisine Nolan. Alors si jamais tu ramènes un mec, ton intimité tu la trouveras dans la salle de bain. » Je désigne du menton l’étagère. « Qu’est ce que tu foutais là, t’es censé dormir. Qu’est ce que tu caches ? » Je me méfie. De lui, de Lazar. Je sais qu’il sait que je fouille régulièrement leur chambre, que je passe le peu de temps libre que j’ai à les surveiller. Mais je sais aussi qu’il n’est pas capable de comprendre que si je me montre aussi insistant, c’est pour eux, c’est pour leur éviter de déraper sans que je ne puisse les rattraper. « Passe moi ce que tu viens de ranger, Nolan. » Je me crée une autorité que je suis loin d’avoir face à d’autres. En fait, il n’y a qu’avec Nolan et Colin que j’ai un peu de pouvoir, un peu d’assurance, et un peu de présence.

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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Lun 2 Nov - 22:31

Stormy Weather
Maxime & Nolan



Mon sang se glace, mon souffle est retenue par un torse qui se contracte, happé par le néant. Je suis un idiot. Celui dont on ne prononce le nom a toujours dormi sur  ce canapé depuis son retour. Cette horreur qu'on appelle canapé. Je me souvenais encore quand il avait été ramené de la décharge. Son odeur pestilentielle et les rats qui en avaient fait leurs nids. Des images du passé me traversent, des images agréables. Moi entrain de pourchasser les rats qui nous avaient envahis et Colin cherchant les bras de Maxime pour se cacher. Des gamins pas plus haut que trois pommes qui s’égosillent à gorge déployée : qui rient et qui s'amusent. Notre mère qui nous regardait d'un œil bienveillant tout en buvant son thé. Ce thé au jasmin que je peux encore sentir au début de l'aube, quand mon esprit vogue encore entre le pays des songes et le jour nouveau. Un passé, loin de Lazar, loin de la mort de notre mère. Un passé qui pourrait me faire esquisser l'ombre un sourire, mais je préfère le mordre, le déchiqueter. Pour n'offrir que ce regard de dégout vers celui qui aime s'appeler notre grand-frère. Un canapé que je sais mort depuis longtemps, les ressorts qui sortent de partout comme une ancienne machine de torture de l'âge victorienne. Je pourrais en plaindre - l'autre couillon -, mais il a rien dans mon regard. Il est vide de tout amour fraternel, de tout respect.

Je sais qu'il est revenu pour nous, qu'il se tue à la tache pour nous offrir une autre vie. Une vie meilleure. Sa tête d'outre-tombe en ai la preuve. Cependant, je me moque de tout cela, il n'a  droit que mon dédain alors que je me mords  la lèvre inférieure avec force. Nous n'avons pas besoin de lui. Où, Maxime était-il quand il a fallu faire enterrer notre mère ? C'est lui qui a supplié à genoux en pleurs Lazar pour avoir l'argent pour l'enterrer dignement ? Où, était-il encore quand les crises d'Asthme de Colin m'obligeait à l'emmener tous les soirs au dispensaire le plus proche ? La peur de le perdre sous cette toux qui l'empêchait de dormir. Lui tenir la main toute la nuit, les larmes aux yeux alors que je le veillais car nous n'avions pas assez d'argent pour l'emmener à l’hôpital. Tout, ce que j'ai du faire pour qu'on ne sombre pas. Comment je pouvais regarder Maxime dans les yeux et ne pas le détester.

J'avais volé, dealé, truandé, malmené jusqu'à ne plus pouvoir me regarder dans le miroir. Comment ne pas me dégouter de moi-même alors que j'étais venu à vendre mon propre corps. Oui, il était où ce frère qui devait soi-disant nous protéger quand les mains de ces hommes dégoutants arpentaient mon corps ? Tout cela, je l'avais tu, même Colin n'était au courant de rien. Il était impossible pour moi de lui avouer, car je sais que cela lui aurait brisé le cœur. Il m'aurait demandé d'arrêter. Il aurait offert ce sourire qui apaise tous les mots. Un sourire qui calme toutes mes peines et mes colère. Un sourire qui me retient à ce monde. Alors, non, je ne céderais rien à Celui dont on ne prononce le nom. Il n'aura droit qu'à une chose de moi, mon crachat sur sa tombe.

Mon torse retrouve son assurance. J'ai beau être toujours plus petit en taille que lui. Je me dresse pour m’opposer à celui qui m'adresse la parole. « C’est pas ta chambre, c’est la cuisine Nolan. Alors si jamais tu ramènes un mec, ton intimité tu la trouveras dans la salle de bain. » Je peste tout en m'avançant vers lui. Je réponds avec ironie : « Ah, merci, tu es trop gentil avec moi. Donc, j'ai droit de finir les mecs que je ramène dans la salle de bain. Moi, qui préférait faire cela à genoux dans les rues entre les cadavres de clebs et la pisse des clodos. » Tout pour le dégouter, l'énerver et le pousser dans ses derniers retranchement. « Qu’est ce que tu foutais là, t’es censé dormir. Qu’est ce que tu caches ? » Je sursaute légèrement et me calme étrangement aussitôt. « Rien, j'avais faim. On a plus rien à bouffer. Il faudra refaire les courses. » Je tente de noyer le poisson, mais il est pas dupe. Je déteste de le reconnaitre, mais Maxime lit à travers comme à travers un livre. « Passe moi ce que tu viens de ranger, Nolan. » Je recule car sa voix a encore du pouvoir sur moi. Qu'est ce que je peux détester ce pouvoir qu'il a encore sur moi. Je fulmine intérieurement et utilise toute ma rage pour ne pas céder à sa demande. « Cela marchait peut-être le côté bossy en prison quand tu faisais la soumise dans les douches, mais ici, tu n'as plus aucune autorité. » Mes mains ouvrent l'étagère et récupèrent le pot à cookies. « Si tu veux ce qu'il a dans ce pot, il faudra me passer sur le corps.» Un pot que je plaque contre mon torse. Petit chat que je suis, prêt à cracher et à sortir les griffes.



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Maxime Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Mar 3 Nov - 12:01

Stormy Weather
Nolan & Maxime



Je n’ai pas toujours été comme ça. Ou plutôt, je n’ai pas toujours été aussi usé. Avant, j’étais déjà introverti, j’étais déjà réservé, j’étais déjà discret. Travailleur, je pouvais passer des heures sur un même devoir ou sur un même exercice sans me lasser, suffisamment obstiné pour lutter contre mes difficultés scolaires. Suffisamment têtu aussi pour ne pas me laisser rebuter par un premier échec. Ce sont des heures que j’ai perdues sur ma planche de skate à faire et refaire inlassablement les mêmes gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent parfaits et à aller au-delà de cette perfection pour devenir le meilleur. A mes yeux, même s’il faut reconnaître que dès le début je sortais du lot lorsqu’il s’agissait de se défouler dans le skatepark du quartier, ce n’est pas ça qui m’a mené au podium : c’est plutôt mon incapacité à perdre patience devant mes échecs et à ma volonté de toujours me dépasser. Et de remercier ma mère et Lazar pour la chance qu’ils m’offraient. Maintenant… je suis usé.

Maintenant, j’ai envie de plus en plus envie de baisser les bras. Je ne suis pas suffisamment stupide pour me croire capable de battre Lazar sur son terrain et, quelque part, je suis un peu trop honnête pour me plier à ses jeux de manipulation et de corruption. Parfois, j’ai envie de baisser les bras, d’abandonner, de tout envoyer balader et de cesser de lutter pour trouver une porte de sortie. Parfois, mais pas avec mes frères. Je suis bien conscient que si je suis libre maintenant, ce n’est que pour une raison : eux. Eux et cette culpabilité qui m’empêche de dormir, eux qui glissent inexorablement vers cette délinquance que j’ai toujours voulu éloigner d’eux et dans laquelle je les ai plongés malgré moi. Parfois, j’ai envie de tout envoyer balader : mais pas face à Nolan. Je le foudroie du regard, déterminé à mettre ma fatigue de côté pour être la figure d’autorité qui leur a manquée pendant trop d’années. Dès qu’il me remarque, je sens ma patience disparaître. Totalement. Il n’en reste rien dans mon ton acide qui lui répond. Le ton monte : immédiatement. Et j’ai un mauvais pressentiment quant aux minutes à venir. « Ah, merci, tu es trop gentil avec moi. Donc, j'ai droit de finir les mecs que je ramène dans la salle de bain. Moi qui préférais faire cela à genoux dans les rues entre les cadavres de clebs et la pisse des clodos. » Je le foudroie un peu plus du regard, mâchoire crispée. Je me crée même une fausse nonchalance lorsque je m’adosse à l’embrasure de porte, bras croisés. Sans succès. Qu’est ce qu’il fait là, d’abord ? Il n’a rien à faire dans la cuisine à une heure aussi matinale. Trop matinale. Son sursaut ne m’échappe pas, je ne me fais pas avoir une seule seconde par son « Rien, j'avais faim. On a plus rien à bouffer. Il faudra refaire les courses. » désinvolte. Je m’en veux, bon sang, je m’en veux de ne pas être capable de lui faire confiance. Je m’en veux d’être celui que je suis, celui qui fouille ses affaires, chercher à régler sa vie, à le contrôler, à lui imposer une rigueur et une ligne de conduite qu’il rejette de toute évidence. Je sais que je m’y prends mal mais je ne trouve pas d’autre solution : je teinte ma voix d’autorité lorsque je lui demande de me passer ce qu’il trafiquait à mon arrivée.

