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 thanks for the memories (margolis)

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Alison Margolis
admin ○ nightcall


○ messages : 22

MessageSujet: thanks for the memories (margolis)   Lun 28 Sep - 2:35

i'm gonna make it bend and break, say a prayer but let the good times roll in case God doesn't show. and i want these words to make things right but it's the wrongs that make the words come to life
thnksfrthmmrs@falloutboy

« Tu penses que tu pourrais rentrer à ma place demain soir? » La voix de Jamie se fait douce dans ton oreille. Tu savais déjà que ce serait sa demande le moment où tu as vu son nom apparaître sur le petit écran de ton téléphone. T'es la première personne que les gens de ton quart de travail appelle lorsqu'ils ont besoin d'un remplacement parce qu'ils savent qu'ils peuvent compter sur toi en tout temps. T'es celle qui fait le plus d'overtime. T'es celle qui donne l'impression de dormir sur place tellement elle est toujours là. Et ça te va. Parce que tu ne fais rien d'autre, tu ne fais rien de plus. Tu vis pour ton emploi et ton emploi te fait vivre. Tu délaisses ta vie sociale depuis la mort de Riley et puis faut bien l'avouer, elle n'avait jamais été très forte même avant cela. Mais en ce moment, c'est le néant. Entre deux appels non-désirés de Quinn, tu retrouves seulement quelques appels de tes différents collègues te demandant tous la même faveur. Il y a bien longtemps qu'ils ont arrêté de t'inviter à leurs quelques sorties. Longtemps qu'ils ont compris que tu ne ferais jamais partie de l'équipe en dehors des moments où tu portes ton uniforme. Ils peuvent compter sur toi lors des urgences, mais c'est tout. T'as appris depuis longtemps à ne pas te fier sur personne et tu t'attends à la même chose des autres. Ce n'est probablement pas la meilleure façon de vivre sa vie, mais y'a jamais vraiment eu rien de bon dans ta vie de toute façon, alors une chose de plus ou une chose de moins, ça ne change plus grand-chose. « Ouais, y'a pas de problème. » « T'es la meilleure Ali, merci. » Tu roules des yeux. Tu n'as absolument rien de la meilleure. T'es seulement la plus fiable, ou peut-être même la plus stupide d'accepter toujours ainsi sans jamais rien demander en retour. Mais à la limite, tu t'en fiches. Tant que tu travailles.

T'as jamais été une fanatique des journées de congé. De ces longs moments où tu es seule avec toi-même. Du vide de ton appartement. Du silence flagrant qui agrandit chacune des pièces de ton minuscule trois et demi. Tu essayes de sortir le plus possible, de profiter du grand air. Quand la température te le permet, tu vas courir. Sinon, tu vas t'entraîner au gym au coin de ta rue. Tu te gardes en forme parce que tu sais que c'est essentiel d'être à son meilleur dans ton métier. C'est un des trucs les plus ironique de ta personne d'ailleurs, le fait que tu te donnes autant dans ton métier d'aide alors que tu refuses que quiconque t'offre quoique ce soit ressemblant à de l'aide. Trop orgueilleuse. Trop rancunière. Trop grande gueule. Tu te plais trop bien dans ce monde de vie solitaire. Tu te complais un peu trop dans ton mal-être, dans cette haine et ce désespoir que tu traînes partout, dans tes interventions et dans ton quotidien. C'est peut-être cette dite tendance à te faire mal qui t'a traîné jusque là. Jusqu'au cimetière où ton frère est enterré. T'essayes de ne pas venir trop souvent, mais parfois, tes pieds t'y traînent sans même que tu n'es le temps d'y penser. Comme si ton corps venait à satisfaire le besoin, le manque que ton cerveau refuse d'analyser. Ça te fait toujours froid dans le dos de te retrouver aussi, de te promener sur les corps enterrés, de les savoir tous en états de décompositions avancés. Tu ne pourrais pas expliquer pourquoi tu te l'imagines comme ça, c'est peut-être le fait de travailler en connexion avec l'hôpital, ou peut-être parce que c'est moins déchirant ainsi, de se dire que ce ne sont plus des humains, qu'il ne reste d'eux que des corps qui ne seront bientôt plus. Plus tu te rapproches de la tombe de ton frère, plus ton coeur se serre dans ta poitrine. T'as l'impression que tu vas être malade, tu sais que tu n'aurais pas dû venir, mais tu sais aussi que tu en avais de besoin. Alors tu franchis les quelques mètres qui te sépare encore de la tombe et tu te mords les lèvres pour t'empêcher de pleurer. T'es toute seule, et t'es complètement consciente que tu es toute seule et encore là, tu es bien trop orgueilleuse pour laisser paraître, ta peine. Ta douleur que tu associes trop facilement à des faiblesses. Il n'y a rien autour de la tombe, jamais de fleurs ou de petits mots pour égayer l'allure grisâtre de la pierre tombale. T'es probablement la seule à lui rendre visite à ton frère de toute façon et tu sais trop bien qu'il aurait trouvé que c'est de l'argent gaspiller que d'offrir des fleurs au mort. Et tu sais trop bien qu'il a raison. De vous trois, il a toujours été celui qui a raison. Et t'as perdu la voie de la raison la journée où tu l'as perdu lui.

