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 (m) cut off her pale wings.

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Noora Acklin
kill of the night


○ messages : 24

MessageSujet: (m) cut off her pale wings.   Mer 7 Oct - 21:28


– cut off her pale wings –
Noora est une enfant. Elle n’était pas préparée à l’absence et au manque et aux coups et aux appels dans le vide. Elle n’était pas préparée à appeler cent fois un répondeur pour écouter une voix qui est partie, qui a abandonné la vie, qui l’a laissée sur le bas-côté sans moyen de le joindre encore, juste une dernière fois. Elle n’était pas préparée aux appels au secours dans la nuit noire quand personne n’écoute, à la nostalgie empoisonnée qui lui enserre le cœur parfois. Elle n’y était pas préparée du tout et elle en a bavé pendant des semaines, recherchant un peu de lumière dans cette longue nuit sans sommeil. Elle s’est fatiguée à lutter contre le courant pendant trop longtemps.
Mais maintenant, elle est préparée. Elle est habituée. Elle avance et elle sait à quoi s’en tenir – sourires avenants toujours plantés sur ses lèvres fines mais il y a derrière cela la peur terrible de perdre celui ou celle à qui on s’attache trop longtemps. Yeux brillants d’un espoir fulgurant avec quelques touches sombres de colère, et la vengeance qui s’y ajoute d’un souffle pernicieux. Elle la veut sa belle revanche, elle la veut sa paix intérieur.

Noora est une fleur. Une jolie fleur aux pétales blancs qui se colorent de rouge, de rouge sang, de rouge violent. Elle est belle et passionnelle et dangereuse mais sa pureté se brise d’un sanglant pourpre car elle a sur la conscience bien trop de morts pour une môme qui voulait être un héros, pas un bourreau.
Maman disait que l’on a pas toujours ce qu’on veut dans la vie.
C’est vrai et c’est faux et c’est confus car la môme aimerait bien chasser cette image de fleur pourrissant sous le soleil brun, mais il n’y a rien qui ne déloge la poésie de son esprit. Elle a le cœur lourd d’un passé désespérant mais la poitrine vide d’un futur reposant.
Elle espère.

Noora est espoir.
Espor vif et rapide et délicat qui se fracasse contre les fenêtres pour rebondir plus nombreux, plus puissants, légers mais furieux encore et encore. C’est cela qu’elle est, Noora, c’est cela qu’elle est avec toute la force de son envie.
C’est pour cela qu’elle se dirige le pas rapide vers ce restaurant ou elle a rendez-vous. Elle n’a rien décidé – c’est Alma qui a donné les directives. Etrange et familière jeune femme qui ne fait rien comme tout le monde. Il a fallu bien des péripéties pour obtenir un contact avec elle – et quelques erreurs de parcours qui l’agace, à Noora la perfectionniste. Mais maintenant qu’elle a un nouvel dans la main, Noora l’observe et le conserve avec force de peur de le voir filer. Elle fait tout ce que la brune lui dit et si elle n’aime pas les méthodes, elle fonce tête baissée sans s’inquiéter. Parce que les informations valent largement les risques encourus, et ça, Noora peut l’affirmer.

Elle se retrouve à avancer plus vite de peur d’être en retard, quand le bâtiment se dessine devant elle. Grand, peu particulier du premier coup d’œil, familier, elle y entre et fait ce que les gens normaux font, elle étudie le lieu bien trop rapidement, prend place sur une table libre et attend le fameux rendez-vous qui pourrait être n’importe qui – Alma n’a donné qu’un nom sans y associer un visage. La môme est nerveuse, elle ne sait pas à quoi elle doit s’attendre avec cet inconnu.
Alma lui fait assez confiance pour lui envoyer une gamine qui débute, alors elle ne s’inquiète pas trop.