Je me déteste. Parce qu’en le voyant reculer, je reprends confiance en moi. Je ne devrais pas chercher à amplifier cette ascendance que j’ai sur mon petit frère, j’en ai bien conscience, mais dans toute la merde qu’est ma vie depuis cinq ans, lui et Colin sont les seuls sur lesquels j’ai une quelconque ascendance. « Cela marchait peut-être le côté bossy en prison quand tu faisais la soumise dans les douches, mais ici, tu n'as plus aucune autorité. » Ma réaction ne tarde pas, je me décolle de la porte, décroise les bras et fais un pas en avant. Qu’il répète un peu, qu’il répète un peu ça, et il se prendra ma main dans la figure, poing ouvert ou fermé je n’en sais strictement rien mais peu importe. « Répète, répète ça un peu Nolan et je te jure que je t’en fous une ! » Je serre et délie les doigts avec tension, me retenant de justesse de lui en mettre une. Il ne sait pas ce que j’ai vécu en prison, il ne peut pas savoir. Mes allers-retours à l’infirmerie, mon mutisme, les humiliations, mon statut de bouc émissaire et de souffre-douleur. Si j’ai refusé de voir ma mère les rares fois où elle a pu venir, ce n’est pas pour rien : je ne voulais pas qu’elle voie ce que je devenais. Nolan ne sait même pas pour mes rendez-vous hebdomadaires chez une psychologue, depuis que je suis sorti, je me débrouille pour les lui cacher, pour les lui cacher à Colin et lui. Je ne veux pas qu’ils comprennent à quel point il suffit d’un rien pour que je m’écroule et que je termine comme notre mère. Je me passe une main nerveuse sur le visage alors qu’il récupère le pot à cookies. « Si tu veux ce qu'il a dans ce pot, il faudra me passer sur le corps.»

Je le fixe en me mordillant la lèvre. Ici, tu n’as plus aucune autorité. Détrompe toi, Nolan. Il n’y a qu’ici justement que j’ai une quelconque autorité. La lumière de l’ampoule blafarde accrochée au plafond me donne une certaine impression d’impunité. Je m’écœure et pourtant je ne lutte pas un seul instant contre, bien au contraire. Je remonte les manches de mon pull détendu, délavé, usé. Comme moi. Comme ma patience. Comme ma combativité naturelle. Il ne me faut qu’un pas pour arrivée à portée. « Donne le moi tout de suite Nolan, sinon… » Sinon quoi ? Sinon quoi, Maxime ? Je m’écœure. « Donne le moi, j’ai pas envie de me prendre la tête avec toi, Nolan. » Je prends sur moi pour lui laisser une chance. Une petite chance de m’obéir pour une fois. Une chance pour que je ne cède pas à tentation de reprendre d’une certaine manière le contrôle sur au moins un plan de ma vie. Juste un peu. Je me souviens d’une époque, pas longtemps il faut l’admettre, où Nolan me suivait partout où j’allais en copiant le moindre de mes gestes. Il devait avoir quatre ans à l’époque et ça m’exaspérait tout en me faisant sourire. Quatre ou cinq ans. une éternité. Qu’est ce que cette foutue vie a fait de nous, hein ? Je tends la main, me concentrant pour la rendre ferme et loin de ses tremblements qui n’attendent qu’une seconde d’inattention de ma part pour l’agiter de soubresauts. « Donne moi ce putain de pot, Nolan, je ne le répèterai pas une quatrième fois. » Ma voix se fait insistante, menaçante. Je sais qu’il sait que je n’hésiterais pas à le frapper s’il refuse. Je sais qu’il sait à quel point ça m’apporte un soulagement malsain d’avoir le dessus au moins sur une personne dans ma vie. Mais je ne sais pas s’il sait à quel point ça me donne envie de vomir.

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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Mar 3 Nov - 22:29

Stormy Weather
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Ce regard qui me foudroie provoque quelque chose au fond de moi. J'humecte mes lèvres comme à cet âge où Maxime avait encore une emprise sur moi. Sur cet enfant qui le voyait encore comme un dieu. Oui, je refuse de me replonger dans ces pensées douloureuses de notre passé, mais Maxime était mon modèle. Il fallait me voir monter sur son skateboard même s'il était trop grand pour moi. Comment j'essayais d'attirer son attention, tout en lui offrant mes plus beaux sourires. Je souriais comme Colin. Nous n'avions rien, mais nous illuminions le très peu de choses que nous possédions. Notre mère qui aimait nous appeler ses : "petits soleils". Depuis, quand j'avais perdu ce sourire ? Depuis, quand je n'avais pas souri ? Je ne m'en souvenais plus.

Mais, aujourd'hui, Maxime n'avait plus rien d'un dieu. Le voir, ainsi, adossé dans l’embrasure de la porte ne fait qu’attiser ma colère. Par, pur mimétisme combative, j'en fais de même, croisant mes bras contre mon torse. Je le foudroie à mon tour. Je comprends pourtant pourquoi il ne me fait pas confiance et il a totalement raison. J'étais prêt à faire n'importe quoi pour ramener de l'argent de nos jours et cela même si cela pouvait mettre en danger notre famille. Je ne réfléchissais plus avec intelligence. Je pensais que rien ne pourrait nous arriver, que je pourrais tout régler. J'étais un beau idiot, mais je m'en moquais. Je ne pensais en rien aux conséquences de mes actes. Comme avec ces paroles qui viennent le toucher en plein cœur, celui dont on ne doit pas prononcer les noms.. Je suis même content de moi alors que je le vois serrer les poings. « Répète, répète ça un peu Nolan et je te jure que je t’en fous une ! » Je passe mon doigts sur mes lèvres et le mordille avec une nervosité qui ne peut rester inassouvie. Mes yeux deviennent noires comme la nuit. « Tu es sourd en plus ? Je disais... » Mais, quelque chose m'arrête. Ma gorge se fait sèche. Quelque chose me picote et ma langue ne m’obéis plus.  Je ne veux pas comprendre ce revirement, qu'au très fond de moi, Maxime reste l'autorité qui aura toujours pouvoir sur moi.   « Rien, laisse tomber, je ne vais perdre ma salive pour toi. » Je préfère botter en touche et me refermer un peu plus sur moi. Je suis bien trop fier pour montrer pour me montrer faible. Je n'ai plus dix-sept à mes yeux. Je suis un homme, quelqu'un qui ne baisse la tête devant personne.

Je sers ce pot contre moi, comme la preuve vivante que je ne serais jamais une victime. Je recule pourtant alors que mon regard suit les mouvements de mon frère ainé. Ces gestes qui remontent son pull. Je n'ai jamais eu peur des coups. J'en ai reçu depuis son départ, des armoires à glace, des hommes de main de Lazar qui aimaient me remettre à ma place, moi et ma grande gueule. Je recule jusqu'à ne plus pouvoir faire un pas de plus derrière moi. Mon dos collé contre l'évier. Le robinet usé, goutte après goutte, et mesure mes silences et les débats contre les démons qui dévorent mes viscères. « Donne le moi tout de suite Nolan, sinon… » Je le coupe en plein élan. « Sinon, tu vas faire quoi ? Me foutre ma dérouillée ? C'est ça ? »  J'agite la bretelle de mon débardeur comme une marque de mon dédain. « Donne le moi, j’ai pas envie de me prendre la tête avec toi, Nolan. » Il me serait si facile de céder. Juste, cette fois, arrêter cette brouille stupide. Mes mains tremblent et subissent mes hésitations contre ce pot que je serre contre moi. « Donne moi ce putain de pot, Nolan, je ne le répèterai pas une quatrième fois. » Maxime arrive même à me faire baisser les yeux. Je semble même réfléchir à ses propos. Sa main tendu devient pont entre nos deux corps qui s'oppose. Est-ce que cela serait être si faible de céder juste pour cette fois ?

Mes doigts desserrent leurs emprises sur le pot et je le tends vers la main de Maxime tout en m'approchant de lui. Mais, avant même que le pot touche la peau de la main de mon aîné je le retire avec force. Je lui donne un violent coup d'épaule pour le contourner et me cacher derrière le canapé dans ce qu'on appelle notre salon avec toujours ce pot contre moi. « Comme je t'ai dit, je ne reçois pas d'ordre d'un mec qui a passé son temps en prison à genoux à...» Je n'ai pas besoin de mot, ici. Je sais très bien mimer un acte plus qu'insultant et avilissant avec ma main libre. Je sais que je ne pourrais fuir très loin. Mes pieds s'enfoncent dans le sol et je me prépare à la guerre. Je ne fuirais pas. Je suis prêt à l'affronter. Je dresse même le pot au-dessus de ma tête, prêt à m'en servir comme arme, prêt à lui exploser le pot contre son crâne, à lui faire pisser le sang, à lui faire mal comme j'ai mal à présent. Mais, pourquoi, cela me fait aussi mal ?

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Maxime Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Jeu 5 Nov - 10:52

Stormy Weather
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Répète, répète ça un peu Nolan et je te jure que je t’en fous une ! Il ne m’aura pas fallu longtemps pour totalement me réveiller, m’extirper de ma lassitude et perdre mon calme : je fonds dans l’agressivité presque instantanément. Et pour cause. La provocation de Nolan touche sa cible, je ne lutte que pour la forme. J’ai envie, je meurs d’envie de le frapper, de me réfugier dans une violence qui m’était étrangère il y a cinq ans. je meurs d’envie de me recroqueviller dans un coin et de laisser le reste frapper et frapper encore mon petit frère pour qu’il se taise et que je puisse exorciser mes démons. Répète, répète un peu ça Nolan. Ce n’est pas moi qui crache, je ne me reconnais pas. Et pourtant, c’est pleinement moi : le papillon sort de sa chrysalide, j’ai l’impression de m’en extirper lentement mais inexorablement, de ne pouvoir à terme qu’être une personne que j’exécrerai sans vergogne. Et quelque part, j’ai presque hâte que la transformation soit complète pour cesser de me soucier à ce point de mes frères et me libérer d’eux et de ce besoin que j’ai de les protéger. « Tu es sourd en plus ? Je disais... » Je le mets au défi de poursuivre d’un regard intense que je veux menaçant. Je veux qu’il ait peur de moi, je veux qu’il me craigne, je veux qu’enfin quelqu’un au monde ne me voie ni comme une victime, ni comme un morceau de viande avec lequel il peut jouer sans être menacé par un quelconque retour de bâton. « Rien, laisse tomber, je ne vais perdre ma salive pour toi. » « C’est ça, ferme là, ça vaut mieux. » S’il faut être franc, je dois bien dire que ce revirement me laisse un goût amer de frustration. Et un soulagement diffus que je tente d’imposer en émotion principale. Qui suis-je bon sang, que suis-je pour avoir à ce point envie de me défouler sur mon frère, sur mon petit frère, sur celui dont je suis responsable et ce depuis toujours ?