Tu viens pour t'approcher, mais tu recules lorsque tu aperçois une silhouette accoté contre la pierre tombale. La personne semble inconsciente, ou du moins endormie. C'est probablement ta formation d'ambulancière qui te force à t'approcher pour t'assurer que la personne va bien, mais lorsque tu te retrouves face à la dite personne, t'as un mouvement de recul. Parce que ce visage, tu le connais trop bien. Tu l'as vu si souvent, en double comme en simple que sur le coup, tu as l'impression de rêver. Pendant un moment, t'es presque certaine qu'il s'agit de Riley, que les derniers mois, ce n'était qu'un mensonge, qu'un putain de cauchemar duquel tu es en train de te réveiller. Mais tu n'as qu'à étudier le visage quelques secondes pour distinguer les différences qui font de Quinn qui il est, les cicatrices sur le bord de ses yeux, le grain de beauté sous son nez. Et tu ne te contrôles plus. Toute la haine, toute la rage, elle ressort et elle se transforme en un seul et bon coup de pieds sur ses côtes droites. Assez fort pour l'assomer, pour le réveiller, pour lui faire mal, mais pas assez pour le blesser réellement. Si seulement. « Qu'est-ce que tu fiches ici? » Ta voix est froide, sèche. Elle est vide d'émotion. Indifférente, tu es complètement indifférente. Et tu espères que c'est aussi douloureux pour lui que ça l'a été pour toi quand il est disparu. « Et je m'excuserais bien, mais j'en ai pas envie. D'toute façon, con comme tu es, tu dois bien être habituée de manger des coups, pas vrai connard? »

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Quinn Margolis
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MessageSujet: Re: thanks for the memories (margolis)   Mer 30 Sep - 1:29

― quinn & alison ―
i  wish i could shout you out ; false start,
and you said you are unconsolable.

« À la tienne, buddy. » La main se lève et penche la bouteille de bière pour en verser une bonne partie sur la tombe, avant de revenir à son propriétaire qui en avale une grosse lampée. Il sait pas ce qu’il est venu foutre là. Ça l’tue, de faire face à ce carré de terre, au nom de son frère estampillé de la mention R.I.P. Il est venu qu’une seule fois lui rendre visite, et il comptait pas recommencer de sitôt – trop douloureux, trop salaud, trop crève-cœur. Pourtant il est planté là, comme un pauvre con, avec sa bière et le reste de son joint. Il a envie d’parler. Encore et encore, pour combler le silence, faire taire l’absence ; déblatérer toute la journée en sachant qu’y a personne pour l’écouter, qu’il s’adresse à un putain de cadavre rongé, là, six pieds sous terre. Mais il en a même pas la force. Tout c’qu’il arrive à faire, c’est finir sa boisson beaucoup trop vite, abandonner la bouteille au sol, et se poser à côté. Le joint qui se meure entre ses lippes, la sensation cotonneuse qui l’emporte et déclenche l’ombre d’un sourire sur sa face, les paupières qui se ferment et le monde qui devient plus doux. Il finit par s’allonger, le dos s’enfonçant dans l’herbe trop sèche qui le gratte à travers son t-shirt, qui lui chatouille la nuque et le creux des reins. Il garde les yeux clos, se concentrant sur la sensation du soleil sur son épiderme, l’air trop lourd qui l’enveloppe tout entier, et les quelques bruits alentours. Il est plus vraiment là. Paumé quelque part dans des songes trop flous, dans ses pensées tournées vers Riley, dans les souvenirs qui lui font oublier le trou béant dans sa poitrine et la gangrène qui le bouffe de l’intérieur. Juste oublier, s’oublier, et se laisser aller.