Mais quand même, elle pense, quand même. Elle commande une boisson non-alcoolisée et sans bulles, un soda lambda comme il y en a des dizaines sur les cartes. Un soupir s’échappe quand elle voit le visage du serveur.
Adam.
Non ce n’est pas lui. Mais il y a le même visage, le même petit air. Rien en commun – tout en commun – ça arrive tellement souvent qu’elle sait comment arrêter le malheur. Yeux fermés si fort que les étoiles dansent et que le monde tourne. Yeux plissés sur fort qu’elle ne connaît plus son nord de son sud, sa droite de sa gauche, son un de son deux.
Elle rouvre les yeux. Adam n’est plus là, mais Harlan si, face à elle. Il doit dire quelque chose mais elle ne comprend pas et il s’assoit et elle a toujours les yeux globuleux, la bouche ouverte, incapable d’assimiler des choses.
Il lui en a caché, des choses.

« Alors c’est toi ? », qu’elle pense trop fort. « Je ne comprends pas bien en quoi tu peux m’aider, mais allons-y. Dis-moi tout. » Et elle ne dit plus rien, un grand sourire lui barre le visage alors qu’elle tutoie un inconnu qu’elle pense proche d’elle. Il est étrange, Harlan, aujourd’hui. Mais après tout, Noora ne peut rien dire. Alors elle est gentille et compréhensive et elle attend qu’il lui explique ce qu’il peut bien faire à ce rendez-vous qui ne devrait pas le concerner, mais avant elle demande d'une petite voix: « Je suis tellement malpolie, pardon. » Elle ne lui dit pas que c'est le choc - l'appréhension - l'indécision. « Bonjour. »

Spoiler:
 


(c) elephant song.
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Maddox Osman
admin ○ nightcall


○ messages : 351

MessageSujet: Re: (m) cut off her pale wings.   Dim 11 Oct - 6:25


– the regulator –


Alma commençait à le faire chier, avec tout ça. Et pourtant, il était bien incapable de dire non. Se faire refiler des rendez-vous forcés, ça n’avait jamais eu le don de le mettre dans de bonnes dispositions. Même si la personne qu’il allait rencontrer était fiables, aux yeux de celle qu’il considérait comme une référence. Ça n’avait pas le moindre rapport. Il n’appréciait simplement pas de se retrouver pris au piège comme une bête acculée dans un coin, avec un lieu et une heure de rendez-vous, et des instructions précises quant aux informations qu’il devait fournir. Elle le savait, pourtant, qu’il aimait s’assurer lui-même des oreilles dans lesquelles les mots allaient le tomber. Elle le savait, la belle endiablée, qu’il détestait ce genre de situation. Mais elle l’avait tout de même planté là, lui avait lancé tout ce qu’il avait besoin de savoir, et lui avait dit que s’il posait un lapin à sa petite protégée, il en entendrait parler. Quelques grognements désapprobateurs, mais pas réellement la foi de l’envoyer chier. Très bien, il irait. Comme si elle lui avait vraiment laissé le choix.
Il traîne des pieds dans la rue, en route pour le rendez-vous à l’heure fixée. Alma lui a décrit la fameuse Noora comme une jeune fille d’une vingtaine d’années, petite brune aux yeux bleus, particulièrement jolie. Quand il la verrait, il la reconnaîtrait, d’après elle. Ben voyons. Heureusement qu’elle avait les yeux bleus, la gamine. Parce qu’avec le peu d’informations qu’il avait, il aurait été bien foutu de ne pas la retrouver entre trois filles brunes d’une vingtaine d’années. Il avait pensé à se plaindre à Alma, mais les regards de la basanée lui avait fait abandonner toute idée de protestation. Et il n’en avait que davantage passé ses nerfs sur ses jeux vidéos et ses bouteilles, le soir venu. La veille, à dire vrai.