Je le vois serrer ce pot contre lui, je sens mes manches se remonter sur mes avant-bras comme si ce ne sont pas mes mains qui les retroussent, comme si ce n’est pas par ma propre volonté que je me prépare à l’inévitable. Je sens ma voix trembler de colère, de menace, de calme aussi. Si peu. Je me souviens de ces jeux, de ses devoirs que je l’aidais à faire, de ces soirs où je le couchais, le bordais, guettais avec angoisse le retour de notre mère lorsqu’elle sortait trop longtemps le soir pour aller gagner un peu d’argent. De ces nuits où je venais le rassurer lorsqu’un cauchemar le réveillait en sursaut, de mes sourcils froncés alors que j’apprenais à le gronder pour ses bêtises infantiles, quand je luttais pour ne pas sourire. Quand est-ce que tout a dérapé ? Je n’en sais rien. Notre situation actuelle a comme un goût d’inéluctable, comme un goût de destiné, de comme un goût de fatalité à laquelle on ne peut échapper.

Je le vois serrer contre lui ce pot à cookies qui cristallise pour cette nuit ce conflit de plus en plus évident entre lui et moi, ce rejet qu’il affiche et qui me brûle au fer rouge à chaque fois qu’il s’impose à moi sans que je puisse lui dénier le droit d’exister. Ce soit un pot à cookies, demain autre chose, tous les prétextes sont bons pour que nos volontés se heurtent. Son recul éveille en moi cette vague de sentiments contradictoires qui me tiraillent et m’écartèlent. Sauf que comme toujours, je cède au plus évident : les menaces pleuvent, les menaces enflent. Donne le moi tout de suite Nolan, sinon… « Sinon, tu vas faire quoi ? Me foutre ma dérouillée ? C'est ça ? » « A ton avis, p’tit con ? » Son dédain n’arrange rien, j’espère qu’il le sait, j’espère qu’il s’en rend compte. Moi, je me prends en plein visage la réalité. Mes frères, je me bats pour eux tous les matins, je travaille pour les faire vivre, je suis libre pour les faire vivre et c’est moi qui commence malgré tout à devenir leur pire ennemi. Sans que je n’ai le courage de résister. Sinon quoi, Maxime ? Je m’écœure. Vraiment. Mes menaces me débectent autant qu’elles sont sincères, c’est même cette sincérité qui acidifie mes veines au point que l’air que j’expire me semble définitivement vicié. Je répète ma menace, ma voix s’énerve, se fatigue, joue avec mes nerfs autant que l’immobilité de mon petit frère.

Et je finis par lui tendre une main que je veux autoritaire. Peut être va-t-il céder, pour une fois. Peut être va-t-il enfin comprendre à quel point je suis sérieux, à quel point tout ça me répugne mais à quel point, surtout, tout cela est nécessaire. Je le fais pour toi, Nolan, c’est ce que j’essaye de me dire pour desserrer un peu la poigne de la culpabilité. Pour me raisonner, aussi. Je n’y crois pas, lorsque mes yeux captent ses doigts qui se détachent légèrement du centre de notre conflit. Ma main se fait impatiente, vient finalement à la rencontre de l’objet qui se dérobe avant que je ne m’en rende compte. L’épaule de Nolan vient heurter la mienne, je lui concède un pas en arrière sous le coup de la surprise et le vois disparaître dans le salon, derrière ce canapé. D’un pas je sors de la cuisine, minable, quitte le refuge de cette lumière blafarde pour me fondre dans la pièce la plus grande – et certainement la plus misérable – de ce qui est notre chez-nous. Moins de luminosité mais pas moins de tension. L’exaspération se déverse dans mes veines, n’attendant qu’une étincelle pour devenir colère. « Comme je t'ai dit, je ne reçois pas d'ordre d'un mec qui a passé son temps en prison à genoux à...» « NOLAN ! »

Je vais le tuer. Je jure que je vais le tuer. Je sais que je vais finir par aller trop loin mais ce n’est pas grave : trop loin, il l’est déjà. Il me nargue, d’ailleurs, derrière la ligne invisible de l’inacceptable, de ce que j’accepte pas, n’assume pas. Je franchis en deux pas la distance qui nous sépare, enserre ma poigne autour de son poignet pour l’envoyer rouler au sol. Mon pied caresse ses côtes sans la moindre douceur, les percute une fois, deux fois, trois fois. « FERME-LA PETIT CON ! FERME LA BORDEL ! » Je me laisse tomber sur son torse pour percuter son visage de mon poing fermé. J’explose sa lèvre sous l’impact. « Tais-toi, tais-toi ! » C’est moi qui finis par me taire, le souffle court, me rendant compte de ce que je fais. Un peu tard. Mes phalanges sont brûlantes de son sang. Je vais réveiller Colin, si ce n’est pas déjà fait. Les voisins, je n’en ai rien à faire, bercé par l’impunité de la nuit. Les voisins, les cris des disputes conjugales, les hurlements, les coups, ce sont les bruits quotidiens de ce genre d’immeuble, c’est la musique de fond dans laquelle on a grandi, si peu d’années préservés de l’extérieur malgré tous les efforts de ma mère, malgré tous mes efforts pour me fermer à cette violence, cette misère, cette décadence. Me relevant, je lui arrache des mains le pot, l’envoie se briser au sol à côté, indifférent aux éclats qui vont parsemer le sol et se ficher dans nos pieds nus au moindre pas. Mes yeux contemplent mon frère, les débris, ces petits sachets reconnaissables entre milles. Je m’en doutais, bien sûr. Je ne pouvais que m’en douter. Mais je fais un pas en arrière. « Putain, c’est quoi ça, Nolan ? C’est quoi ça, tu les as eus où ? » Je l’attends, ce nom.

Je le guette sur ses lèvres, je le sens qui s’oppresse dans ma gorge, qui empoisonne mes veines. J’attends qu’il me le crache. Parce que je ne suis pas stupide ou plutôt je ne peux pas lutter contre cette conviction que derrière ça se cache notre oncle.

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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Jeu 5 Nov - 16:22

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Peut-être c’est tout ce que j’attendais de lui ? De faire éclore cette violence, d’y être confronté. La violence est la seule chose qui a encore un impact sur moi. Je n’ai que dix-sept et j’ai l’impression que la vie à écraser chacun de mes os et de mes membres une dizaine de fois. J’aimerais être comme Colin, penser que l’amour et l’affection peut panser toutes les blessures. J’aimerais que la chaleur des bras de quelqu’un puisse apaiser mes démons. Cependant, mes démons ne sont pas aussi facilement rassasiés. Ils ont besoin de sang. Ils ont le besoin de sentir les os craquer sous une force qui est loin d’être la mienne. Pourquoi ? Car, c’est ainsi que j’ai appris la vie dans nos rues. Cela n’a jamais été la loi du celui qui parlait le plus fort, du plus rapide ou du plus intelligent. Non, celui qui frappe le plus fort ou celui qui encaisse le plus de coup avant de sombrer. J’aurais voulu échapper à cette vie. J’aurais voulu avoir la vie d’un adolescent normal, m’occuper de mes boutons, compter mes premiers poils sous le boxer, trainer, draguer, cependant je n’ai pas eu le droit à cette vie. Alors, que mon grand-frère qui se pense à présent un caïd me menace, je m’en moque bien. « A ton avis, p’tit con ? » Je roule mes yeux avec ce dédain qui signe chacun de mes gestes. Je n’ai rien à répondre, car je n’attends que cela, qu’il lance le premier coup.

Je ne rêve que de cela de décharger ma colère sur lui. Les mots ne me suffissent plus. Oui, il est plus grand et plus fort que moi. Mes poings n’auront surement aucun impact sur lui, mais je rugis déjà intérieurement à l’idée de pouvoir meurtrir sa chair, même si ce n’est qu’un petit peu. Je sais qu’il se saigne aux quatre veines pour nous. J’ai Colin qui m’en parle, encore et encore…

Cependant, je m’en moque moi, qu’il se crève au travail s’il n’est pas assez intelligent pour flairer les bonnes affaires. J’ai commencé à dealer pour Lazar que depuis quelques semaines et j’ai gagné plus d’argent quand un an de petits boulots miteux. Sincèrement, mon frère qu’on va s’en sortir en étant honnête ? Il croit qu’il va quoi ? Arriver à nous envoyer à la fac ? Qu’on finira médecin ? Mais, il se met un doigt profondément dans le rectum et il est temps que quelqu’un lui ouvre les yeux. C’est pour cela qu’à la dernière minute, je refuse de céder à sa demande. Comme dans les mauvais films d’action, je coupe le mauvais fil – toujours le rouge – et j’enclenche la bombe. « NOLAN ! »  J’en suis presque heureux, mon énorme sourire qui lézarde mon visage crasseux, là-bas dans notre salon.  Vas-y, hurle mon nom. Réveille Colin, et montre ton vrai visage. Derrière cette ligne imaginaire qui délimite notre pouvoir. Maxime a beau faire deux têtes de plus que moi, je ne cède en rien. Je tente de porter le premier coup, mais mon poignet est attrapé en plein vol. Un vent de fureur et de sueur me libère de la gravité terrestre. Je heurte de plein fouet la table-basse et pousse mon premier cri. «ENFOIRE !!! » Je veux aussitôt me relever, mais ses pieds viennent heurter mes côtes. Je le regarde avec fureur. S’il croit être le premier à me mettre à terre.