Un coup. C’est violent, ça secoue sa carcasse toute entière et ça l’arrache à son cocon sans vergogne, y a ses côtes qui grincent sous l’impact et un grognement de douleur qui lui échappe, son corps qui se plie à moitié et qui se redresse d’un coup, plus par réflexe que par ordre de son cerveau. Il se retrouve à quatre pattes, puis à genoux, de l’herbe collée sur la peau et l’air franchement paumé. « What the fuck. » C’est même pas une question, juste une protestation, et du coin de l’œil il aperçoit les godasses responsables de l’affront. « P’tain, c’quoi ton– » Il a pas le temps de finir qu’une voix l’interrompt, plus sèche que le sol sous leurs pieds, beaucoup trop froide à son goût. Il se fige. Ça fait trop longtemps qu’il a plus entendu ce timbre là et pendant une seconde, il se demande s’il est pas en train d’halluciner. « Al’ ? » Elle est là, la furie. Elle le surplombe de toute sa hauteur, l’air profondément contrariée malgré le masque impassible qu’elle a collé sur ses traits, et qui lui va pas. Les coups qui suivent sont pas physiques mais tout aussi tranchants, et il a une seconde d’arrêt face à la haine qu’il perçoit chez sa triplée. Puis un ricanement lui échappe alors qu’il essuie ses paumes contre son jean, se redressant pour lui faire face. Et cette fois-ci, c’est lui qui vient lui faire de l’ombre.

Y a cet air trop arrogant qui vient décorer son visage – c’est sa peinture de guerre, sa meilleure arme pour faire face à ce tiers de lui qui veut probablement lui sauter à la gorge. « Tu sais qu’il en faut plus que ça pour m’contrarier. Comme tu dis j’ai l’habitude, alors tu fais pas l’poids, désolé baby girl. » Le surnom sort tout seul, par automatisme, par habitude, sauf qu’il a rien d’affectueux. Il est teinté de cette provocation dégueulasse, ce défi qu’il lui lance avec son putain de rictus au coin des lèvres. Elle est remontée, il le sait bien. Et elle est venue entamer les hostilités sans la moindre pitié ; elle en a tous les droits, mais c’est pas pour autant qu’il compte lui laisser l’avantage. Si elle veut s’aventurer sur ce terrain-là, il peut la suivre et jouer sans le moindre problème. « Fais pas c’te tête, tu savais que j’étais en ville, j’t’avais prévenue. J’sais que j’avais dit que j’resterais qu’un jour ou deux, mais finalement j’ai prolongé mon séjour. » Ça fait au moins un mois qu’il lui a laissé ce foutu message pour lui dire qu’il venait à NOLA mais qu’il repartirait aussi vite qu’il était venu. Pourtant il est bien là, n’en déplaise à la valkyrie. « J’serais bien venu t’rendre visite, mais tu vois, j’savais quel genre d’accueil t’allais me réserver. D’ailleurs tu sais, tu pourrais travailler un peu sur tes manières d’homme des cavernes. » Il la cherche, ouais. C’est complètement con, il risque même de s’en manger une, mais il s’en fout. C’est plus fort que lui, de jouer au plus malin, et de tirer sur la corde sensible dès le départ. De toute façon il a rien à perdre, vu l’état de la situation. « Les gens polis, ils disent bonjour avant d’cogner. » Quelle connerie. Ils ont jamais été polis, ni elle, ni lui, et même Riley c’était loin d’être ça quand il y était pas obligé. C’est pas dans leurs gènes, pas dans leur éducation non plus, c’est ce que ça fait de grandir dans la jungle. Il est juste en train de continuer à se foutre de sa gueule ouvertement, sans le moindre remord. C’est tout ce qu’il sait faire, sans son panache il a plus rien, et face à sa propre sœur il sait pas quoi faire à part ça, cette foutue mascarade, cet air de connard affiché fièrement. Il a que ça comme barrière, son seul rempart – elle s’est blindée, c’est le cas depuis des années mais maintenant elle l’est même face à lui, et il sait qu’il fera pas le poids face à sa putain d’armure.