La gueule de bois ne lui faisait plus vraiment d’effet. Boire, c’était devenu une seconde peau. Et aussitôt arrivé au Johnny’s White, aussitôt la gamine retrouvée, il avait prévu de poser son cul sur une putain de chaise et de s’enfiler un verre de whisky bien sec. Histoire de rendre un peu moins merdique cette journée particulièrement chiante, et de bien digérer une entrevue qu’il n’avait aucune envie d’avoir. Il aurait préféré rester chez lui, au fond de son canapé, à siroter une bière ou deux, les pieds calés contre un de ses chiens. Faire des réussites, attendre un changement brutal et bienheureux à sa vie qui ne viendrait pas. Glander et profiter d’être encore en vie, en somme. Mais au lieu de ça, on lui refilait un rendez-vous qu’il n’avait pas demandé. Il aurait pu simplement décider de ne pas y aller. Mais par respect pour Alma, et pour la gamine qu’elle semblait avoir pris en affection, il s’était bougé. Il allait l’aider.

Il pousse la porte du bar, et il jette un coup d’œil autour de lui. Une petite brune, cheveux longs et noirs, yeux bleus, mignonne comme tout. Une petite brune, cheveux longs et noirs, yeux bleus, mignonne comme tout. Une petite brune, cheveux longs et–. Là. Il fait quelques pas dans sa direction et tire la chaise pour s’asseoir face à elle, sans plus de cérémonies. Sans même s’introduire à elle, il prend place. Et il n’a de toute manière pas vraiment le temps d’en placer une qu’elle attaque, la mignonne. Visiblement, elle le connaît. Visiblement, il devrait la connaître aussi. Il hausse un sourcil, à mesure qu’elle se met à déblatérer quelques petites phrases qui lui font de toute évidence penser qu’il y a erreur sur la personne. « Comment ça, alors c’est moi ? » Il ne cherche pas à retenir ses mots, pas plus qu’elle n’a cherché à retenir les siens. Ça ne lui vient pas à l’esprit, au grand brun, qu’elle pourrait connaître quelqu’un qui lui ressemble. Quelqu’un qui lui ressemble vraiment. « Si tu veux pas qu’je t’aide tu me le dis maintenant et j’me casse. Ça m’évitera de payer un verre alors que j’peux le boire chez moi. » Mais la prochaine fois, Alma m’entendra. Il renifle alors qu’elle finit par lui dire bonjour. La mauvaise humeur, ça lui fait oublier de faire toutes les déductions qui s’imposeraient. L’envie d’être chez lui dans son canapé, ça l’empêche de penser que cette gamine doit connaître son double, et qu’elle ne comprend pas vraiment à qui elle parle. « T’inquiète, question politesse j’ai vu pire. Bon, j’ai vu mieux aussi, mais faut pas crier. » Lui, il ne s’encombre pas du bonjour. Il estime qu’elle l’a déjà planté, et que ce serait revenir inutilement sur une formalité qu’il avait toujours trouvé stupide. Alors il économise sa salive, l’ours — pour changer.

Quand le serveur vient déposer le soda face à la jeune fille, il lui commande un whisky sec au passage. Et il revient la détailler, la gamine et ses drôles de manières, de son regard un peu trop noir, de ses yeux un peu trop plissés. « Bon alors c’est quoi ton délire, pourquoi t’as besoin de savoir tout ça ? En quoi ça te regarde, ce que des types aussi peu fréquentables peuvent bien manigancer ? » Pourquoi tu retournes pas foutre le nez dans ta théorie, et qu’tu laisses pas les grands jouer aux jeux dangereux ? Et pourtant, malgré sa mauvaise humeur, il sait qu’il lui donnera ce qu’elle veut. Il attend juste de la cerner, d’aviser un peu plus en détail le genre de fouineuse à qui il a affaire. Cette fille a beau trouver que la familiarité est un bon départ, il ne la connaît ni d’Eve ni d’Adam, la gamine. Et elle a beau avoir choisi le meilleur des passe-droit du monde en la personne d’Alma, l’ours ne crache pas les renseignements comme ça.

D’abord, il boit son whisky. Et ensuite, on en reparle.


(c) elephant song.

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