Je le fixe avec toute la hargne du monde. S’il m’empêche de le frapper avec mes poings alors je le frapperais avec mes mots. « C’est tout ce que tu as dans le bide, suceur de…» Je n’ai pas le temps de finir ma phrase que je le sens fondre sur moi. « FERME-LA PETIT CON ! FERME LA BORDEL ! »  Je n’ai même pas le temps de me protéger le visage. Son premier coup m’assomme littéralement et me laisse à sa merci. Mon corps retombe comme un pantin désarticulé sur notre moqueuse moisie et spongieuse.  J’ai ce goût acre et métallique qui me remplit la bouche. J’en crache le trop plein contre ses phalanges. Mon regard n’a plus rien d’un combattant. Il est celui d’un vaincu. Je le sens m’arracher le pot que je tentais de me protéger par mon corps. Je n’ai rien pu faire. Notre immeuble s’est éveillé par nos cris. Le nouveau-né du quatrième se met à hurler et le couple du deuxième recommence à s’insulter à plein poumons.  Ma première pensée dans ce chaos est pour Colin. Est-ce qu’on l’a réveillé ? Je suis certain, mais il préféra se cacher sous sa couette et son oreiller pour ne pas à affronter cette triste réalité que peut-être notre famille.

C’est le bruit des morceaux du pot explosés au sol qui me sortent de ma torpeur. Je me roule sur le côté tout en me tenant mes côtes douloureuses. « Putain, c’est quoi ça, Nolan ? C’est quoi ça, tu les as eus où ? » Je piaffe de mon sourire grenat. «Dans ton cul, je les ai eus. » Je crache un énorme amas de sang et de bave qui ne font plus qu’un. J’arrive à mettre un genou à terre et je ramasse un cendrier qui est juste devant moi. Je le lance vers Maxime, mais je fais exprès de le manquer. Un autre objet de notre quotidien qui vient s’exploser contre nos murs aussi fins que du papier. Le cendrier le traverse et va finir dans la cuvette de nos wc. Je ne m’en formalise pas. Je voulais simplement détourner son attention. J’attrape l’un des morceaux du pot à nos pieds et je fonce vers lui. Je mets en avant la pointe serpenté du morceau de terre qui me cisaille la main. Je vise son pectoral droit ou plutôt son cœur. J’y mets toutes mes forces, toutes mes dix-sept années de frustrations et de colères.  La mort de notre mère, cette vie, la maladie de Colin et son abandon. « Tu sais très bien qui me les as donnés. Tu crois qu’on a survécu comment sans toi ? Lui, au moins, il était là. Il m’a donné une chance pour qu’on se rachète. Notre cher oncle… » Est-ce que je veux le tuer ? Je ne sais pas. Je ne sais plus rien. C’est la colère qui me guide. Cette colère qui me fait postillonner des pellicules de sang contre lui. Mon genou remonte et vient le frapper violemment dans tout ce qui fait fièrement de lui un homme. Je veux le mettre à genoux comme il l’a fait pour moi. « Car, toi, tu étais où quand je devais payer les frais médicaux de Colin ? » Et, je décide de l’achever, non avec mes poings ou ma violence, mais avec mes mots. Je me penche à son oreille et je lui murmure. « Je ne vends pas que de la drogue pour lui, tu sais. Je vends même cul. Tu as bien l’image en tête, là ? Car, c’est ainsi dégueulasse que cela en a l’air. »


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Maxime Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Lun 9 Nov - 11:19

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J’imagine que c’est ce que j’attendais, quelque part. D’avoir une bonne raison de le frapper, d’avoir une bonne raison d’attraper son poignet au vol pour le tordre et l’envoyer rouler au sol sans la moindre douleur. Mon hurlement a ouvert les hostilités, des tremblements agitent mes muscles et se jettent sur lui. Bien sûr que ça me fait mal de l’entendre me répondre dans un cri, bien sûr que son «ENFOIRE !!! » percute mon abdomen, bien sûr que je ne peux pas détacher mon regard de ses yeux et de son visage. Mais il est le seul à me faire sortir de mes gonds de la sorte, il est le seul qui me fasse hurler comme ça, le seul qui me fasse frapper comme ça. Mon pied percute ses côtes, une fois, deux fois, trois fois. Je me laisse tomber sur lui pour lui asséner un premier coup de poing, m’arrêtant dans mon élan qui allait m’en faire lui octroyer un second. Qu’est ce que je suis en train de faire, bon sang ? Qu’est ce que je suis en train de devenir, vers quelle violence est-il en train de me pousser ? « C’est tout ce que tu as dans le bide, suceur de…» Mon poing percute à nouveau son visage. Sans délicatesse, sans retenue, sans le moindre scrupule et surtout sans la moindre hésitation. Ferme-la, ferme-la Nolan parce que je vais te tuer. Si tu termines ta phrase, je te tue petit bâtard. Une giclée de sang brûle mon épiderme, Mon cri résonne dans l’appartement et j’ai conscience, quelque part, que tout l’immeuble nous entend. Et s’en contrebalance. Un nouveau-né entre dans la compétition en dessous de nous, un couple prend ma voix comme une provocation et se met lui aussi à mettre de l’animation autour de nous. Mes doigts enserrent le col du tee-shirt désarticulé de mon frère pour s’apprêter à le soulever et le laisser retomber au sol lorsque je me rends véritablement compte de la violence avec laquelle je le frappe ; je l’ai frappé. Ce n’est pas la première fois que je perds le contrôle à ce point, ce ne sera certainement pas la dernière non plus au rythme où vont les choses.

Je me relève, arrachant au passage de ses mains le pot au centre du conflit. J’évacue en partie le reste d’adrénaline présent dans mes veines en fracassant la céramique sur le sol, dispersant les éclats sur le carrelage, dévoilant ce qu’il cachait. Mes yeux heurtent un, deux, quelques petits sachets si reconnaissables que ma colère ne sait pas si elle doit atteindre son paroxysme ou laisser place à la fureur, que je ne sais pas si je suis fatigué ou tout simplement résigné par ce que je vois. Je fais un pas en arrière dans tous les cas. Putain, c’est quoi ça. Je sais bien ce que c’est, la question n’est là que pour la forme, n’est là que pour laisser à mon petit frère une chance de se justifier, une chance de ne pas me donner d’autres raisons de le frapper, des raisons presque plus légitimes que ma seule susceptibilité. Tu les as eus où ? «Dans ton cul, je les ai eus. » Je me penche pour ramasser un peu de drogue, sans parvenir à me demander s’il la consomme, s’il la vend ou si, tant qu’à faire, il fait les deux. Mes doigts se crispent sur le sachet, ignore le crachat grenat qu’il fait exploser au sol au milieu des restes du pot. Je le vois mettre un genou à terre, difficilement. Et j’ai mal de n’en éprouver presque aucune culpabilité. Presque : le peu que j’arrive à ressentir me retient de vouloir esquiver le cendrier qu’il lance, manque sa cible, percute le mur pour mieux le transpercer. Par réflexe, je le suis du regard sans lâcher la drogue, ne vois que du coin de l’œil un mouvement fugace. Je n’ai pas le temps de me protéger, j’ai à peine le temps de lever les mains que je sens quelque chose se planter dans ma poitrine. Un morceau du pot qui crée un nouveau trou dans mon pull trop grand, trop lâche, trop détendu, qui transperce mon tee-shirt délavé, qui déchire mon épiderme. Par réflexe, je repousse Nolan comme je peux. Presque inefficacement. « Tu sais très bien qui me les as donnés. Tu crois qu’on a survécu comment sans toi ? Lui, au moins, il était là. Il m’a donné une chance pour qu’on se rachète. Notre cher oncle… » Son genou percute mon entrejambe alors que je démêle encore ce qu’il concède et m’avoue, je me plie en deux de douleur. « Car, toi, tu étais où quand je devais payer les frais médicaux de Colin ? Je ne vends pas que de la drogue pour lui, tu sais. Je vends même cul. Tu as bien l’image en tête, là ? Car, c’est ainsi dégueulasse que cela en a l’air. » Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal dans l’ensemble, mais j’entends encore les échos des menaces de Lazar, de ses promesses, de son attitude tranquille dans ce salon. Je me jette sur Nolan pour le plaquer au sol, un genou sur ses côtés, l’avant-bras en travers de sa gorge. Mon poing revient percute l’arête de son nez qui explose dans une giclée de sang. « PETIT CON ! J’étais en prison, en prison à cause de lui ! C’est à cause de lui si on vit dans la merde. On n’était pas assez endetté pour que tu te tournes vers lui et que t’ailles lécher son cul, hein ? A ton avis, pourquoi j’suis là, pourquoi j’suis sorti de taule, pourquoi je me tue à bosser pour ramener trois dollars et vous faire à bouffer, torcher vos culs, vous protéger de ce connard ?! C’est pour éviter ça, pour éviter ce bordel, merde ! Putain ! » Je me lève, lui balance le sachet de drogue à la gueule, fais demi-tour en me prenant la tête entre les mains.

Je ne sais pas exactement contre qui je suis le plus en colère. Moi, Lazar, Nolan ou tout ce bordel qui nous environne et qui nous jette pieds et poings liés dans l’eau noire et dégueulasse des quais. « Putain mais tu te rends compte de ce que tu me racontes, là ? TU SAIS CE QUI ARRIVERA A COLIN SI TU MERDES ? » Colin qui ne doit plus dormir depuis plusieurs minutes, Colin qui doit avoir la tête sous son oreiller et prier pour qu’on se taise enfin. Je sais que de nous trois, il doit être celui qui est resté le plus innocent et j’ignore pourquoi et encore plus comment. Je tente de contrôler ma voix pour la plier à un volume sonore raisonnable, sans grand succès. « T’es vraiment qu’un con, Nolan. Qu’un petit con égoïste, un enfoiré, un imbécile, un gosse qui n’a rien compris, rien appris. » Je pourrais dire la même chose de moi au final. Parce que Nolan n’a pas tort : ma mère s’est peut être saignée pour mes entraînements, mon équipement, ma carrière, elle s’est aussi vendue pour fournir à Colin de quoi respirer. Sauf que moi, j’aurais pu lui dire que ce n’était pas la peine, j’aurais pu, j’aurais du comprendre que je nous enfonçais dans la merde à chacune de mes réussites, alors que Colin, lui… il n’a rien demandé à personne.