Lui, il a qu’ça. Son sarcasme de merde, sa tête à claques, son sempiternel sourire de p’tit con. L’amertume de la bière dans l’arrière de la gorge, les résidus de la drogue dans le fond des prunelles, les traits tirés par la fatigue et le teint devenu pâle à cause des vitamines qui lui manquent. Il a l’estomac vide, les tripes en vrac, les entrailles qui s’entortillent et le palpitant qui se serre jusqu’à s’atrophier dans sa prison. Et il est là, à jouer avec le feu comme un pauvre gosse insupportable, il danse sur le fil du rasoir et il est prêt à se faire couper en deux. C’est tout ce qu’il sait faire t’façon – se jeter dans la gueule du loup, et attendre de voir s’il en ressortira vivant.

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    the devil is my pal ≈ people talking shit, they can kiss the back of my hand. i know i'm not a saint, i've been a sinner all my life. i ain't tryin' to hide my flaws, i'd rather keep them in the light. they want to criticize, scrutinize, cast another stone, burn me at the stake and sit and watch it from their throne.
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Alison Margolis
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○ messages : 22

MessageSujet: Re: thanks for the memories (margolis)   Mer 30 Sep - 20:58

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Tu le juges. Depuis la seconde que tu as compris. Depuis la seconde où tu as réalisé que c'était bien vrai. Tu as l'impression de voir un fantôme tellement ça fait longtemps que tu n'as pas posé les yeux sur ses traits que tu connais si bien pourtant. Tu t'es tellement efforcée d'oublier, tellement efforcée de te faire croire qu'il n'avait pas d'importance, qu'il n'avait plus d'importance, que tu as fini par te croire. Tu as finis par survivre à ton quotidien, à mettre un pied devant l'autre et de vivre ta vie aussi simplement que tu le pouvais. Sans attache, sans amour, seulement que la job et le gym pour te faire ressentir un petit quelque chose. Sauf qu'il est là devant toi et tu n'es plus que ce corps fort et mince avec peu d'émotions. Soudainement, tu bouilles, tu rages. Tu ressens la colère jusqu'au fond de tes tripes, t'as l'impression de goûter le dégoût qu'il te fait ressentir dans ta bouche, et pire que tout, tu sens ton coeur qui se brise, encore une fois, toujours si douloureux. Dans ta vie, tu n'as jamais eu personne. Tu n'as jamais pu te fier ou te confier à qui que ce soit sauf cet abruti et son sosie. Et de les perdre les deux, l'un involontairement et l'autre volontairement, ça l'a tué une si grande partie de toi, de ce que tu étais et malgré ce que tu te fais croire, t'as jamais réussi à passer par dessus. T'es devenue cette carcasse ironique et sarcastique, cette grande gueule trop souvent fermée, que l'ombre de toi-même. Tu t'es habituée à cette vie, croyant que ça ne pouvait être mieux, que ça ne pouvait être pire. Mais avec lui, quand tu regardes cette tronche à la con, tu vois trop facilement que ta vie, sa vie, vos vies éternellement entremêlés, ça peut être si pire et si mieux à la fois. Mais tout ce que tu ressens en ce moment, c'est le pire. Le laid, le dégueulasse, tout ce qui te dégoûte chez ton tiers. Tu vois les bouteilles autour de lui, le joint qui traîne à côté de lui et tu ne peux t'empêcher de ressentir une pitié malsaine. Il te fait pitié à être ce qu'il est, sans plus, sans moins. « Tu sais qu'il en faut plus que ça pour m'contrarier. Comme tu dis j'ai l'habitude, alors tu fais pas l'poids, désolé baby girl. » Tu figes sur place. Parce qu'il n'y a jamais eu que lui pour t'appeler comme ça. Parce que votre relation, elle n'a jamais été parfaite. Elle n'a jamais été belle et droite et ce qu'on s'imagine de la relation parfaite entre triplets. Votre relation, elle a été pleine de laide, pleine d'insultes, pleine de batailles, mais elle vous a toujours gardé souder malgré tout. Jusqu'à ce point de non-retour. Jusqu'à ce moment où vous auriez dû ne devenir qu'un suite à la perte de Riley et où vous êtes devenus deux entités à part entière. Et plus jamais tu seras sa baby girl, plus jamais tu ne veux entendre ce surnom insignifiant venant de sa bouche d'enfoiré. Plus jamais. « Ferme ta putain de grande gueule. » Tu perds un peu ton sang froid. C'est le trou dans ta poitrine qui fait trop mal. Le trou dans ta poitrine qui prend le contrôle de toi en entier. Et ça risque d'être à votre image. Laid, dégueulasse et terriblement douloureux.