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Nolan Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Jeu 12 Nov - 16:41

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L'adrénaline et la jubilation s’entremêlent entre mes lèvres qui se mordillent jusqu'au sang. Tout mon corps en feu et hurle sous les coups passés de mon frère. Pourtant, j'ai ce sourire d'être malfaisant quand je sens mon arme de fortune pénétrer sa chair. Comment je peux en prendre autant de plaisir ? Est-ce qu'il y a quelque chose de cassé en moi ? Tout au fond de moi, je sais que je regrette mon geste, mais ce petit enfant apeuré qui hurle dans la nuit le nom de Maxime pour qu'il vienne à son aide n'existe plus. Je veux le croire. Je veux l'inscrire dans le marbre. C'est pour cela que je le frappe sans la moindre retenue. Je délivre avec toute ma violence, car ce n'est plus ce que je connais ici bas, mes regrets, mes incertitudes, mes faiblesses et surtout ma lâcheté. C'était facile de travailler pour Lazar. Je n'ai jamais cherché la difficulté. Peut-être que cela me plaisait de faire toutes ces choses ? Car, je savais que l'affrontement avec Maxime viendrait un jour où l'autre et que cela lui ferrait mal que son petit-frère soit tombé si bas. Je frappe son entre-jambe comme je frappe les sacs à la salle de sport improvisé qu'on squatte avec des gamins des rues comme moi. Non, nous avons pas les moyens de nous offrir les académies luxueuses des banquiers et des hommes d'affaire de la ville.

Malgré, ma mâchoire en morceaux, je lui offre mon plus beau sourire alors que je lui avoue ce qu'il sait déjà. Ma poitrine en vibre d'excitation. Je veux tellement lui faire mal. Tellement, envie de voir sa tête et son regard, maintenant qu'il sait que son petit frère, celui qui sautait encore sur ses genoux il y a des années de cela tout en demandant son lait chocolaté, se met à genoux à présent pour s'occuper de mecs dégoulinant de sueurs trouvés dans le quartier touristique de la ville. J'ai même presque envie de lui en faire une vidéo. Je veux voir son dégout et même peut-être son envie de vomir. Tout est si sale dans ma tête, chamboulé. Je n'ai plus de repère. Je suis devenu un monstre arrogant, qui l'espace d'un instant ne semble même plus avoir peur de la main de son aîné. Je ris presque en le sentant me faire chuter en arrière. Je ris comme un dément quand son coude vient se caler sous ma gorge. Mon sourire est écrasé par sa violence. La douleur est si forte quand mon nez explose que j'en ferme les yeux et dépose contre son poing mes larmes en cadeau. « PETIT CON ! J’étais en prison, en prison à cause de lui ! C’est à cause de lui si on vit dans la merde. On n’était pas assez endetté pour que tu te tournes vers lui et que t’ailles lécher son cul, hein ? A ton avis, pourquoi j’suis là, pourquoi j’suis sorti de taule, pourquoi je me tue à bosser pour ramener trois dollars et vous faire à bouffer, torcher vos culs, vous protéger de ce connard ?! C’est pour éviter ça, pour éviter ce bordel, merde ! Putain ! » Sonné. Je ne me relève même pas quand je le vois reculer et prendre sa tête entre ses mains.

Je repousse ce sachet de dopes qu'il m'a jeté à la gueule. Je touche fébrilement mon nez. « Putain' ! Enfoiré ! Tu m'as pété le nez ! » Je lui offre ce sourire édenté à présent. Cette gelée grenat qui colore mes dents. Mon nez en miette et mes côtes qui me hurlent de demander son pardon pour ne plus subir de coup. Cependant, mon sourire s'efface à la simple évocation d'une seule personne. « Putain mais tu te rends compte de ce que tu me racontes, là ? TU SAIS CE QUI ARRIVERA A COLIN SI TU MERDES ? » Je tente de me révéler mais je n'y arrive pas. Je retombe sur le cul comme un bébé qui ne sais plus marché. Je piaille de douleur mais j'arrive à cracher ces quelques mots en même temps que mon sang. « Je t'interdis de parler de lui. Comment tu oses prononcer son nom ? TU ETAIS LA PENDANT SES CRISES D ASTHMES  ? » Maxime contrôlait sa voix, moi, je n'en fais rien. Je ne moque pas des sentiments de Colin. Je sais que cela doit lui briser le cœur de nous entendre. C'est pour cela que Maxime doit dégager ! Mon regard se fait sombre que les hauts nuages qui couvrent le ciel à présent. Un orage se prépare. « T’es vraiment qu’un con, Nolan. Qu’un petit con égoïste, un enfoiré, un imbécile, un gosse qui n’a rien compris, rien appris. » Mais, l'orage explose d'abord ici, dans notre petit appartement dégueulasse.

Je fulmine et essaye de me pousser sur les jambes. Grâce à la table basse pas loin, j'arrive à retrouver un peu de ma dignité. Je ne marche pas droit, mais je m'en fiche. Je trace mon chemin jusqu'à Maxime. J'essaye de lui foutre une en plein visage. Mon poing serré essaye en tout cas. « C'est moi l’égoïste ? Sincèrement ? Tu vois une console de jeux ici ? Un écran plat ? Le dernier macbook air ? Tu penses qu'il va où le fric que je récolte ? Tu crois que les mecs que je suce, c'est pour qui ? C'est pour cette putain de dette ! Une dette que moi et surtout Colin ont a pas demandés !  » Mes mots s'allient à mes poings. Je tente de frapper son torse. Je vise cette plaie. Je tente de m'y insérer. Je passe mes doigts à travers son pull trop grand et tente de pénétrer sa chair. Je pousse de toutes mes forces. Je veux tellement l’entendre hurler. « Fuck' ! J'ai dix-sept ans ! Tu crois que c'est la vie que je devrais avoir ? Mais, tu as flingué toute notre vie. C'est pas Lazar. C'est toi ! Tu nous as abandonnés... » Sans mon rendre compte, mes yeux sont devenus lumineux et brillent d'un éclat emplie de désespoir. Les larmes me montent aux yeux. Je me mets à pleurer comme une gamine sans arriver à m'arrêter. Mes putains de larmes dégoulinent sur mes joues sales alors que je le frappe à présent avec mes poings et mes jambes dans une chaos sans nom. « TU M'AS  ABANDONNE !! » Je devrais me taire. Je ne sais pas d'où viens ces mots. Je les refuse, mais je n'ai plus aucun pouvoir alors que je postillonne sur son pull. Mon sang l'éclabousse comme ma vérité. « Tu aurais du me protéger ! Tu aurais du être là pour empêcher ces mecs de me toucher ! » Une vérité qui fait si mal.


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Maxime Sanderson
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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Mar 17 Nov - 10:46

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La colère est là : omniprésente. Elle suinte des pores de ma peau, se cristallise dans ma salive, s’acidifie au contact de l’air. L’atmosphère est chargée de colère, macule les murs de notre enfance qui n’ont rien connu d’autre pendant des années que la solidarité et le soutien d’une famille qui luttait contre la décadence. Il n’y a rien, il n’y a plus rien de cette famille, il n’y a maintenant que des ennemis qui se regardent en chiens de faïence. La colère est là : dense, étouffante, vicieuse, moite et poisseuse. Gluante. Elle s’immisce dans les moindres replis, s’empare de nos émotions, noircit mes pensées. Je veux le frapper, je veux le faire saigner, je veux lire dans son regard de la crainte et de la terreur pour ne plus me sentir faible et malléable. Cette pointe de douleur qui déchire ma chair et mon pull n’est rien comparée à ma colère. Je veux qu’il regrette, je veux qu’il me supplie. Je l’insulte, je lui crache ma colère pour brûler sa chair, ronger ses os. Je me jette sur lui, dans un combat plus inégal qu’autre chose. Je veux l’étouffer, je veux le faire taire.

Putain, que je veux lui faire mal. Ses attaques visent juste, me restent en arrière de la gorge : c’est sa gorge que j’écrase de mon avant-bras, c’est son nez que j’explose d’un coup de poing. Moi aussi je sais viser juste, petit frère. Je vise juste physiquement pour te faire saigner. Je hurle, je l’insulte, je me relève d’un bond pour lui balancer le sachet de drogue à la gueule et me dérouiller les jambes avant de vraiment commencer à le frapper. Bon sang, mais qu’est-ce que je vais faire de lui, qu’est-ce que je suis en train de devenir ? J’ai l’impression que c’était hier que je le faisais sauter sur mes genoux, là je me contente d’avoir envie de lui briser les rotules. Il me dégoûte, je me dégoûte. Tout cet immeuble m’écœure et pourtant on est obligé d’y vivre. Colin et Nolan sont obligés de survivre. Pourquoi, bordel, pourquoi est ce que ce petit con s’est senti obligé de lui aussi tenter de nous endetter davantage ? Pourquoi est ce que je ne peux ne pas ôter de mes yeux cette image de lui à genoux devant des mecs que je me représente à l’image de Lazar ? Ca me hante, ça me débecte, j’ai l’impression d’être inutile, insuffisant et pire encore, j’ai l’impression de ne pas être à la hauteur. Parce que si je suis sorti de prison, bordel, c’est justement pour éviter ça à mon frère, c’est pour éviter ça à Colin, c’est pour qu’ils puissent avoir une chance de faire des études et de sortir la tête de cette merde noire dans laquelle Lazar nous a plongés. Et pour rien d’autre, et certainement pas ça. Non, tout mais pas ça. Je me passe une main tâchée du sang de mon frère sur le visage, cherchant à dissiper un peu de ma fatigue, un peu de ma colère.

Inutile de préciser à quel point c’est inutile. « Putain' ! Enfoiré ! Tu m'as pété le nez ! » Je frémis, me tourne immédiatement dans sa direction. Son sourire grenat, ses côtes douloureuses et son visage en miette. J’ai envie de me jeter sur lui non pas pour le frapper cette fois mais pour m’excuser, pour le supplier de m’excuser, pour le soigner et nettoyer tout ce sang que je viens de faire couler. Mais je préfère lui hurler dessus, encore. La colère est bien trop forte pour que la culpabilité la batte pour le moment. Je sais que demain matin, plutôt dans quelques heures, ce sera tout le contraire. Mais pour le moment… Ca me rend malade. Ca me rend malade d’imaginer que non seulement mes actes mais en plus ceux de mon frère mettent Colin en danger, que tous mes efforts ne servent à rien et seront réduits à néant. Alors je hurle. Encore. Je mets de côté ma culpabilité et cet élan qui me pousse à protéger Nolan. Et j’intègre Colin à la conversation. « Je t'interdis de parler de lui. Comment tu oses prononcer son nom ? TU ETAIS LA PENDANT SES CRISES D ASTHMES ? » Si je contrôle ma voix, ce n’est qu’en apparence. Elle enfle, elle s’impose, elle veut m’écorcher la gorge et les cordes vocales, réveiller tout l’immeuble, en faire trembler les fondations pour qu’il s’effondre sur nous et nous force à nous taire. Où est ce que j’étais ? Si j’étais là ? Les crises d’asthme de Colin qui le laissent blafarde, désoxygéné, qui nous forçait à le conduire en toute urgence au centre le plus proche dans l’espoir qu’on trouve un moyen de le faire se calmer, de le faire respirer. Cette panique dans les yeux de ma mère, dans mes yeux, dans les yeux de tous les Sanderson. C’est vrai, ça, où est ce que j’étais ? En taule. En taule. Pour un meurtre que tu n’as pas commis mais que tu as décidé d’assumer de ton plein gré, sans que Lazar ne soit obligé de te le demander. Pour un meurtre que je n’ai peut être pas commis mais que j’ai avoué, de moi-même, sans pression autre que celle que je m’imposais. Je me suis moi-même mis les fers, j’ai moi-même fait le pas en direction de la prison. Je sais que j’y aurais fini dans tous les cas mais… T’es qu’un con, t’es vraiment qu’un con, Nolan. Je suis fatigué. T’es vraiment qu’un con Nolan mais je ne suis vraiment qu’un con, moi aussi.

Je le regarde s’approcher, je n’arrive pas à détacher mon regard de son sang. Je m’en veux, putain. Je m’en veux juste tellement mais je n’arrive pas à choisir entre la colère, le désespoir, la honte et la culpabilité. C’est pour ça aussi que je ne cherche pas à éviter son poing qui percute ma mâchoire. « C'est moi l’égoïste ? Sincèrement ? Tu vois une console de jeux ici ? Un écran plat ? Le dernier macbook air ? Tu penses qu'il va où le fric que je récolte ? Tu crois que les mecs que je suce, c'est pour qui ? C'est pour cette putain de dette ! Une dette que moi et surtout Colin on a pas demandés ! » Je ne peux rien dire. Je sais qu’on vit dans la misère, qu’on n’a toujours connu que ça. Je sais qu’ils n’ont pas demandé à avoir un grand frère sponsorisé par le plus grand connard de la Nouvelle Orléans, je sais qu’au final, ces dettes qu’on a, elles sont de ma faute, de la faute de ma mère, de la faute de mon frère. Ils sont innocents, ils n’y sont pour rien. Je ne cherche ni à le repousser, ni à l’écarter lorsqu’il plonge ses doigts à travers mon pull pour chercher la plaie qu’il a ouverte. La douleur, j’ai eu ma dose en prison, je n’y suis pas insensible mais je la connais. Bien, très bien. Je sais que lui aussi, je sais que Colin aussi. Ca va avec la pauvreté, ça va avec la misère, ça va avec ces guenilles qu’on se traîne et le quartier qu’on fréquente. Il me pousse, je lui concède un pas. Juste un. « Fuck' ! J'ai dix-sept ans ! Tu crois que c'est la vie que je devrais avoir ? Mais, tu as flingué toute notre vie. C'est pas Lazar. C'est toi ! Tu nous as abandonnés... TU M'AS ABANDONNE !! Tu aurais du me protéger ! Tu aurais du être là pour empêcher ces mecs de me toucher ! »

J’ai la gorge sèche, j’ai la trachée brûlante. Je reçois ses coups sans vouloir les éviter. Je les mérite. Putain, je les mérite. Ses larmes, je les mérite. Ses reproches aussi. Putain. Mes larmes qui menacent de s’enfuir, en revanche… Je ne sais pas quoi faire. J’aimerais le prendre dans mes bras, j’aimerais le rassurer, j’aimerais être son grand frère, celui là même qui allait le chercher à l’école, qui l’aidait à faire ses devoirs, ce frère qui le défendait contre les caïds du quartier, ce frère qui le tenait bien fermement et le faisait glisser sur son skate avec le sourire aux lèvres. Mais j’en suis incapable : tout ce que j’arrive à faire, c’est le repousser pas trop brusquement, tout ce que je parviens à faire, c’est m’écarter, m’éloigner, rejoindre la fenêtre la plus proche.

« Je sais bien, putain, je sais bien que vous avez rien demandé. Que j’aurais du être là, que je vous ai abandonnés ! Je sais tout ça, Nolan ! » Elle est de retour. Mêlée à la culpabilité, mêlée à la douleur. Elle est de retour la colère. Face à cette injustice, face à cette solitude, face à cette impression que quoique je fasse, je n’arriverai pas à prendre soin de mes frères, à les tirer hors du trou dans lequel je les ai enfoncés sans le savoir. « Pourquoi est ce que tu crois que je me tue à la tâche, hein ? J’ai pas demandé ça pour vous, j’ai pas demandé à ce que t’ailles dans la rue, à ce que tu ailles… putain. Mais je pouvais pas, bordel ! Qu’est ce que tu voulais que je fasse hein ? J’essaye de… J’essaye de nous sortir de là ! » J’essaye surtout de me trouver des excuses et de me justifier. Alors que je suis le premier à le frapper, le premier à le tabasser. « Tout ce que je veux, putain, c’est que tu me laisses m’occuper de rembourser cette dette, que tu me fasses confiance comme tu faisais confiance à maman, que tu t’occupes de te sortir les doigts du cul pour bosser et te trouver un boulot légal ! Y’a que comme ça que tu pourras t’en sortir, Nolan ! Moi c’est déjà foutu, bordel. J’ai rien, j’ai rien qui ne soit pas à Lazar, tu comprends ? Toi… putain toi, t’étais encore sans dettes, sans rien, POURQUOI TU ES ALLE LE VOIR ?! T’avais aucun autre moyen, hein ? T’as aucun putain d’avenir si tu t’engages avec lui, Nolan ! Et je refuse que t’entraînes Colin avec toi !»


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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Mer 18 Nov - 17:03

Stormy Weather
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Je ne cherche pas sa tendresse. J’exècre ces regards qui hésitent et qui compatissent face à mes larmes. Cette eau qui salie mes joues, je ne l'assume pas. Pourtant, je ne prends pas le temps d'effacer ces traces de faiblesse. Je préfère continuer à le frapper, même si mes coups n'ont plus rien de violent ou de menaçant. Ma force me semble m'être volée. Est-ce que nous sommes dans les comics de mon enfance - qui n'est pas si loin de cela  ? Est-ce que mon propre frère est ma Kryptonite ? La seule chose possible de m'affaiblir. Je me sens soudain vidé et alors que je le vois s'éloigner pour marcher vers la fenêtre, mes mains tombent telles des sacs de ciments le long de mon corps. Je ne veux pas de sa pitié ou quoi qui pourrait venir de lui. Je renifle comme un gamin qui ne sait pas se moucher. La morve qui me repeint le bas de visage dans un aspect encore plus dégueulasse que je peux paraître. Mais, nous ne sommes pas ici pour faire beau ? Vous avez vu où nous vivons ? Il n'y a rien d'agréable à voir. L'appartement sent le renfermé, le moisie et trois garçons à l’hygiène limite. Mais, déjà, nous n'attendons personne. Nous n'invitons personne. Cette vie nous ne la partageons avec aucune âme de cette ville. Nous et notre solitude.


« Je sais bien, putain, je sais bien que vous avez rien demandé. Que j’aurais du être là, que je vous ai abandonnés ! Je sais tout ça, Nolan ! » Il ouvre la bouche et ma colère est déjà remonté dans ma gorge. Je baisse la tête, car je n'ai envie que d'une chose : marcher jusqu'à lui et lui cracher au visage. Lui, foutre mon poing dans la figure...Mais, est-ce que tout cela me délivra ? Je sais très bien que malgré mes dix-sept piges, que la réponse est négative. Pourtant, je sers les poings alors que mes larmes se sont arrêtés sans aucune autre explication. Comme cette éclaircie qui ouvre ses ailes dans le ciel. Mais, il sait tout cela ? Alors, pourquoi, il est là ? Tu n'as pas demandé à ce qu'il revienne. Tu ne voulais pas qu'il revienne. « Pourquoi est ce que tu crois que je me tue à la tâche, hein ? J’ai pas demandé ça pour vous, j’ai pas demandé à ce que t’ailles dans la rue, à ce que tu ailles… putain. Mais je pouvais pas, bordel ! Qu’est ce que tu voulais que je fasse hein ? J’essaye de… J’essaye de nous sortir de là ! » Cela tu le vois qu'il se tue à la tache, mais cela tu t'en moques toujours. Tu n'as pas pitié ou peur pour lui. Tu es devenu un putain de gamin insensible et égoïste.