« Fais pas c'te tête, tu savais que j'étais en ville, j't'avais prévenue. J'sais que j'avais dit que j'resterais qu'un jour ou deux, mais finalement j'ai prolongé mon séjour. » Un mois. Un mois qui a passé depuis son dernier message. Depuis le moment où ton coeur s'est arrêté à la simple idée de pouvoir tomber sur lui à n'importe quel coin de rue. T'avais arrêté de vivre cette semaine là. Tu ne sortais pas, du moins, encore moins que d'habitude, et tu te contentais du chemin entre l'hôpital et ton appartement. Tu te croyais safe maintenant, tu le croyais loin, perdu dans son monde, dans ses conneries, dans son quotidien propre à lui. Si seulement tu avais su. « T'aurais pu t'retenir quand même. J'crois qu'on a pas besoin de tes commentaires débiles d'enculés complètement saoûls et péter. » Tu parles au 'on', tu ne devrais pas parler au 'on'. Parce que tu sais que Riley, il aurait jamais osé prendre un parti. Que Riley, il restait toujours neutre entre vos deux têtes un peu trop fortes. Mais fuck, Riley il est plus là pour parler, et toi, t'as été là à toutes les semaines, à tous les mois la première année, à venir lui parler, à chercher un réconfort près de lui, un réconfort qu'il était incapable de t'offrir, malgré lui. Et Quinn lui, il était où? Not even God knows where. Il a perdu ses droits, il a perdu sa place. C'est ce que tu t'efforces de crier par ton non-verbale, par cette façon que tu as de le regarder, de le rendre si petit, si insignifiant à tes yeux. Tu ne veux pas qu'il prenne de la place dans l'espace, dans ta vie, dans ton air. Tu veux qu'il disparaisse, tout de suite et maintenant. Tu veux oublier ce que c'est que d'avoir mal à nouveau. Tu veux tout oublier, si seulement c'était si simple. « Tu m'fais pitié sérieusement Quinn. Alors c'est encore ça ta vie? L'alcool, la drogue, la complète stupidité humaine? » Tu échappes volontairement un petit rire méchant, méprisant, pour renforcer les propos odieux que tu tiens d'avances à son égard. Tu veux qu'il comprenne que même dans le plus profond de toi, il n'y a plus rien de positif à dire sur sa personne. Que tu as abandonné, que tu as lâché prise, au même moment où il a décidé de te laisser seule sur le bord du gouffre. Plus de solution possible. Que la triste et terne réalité de cette illusion sur la famille que vous avez formé ensemble longtemps, trop longtemps. En perdre chaque petit morceau a été difficile, mais tu les as laissé derrière toi avec le temps, te détachant ainsi de Riley, de Quinn, et de toi-même aussi. « C'est presque rassurant de voir que certaines choses ne changent pas. » Parce que toi, tu as changé. Et pas pour le mieux, tu en es bien trop consciente, mais tu t'en fiches. Il n'y a personne dans ta vie d'assez proche pour te faire la morale, personne pour te chercher des poux, personne pour essayer de te faire prendre conscience de la stupidité de tes actes. Alors tu dis que tu vis bien dans ce déni qui est désormais ton quotidien, et c'est peut-être bien le cas. Parce que ce qu'on ne sait pas ne nous fait pas mal.