Il y a tout à reconstruire entre toi et Maxime. Il y a un énorme fossé - un cratère, une explosion sans nom - qui a creusé les sillons de vos relations. Il était pourtant ton modèle. Cela tu l'as déjà dit, mais tu pourrais le redire. Si, Colin t'aime et t’idolâtre, si votre relation est très forte. Tu avais tout cet amour pour Maxime. Tu aimais tout petit te blottir contre lui. Son odeur - comme celui d'un père - te rassurait. Tu adorais enfouir ta tête dans sa nuque et te frotter à sa barbe naissante. Tu adorais ce côté dru et piquant. Tu piaffais des heures en te frottant contre elle. Ton grand-frère était la dixième merveille du monde à tes yeux. Il était beau. Il était fort. Il était intelligent. Et, là, tu as l'impression d'être un champ de ruine. Un terrain dévasté après un bombardement. « Tout ce que je veux, putain, c’est que tu me laisses m’occuper de rembourser cette dette, que tu me fasses confiance comme tu faisais confiance à maman, que tu t’occupes de te sortir les doigts du cul pour bosser et te trouver un boulot légal ! Y’a que comme ça que tu pourras t’en sortir, Nolan ! Moi c’est déjà foutu, bordel. J’ai rien, j’ai rien qui ne soit pas à Lazar, tu comprends ? Toi… putain toi, t’étais encore sans dettes, sans rien, POURQUOI TU ES ALLE LE VOIR ?! T’avais aucun autre moyen, hein ? T’as aucun putain d’avenir si tu t’engages avec lui, Nolan ! Et je refuse que t’entraînes Colin avec toi !»

Tu viens jusqu'à lui. Tu te dresses de tes quelques centimètres qui ne sont pas encore assez nécessaire pour le dépasser ou le surplomber. L'espace d'un instant tout se fige. Tout pourrait se passer autrement. Tu pourrais le prendre dans tes bras. Le serrer fort comme au fond de toi tu meurs d'envie de le faire. Tu pourrais l'embrasser sur le front comme tu avais l'habitude de le faire plus jeune. A nouveau, enfouir ta tête dans son cou et te perdre dans sa flagrance. Dire que tout ira bien. Lui, dire que tu n'as été qu'un idiot et tu vas tout faire pour retrouver le bon chemin. Mais, le temps se craquèle et tes yeux se plissent avec médisance. « Tu n'es pas notre père à moi ou Colin. Ne me dis jamais ce que je dois faire. » Tu lui craches ses paroles : ta gueule en vrac, ton nez cassé et tes côtes douloureuses. Tu viens ramasser les sachets et tu les fourres dans tes poches. Tu n'as pas dormi de la nuit, mais cette raclée a fouetté ton sang. Tu ne déjeuneras pas non plus et ne parlons pas de la douche. Tu marches jusqu'à la porte d'entrée que tu ouvres. Déjà, les gonds tiennent à peine et le verrou est cassé depuis longtemps. « Tu vois je voulais pioncer, mais je vais directement revendre cette merde. Tu vas faire quoi ? Tu n'as pas de pouvoir ici, comme tu n'as jamais eu de couilles. »

Tu le mets au défi, comme si tu n'avais pas assez pris dans la gueule pour aujourd'hui. Tu passes ta langue sur une de tes dents qui bougent à présent. C'est pas comme si vous aviez une mutuelle. Et, merde, tu as autre chose en tête. Tu ne veux pas partir ainsi. Tu veux encore frapper où cela fait mal.   « Non, j'avais d'autre choix. Je pourrais prendre un boulot merdique qui paye rien comme toi. Mais, j'ai préféré sucer Lazar. C'est fou le nombre de dettes qu'il a accepté d'effacer dés que je passais sous son bureau. » Ton regard et ton corps ne tremblent pas. Bien-sûr, tout cela est un mensonge, mais seul toi le sait à ce moment précis. Tu plonges dans le regard de ton frère et tu lui dépeins le plus horrible des tableaux. Voilà, tu as jeté ta bombe et tu t'apprêtes à t'en aller. Tu as ouvert la porte. Tu reviendras tout à l'heure pour Colin. Déjà, tu ne reviendras plus ici. Tu l'as décidé. C'est ta décision dans ce moment de colère alors que ton corps est en mouvement.

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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Jeu 3 Déc - 0:43

Stormy Weather
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Ma colère me perfore l’estomac et se répand dans mes veines comme une giclée d’acide. Mon petit frère a beau me défier, a beau être mal en point, je n’arrive pas à me calmer, je ne cherche pas à me calmer non plus. Tout en moi veut lui hurler l’injustice dont nous sommes les principales victimes, tout en moi veut le frapper et le frapper encore juste pour le plaisir d’avoir le dessus sur une personne au monde. Je suis peut être sorti de prison depuis quelques semaines, je reste enchaîné par ce bracelet électronique à mon poignet, je reste enfermé derrière des barreaux forgées par ces dettes que possède Lazar, cette épée de Damoclès sur la nuque de mes frères et mon incapacité à accepter de les voir être mis en danger par ma faute. J’ai envie de vomir, je me donne envie de vomir mais la colère est bien plus forte que tout le reste et refuse de se taire.

Et en parallèle de cette colère, ma culpabilité me ronge et me détruit à petit feu elle aussi. Elle est là, tapie dans l’ombre, douloureuse dans sa présence et dans les accusations violentes de mon petit frère. Je le sais, putain, je le sais que tu n’as rien demandé Nolan, que Colin n’a pas demandé à être asthmatique, que vous n’avez pas demandé à grandir criblés de dettes à cause d’un petit don de votre grand frère pour le skate et le snow. Je le sais putain, mais j’aimerais aussi lui hurler que ce n’est pas de ma faute, que c’est notre mère que nous admirions tant qui a choisi de nous enchaîner juste parce qu’un monstre s’est fait passer pour un homme, juste parce que Lazar a débarqué au bon moment, juste parce que je me suis fait remarqué par la mauvaise personne. Je le hais, bon sang, je le hais autant que je me hais, je le hais pour ce qu’il a fait de nous, pour ce qu’il a fait de moi, pour ces dettes dont il a chargé tous les Sanderson. A ton avis, Nolan, pourquoi est ce que je me tue à la tâche, pourquoi est ce que je ne dors qu’une poignée d’heures par nuit, pourquoi est ce que ces cernes sous mes yeux ne veulent et ne peuvent disparaître, pourquoi est ce que je m’effondre sur ce canapé miteux et décrépi dès que je rentre ? C’était justement pour que tu ne n’aies pas à toi aussi te couvrir de dettes, c’est parce que c’est ma responsabilité à moi de sortir la famille de ce merdier parce que c’est à cause de moi, de notre père, de notre mère qu’on ya plongé. Mes cris résonnent dans l’appartement, transperce les parois, font vibrer les murs et réveillent certainement nos voisins. Peu importe : ils savent tous que nous sommes dans la misère, de nos tee-shirts usés jusqu’à la corde à ces pantalons de seconde voire troisième main récupéré dans des déchetteries. Notre mère a toujours réussi à nous habiller, même à nous faire des cadeaux à nos anniversaires et à Noël, avec le secours toujours constant de Lazar. Les vêtements que l’on porte et qui sont à notre taille ont été payés avec l’argent de Lazar. Ce qu’on mange, ce qu’on utilise, tout ou presque appartient à Lazar. Qu’est ce qui nous reste au juste ? Notre libre-arbitre ? Même pas, il m’a été volé au moment même où j’ai été enfermé en taule. Au final, il ne me reste que l’espoir de faire sortir mes deux frères de là…

Me restait. Pourquoi tu es allé le voir ?! Ce cri qui jaillit encore de ma gueule est un cri de rage, un cri de désespoir, un cri de désillusion. Je pensais épargner ça à mon frère, je pensais pouvoir les protéger, je pensais pouvoir les tenir à distance de tout ça. Pourquoi, bon sang, pourquoi n’a-t-il pas cherché un autre moyen ?

Et si c’est foutu pour toi, Nolan, alors ne mêle pas Colin à cette histoire, laisse le s’en sortir. Laisse Colin s’en sortir, bordel. Parce qu’à partir du moment où tu as commencé à accepter de bosser pour notre Diable personnel, tu as vendu ton âme et tu as ruiné tous les efforts que je pouvais songer faire pour nous en sortir. J’arrête de crier, j’arrête de parler sur cette interdiction qui vibre encore à mes oreilles. Je refuse. Je refuse que tu entraînes Colin avec toi, Colin qui ne doit plus dormir, Colin qui doit nous entendre en spectateur muet de notre énième dispute. « Tu n'es pas notre père à moi ou Colin. Ne me dis jamais ce que je dois faire. » Je serre le poing, me retiens de lui exploser le nez une nouvelle fois. Ces crachats qu’il me confère, même si ce ne sont que des mots, ont le mérite et le don pour me mettre hors de moi alors même que tout ce que je veux, c’est que Nolan accepte de collaborer pour nous simplifier la vie. Mais entre ce que je souhaite et ce qu’il se passe en réalité… « Non, je ne suis pas ton père. Parce que notre père, il a claqué la porte au moment où il a compris que ta sale petite tête de con allait lui pourrir la vie. » C’est injuste, je le sais. C’est totalement stupide aussi. Même si notre père s’est barré avant même que Nolan ait un an, avant même la naissance de Colin en fait, ce n’est pas de sa faute, ce n’est pas de leur faute. Je ne sais pas pourquoi il s’est barré : il en a peut être eu ras le bol de se traîner une famille, de se traîner un appartement miteux. Et parce qu’il en a eu marre, on a dégringolé l’échelle sociale pour barboter dans la boue.

Je le regarde ramasser les sachets sans rajouter un mot, sauf même parvenir à faire le moindre geste. Si je bouge, je le frappe. Si j’avance, je l’écrase. Si je parle, je l’insulte. Mes yeux clairs le suivent vers la porte d’entrée et ce n’est que lorsque je comprends qu’il va sortir que je romps ma promesse et que je franchis un mètre, deux. « Tu vois je voulais pioncer, mais je vais directement revendre cette merde. Tu vas faire quoi ? Tu n'as pas de pouvoir ici, comme tu n'as jamais eu de couilles. Non, j'avais d'autre choix. Je pourrais prendre un boulot merdique qui paie rien comme toi. Mais, j'ai préféré sucer Lazar. C'est fou le nombre de dettes qu'il a accepté d'effacer dés que je passais sous son bureau. » Toute couleur abandonne mon visage. Je ferme les yeux, serrant le poing davantage encore.

Il ne me faut qu’une respiration pour reprendre le contrôle. Je suis dans une fureur d’une telle intensité que je ne hurle pas, que je ne frappe pas, que je ne suis pas contrôlé par la rage. Je suis dans une telle colère que mon pas se fait mécanique et ma voix si calme qu’elle en est dérangeante. Je crois que mon frère ne m’a jamais vu dans un tel état. Jamais. Et pourtant, des colères, il en a expérimentées ces dernières semaines. « Nolan, tu franchis cette porte, tu ne reviens plus jamais dans cet appartement. Tu ne t’approches plus jamais de Colin. Tu ne t’approches plus jamais de moi. » Ce n’est même pas une menace, c’est une promesse. « Quand on m’a dit que Maman s’était suicidée, je me suis fait la promesse de vous protéger, de vous sortir de là, de vous offrir une vie qui vaille la peine d’être vécue quitte à ce que je doive me mettre à genoux devant des mecs s’ils me jurent qu’en échange vous aurez un avenir. Je suis con, putain. Je suis effroyablement con de croire qu’il y a encore quoique ce soit à protéger chez toi ; Mais si tu es un cas totalement désespéré, Colin, tu ne l’as pas encore foutu en l’air. Alors je ne me le répèterai pas, Nolan. Si tu franchis cette porte, je ne veux plus que tu remettes le moindre pied dans cet appartement ou que tu adresses la parole à Colin, sinon je te tue. Et je te jure que je le ferai. » Je ne suis pas un menteur. J’ai toujours été un très mauvais menteur. La seule fois de ma vie que mon mensonge a été crédible, c’est lorsque j’ai avoué le meurtre. Et je découvre maintenant que la colère est un autre moteur efficace. Je mens, bien sûr. Jamais je ne pourrai tuer mon frère, je sais que quoiqu’il se passe, je me jetterai toujours en travers du chemin s’il devait être pris pour cible. Je suis capable de crever pour Nolan, autant que pour Colin. Mais je ne peux pas le lui faire savoir. Et ma rage est suffisante pour que mon mensonge soit pire que crédible.

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MessageSujet: Re: Stormy Weather ♕ (Maxlan)   Ven 4 Déc - 11:25

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Il sait où frapper. Son attaque me coupe le souffle et pourtant il n'a utilisé aucune force physique, que la force des mots. Comment vivre sans un père ? On dit que cela ne manque pas tant qu'on assez d'amour. Mais, ce père je l'ai cherché. Je n'étais qu'un petit braillard quand il est parti. Je ne me souviens pas de la couleur de ses yeux, de son parfum ou de même de la manière qu'il avait de m'endormir. Oui, ce père je l'ai cherché. Peut-être pour cela que j'ai toujours été attiré par les hommes plus âgées. Ce besoin de retrouver une partie de ce qu'on m'avait volé. Car, même si Maxime et ma mère ont toujours été là pour moi. J'aurais voulu avoir ce père qui vous emmène faire la tournée des maisons pour Halloween. Celui qui vous porte en haut du sapin de noël pour que vous installiez la dernière des décorations. J'aurais voulu un père pour qu'il m'apprenne à me raser. Un père qui m'explique ce que peut-être l'amour. Que l'amour il l'avait trouvé avec ma mère et que nous en étions les fruits avec mes frères.

Mais, je n'ai pas eu le droit à tout ça. Et, même si on fond de moi, je sais que je n'ai rien fait pour faire fuir ce père. C'est un poids que je porte depuis toujours. Et, s'il était revenu, s'il m'avait détesté à la minute même où nos regards se seraient croisés ? On dit qu'on ne peut que aimer ces enfants. Que c'est l'instinct maternel ou paternel. Mais, si je lui avais tout simplement donné envie de fuir. Qu'est ce qu'il y a de mal en moi ? Qu'est ce que je peux faire pour que tu restes à nouveau ? Voilà, ce que j'aurais pu lui crier à ce père absent. Alors quand, Maxime prononce ces mots, mes forces sont happées dans le néant. « Non, je ne suis pas ton père. Parce que notre père, il a claqué la porte au moment où il a compris que ta sale petite tête de con allait lui pourrir la vie. » Maxime peut voir à quel point ces paroles sont efficaces. Comme un énorme bouton rouge au milieu d'une pièce plongée dans le noir. Ces yeux qui ne pleurent jamais sont soudain scintillant et ces paupières étrangement humides. Je m'en mords les lèvres inférieures, car il ne peut pas comprendre ce que je peux ressentir. D'être devenu un monstre, mais ne plus pouvoir revenir en arrière. De se voir dans le miroir, de se dégouter, d'avoir envie de se cracher au visage, mais ne plus avoir les armes pour redevenir le Nolan que tout le monde a connu. Le garçon plein de malice et d'entrain. Toujours à faire l'idiot, mais jamais méchant. Le garçon qui voulait devenir policier pour protéger Colin, Maxime et sa mère. Une personne respecté en ville, une personne aimé et surtout écouté.

« Je t'interdis de parler de lui aussi. Tu sais rien de lui. Il reviendra peut-être pour nous. » C'est beau de rêver. Cela montre encore que je n'ai pas complétement perdu mon âme d'enfant. Comment croire qu'un père comme le notre peut-être quelqu'un de bien ? Je suis certain que c'était un poivrot et qu'on le croise sans le savoir. Un homme qui n'a rien à offrir ou à donner. Cependant, Maxime peut voir dans mes yeux l'étincelle de croire à l'impossible, de croire que ce père viendrait sur son beau cheval blanc et nous sauverait de cette misère.

En attendant, je m’apprête à quitter l'appartement. J'ai ramassé les sachets que Lazar m'a vendu. J'ai balancé quelques horreurs comme un gouvernement en temps de guerre qui balance quelques milices stratégiques. Ma main est sur la porte quand je l'entends me lancer dans une colère que je n'avais jamais vu auparavant. « Nolan, tu franchis cette porte, tu ne reviens plus jamais dans cet appartement. Tu ne t’approches plus jamais de Colin. Tu ne t’approches plus jamais de moi. » Jamais de lui !? Mais, avec plaisir, je ne veux plus sentir son effluve. Je ne veux plus de sa chaleur. Tout de Maxime me débecte. Cependant, il sait que c'est impossible que je n'approche plus de Colin. « Quand on m’a dit que Maman s’était suicidée, je me suis fait la promesse de vous protéger, de vous sortir de là, de vous offrir une vie qui vaille la peine d’être vécue quitte à ce que je doive me mettre à genoux devant des mecs s’ils me jurent qu’en échange vous aurez un avenir. Je suis con, putain. Je suis effroyablement con de croire qu’il y a encore quoique ce soit à protéger chez toi ; Mais si tu es un cas totalement désespéré, Colin, tu ne l’as pas encore foutu en l’air. Alors je ne me le répèterai pas, Nolan. Si tu franchis cette porte, je ne veux plus que tu remettes le moindre pied dans cet appartement ou que tu adresses la parole à Colin, sinon je te tue. Et je te jure que je le ferai. » Est-ce que j'ai envie d'écouter ou ces mots sont bien choisis ? Mais, ces mots me touchent vraiment pour la première fois.

Alors, c'est comme ça ? Il n'y a plus à rien à protéger chez moi. C'est quoi ce râle qui remonte de ma gorge qui a envie de lui crier : Mais, si je mérite encore d'être protégé ! Prends moi dans tes bras, serre moi ! Dis moi que tout ira bien ! Que tout va s'arranger ! Que je peux redevenir l'enfant que j'étais avant ! Que je n'aurais plus à faire toutes ces horreurs ! Apprends moi à nouveau l'estime de moi-même ! Soi mon grand-frère bordel de merde ! Mais, à la place je claque la porte que j'avais ouverte et je lui balance : « Ah, ouais, tu me tuerais ? » Je traverse notre si peu d'espace comme une fusée. Je déboule avec rage dans la cuisine et j'ouvre le premier tiroir. On a pas grand chose, mais on a au moins un couteau cuisine - qu'on a du piqué mais ça c'est autre chose -. Je brandis l'arme vers lui comme si j'allais lui faire du mal. Mais, à la place, je viens à lui et je mets le couteau dans ses mains. « Tu crois pas que c'est ce que j'attends ? Que cela soit toi ou dealer ou même un combat de rues qui tournerait mal. Vas-y, tu veux tellement le faire ? Tue-moi, tu auras une personne de moins à t'occuper. Tu l'as dis toi-même, il n'y a plus rien à sauver chez moi. Mais, tue l'horrible monstre que je suis. »

Mes mains entourent les siennes et je le force à poser la lame contre mon cœur. Il n'a qu'un coup à faire pour enfoncer le couteau. Cela rentrera comme dans du beurre, je connais la sensation. C'est que j'ai du en poignardé des mecs pour survivre dans ces rues et protéger Colin, pour que tout le monde sache que s'ils touchaient un seul cheveux de mon petit-frère je viendrais les poignarder dans leurs sommeils. « Tu attends quoi ? Je suis que de la mauvaise graine. Il n'y a plus rien de bon en moi. Tu veux que je te raconte en détail ce que ces hommes dans la rue m'ont fait ? Où ils ont mis leurs sexes en moi ? » L'émotion me submerge. Je ne suis pas entrain de le mettre au défi. Je l'implore plutôt. Mes larmes sont à peine retenus. Ma voix est pleine de trémolos. « VAS-Y ! PUTAIN ! JE T'EN PRIE ! SI TU M'AIMES ! FAIT LE ! » Mes mots dépassent peut-être mes pensées. Non, je l'aime pas. C'est certain...Ou...Je ne sais plus. Tout s'embrouille dans ma tête. Je sais simplement que je ne veux plus rien ressentir. Je ne veux plus avoir mal comme j'ai mal. Je ne veux plus de cette colère qui tient éveiller la nuit. Je ne veux à me regarder dans un miroir. Je ne veux plus rien...

Et, je n'ai que dix-sept ans...
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Stormy Weather ♕ (Maxlan)

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