« J'serais bien venu t'rendre visite, mais tu vois, j'savais quel genre d'accueil t'allais me réserver. D'ailleurs tu sais, tu pourrais travailler un peu sur tes manières d'homme des cavernes. » Tu serres les poings et tu les tiens fortement contre tes hanches. Parce que ce n'est pas l'envie de lui foutre une putain de claque entre les deux yeux qui te manque, mais tu te retiens parce que tu sais que c'est exactement ce qu'il veut, exactement ce qu'il recherche. Il veut que tu répliques, il veut que tu montes le ton, il veut que tu le frappes, ne serait-ce que pour lui montrer que tu t'en fous pas complètement, que ça te fait quelque chose que de le voir là, devant toi. Que sous cette trop grosse couche d'indifférence, tu restes Alison. Ce qu'il n'a pas compris par contre, c'est que tu n'es plus et tu ne seras jamais plus la Alison d'autre fois. Elle n'existe plus, elle pourrait aussi bien être enterrée au côté du corps de Riley, inconsciente et intangible, comme ce tiers de toi parti si tôt. Et ce qui reste debout devant Quinn, c'est la froideur, ce i don't fucking care qui mène tes actions et tes émotions en général. Tu ne dis rien, te contente de le regarder avec intensité. Tu analyses ce qui a changé, ce qui est resté pareil. Les cicatrices, aussi petites soient-elles, ce sont multipliés sur son visage, la cause de plusieurs batailles, tu en es persuadée. Mais autrement, il reste Quinn. Quinn le gros con. Quinn l'enculé. Quinn ce frère qui ne sera jamais plus le même pour toi. « Les gens polis, ils disent bonjour avant d'cogner. » « Et les gens censés, ils paient leur respect à leur frère lors de leur enterrement, ils se pointent pas dix ans plus tard sur leur tombe avec ton attitude de merde! » Tu réponds du tac-o-tac. Parce que c'est peut-être plus dur de rester indifférent, tout compte fait. Que de découvrir que ça te provoque encore autant, sinon plus qu'avant, c'est limite insultant. Parce que pour la première fois depuis bien des années, tu te sens faible. À la limite de vulnérable, devant ton frère qui a toujours eu trop de pouvoir sur ta petite personne. « On a pas besoin d'toé, connard. Dégage. » Tu t'es rapprochée de lui, de manière qui se veut explicitement provocatrice. Tu veux qu'il dégage, tu le penses pour vrai. Et à deux pouces de son visage, tu as bien l'intention de lui faire comprendre, tout du moins, entendre. « DÉGAGE QUINN! »

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Quinn Margolis
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MessageSujet: Re: thanks for the memories (margolis)   Ven 2 Oct - 21:09

Sourire accroché aux lèvres, Quinn fait le fanfaron, le fier, le paon qui s’est fait plumer, le roi qui a perdu son trône et sa couronne. C’est tout ce qu’il peut lui offrir, à sa barbare de sœur : un rictus dégueulasse et une dégaine fantomatique. Ah c’qu’il est beau, avec ses traits tirés, ses yeux cerclés de violet, sa peau translucide et ses entrailles trop vides. L’expression sur sa tronche, elle a rien de chaleureux, rien d’agréable à regarder. C’est juste une balafre déguisée ; les lippes qu’on étire jusqu’à ce qu’elles craquent et les dents dévoilées comme des poignards, une fissure sur l’épiderme, le visage qui se tord et qui se fend en deux. C’est comme une putain de plaie ouverte qu’on a oublié de désinfecter, des points de suture qui s’effilochent, un trou qui saigne jusqu’à en crever. C’est son cœur au bord des lèvres, la tempête au fond des prunelles, la douleur qui suinte par tous les pores – les siens et puis ceux d’Alison. Elle veut pas le montrer mais il sait que c’est là, campé dans ses veines, le poison qui lui remonte le long de la gorge jusqu’à ce qu’elle en crache de l’acide. Et c’est lui qui reçoit tout en pleine gueule, c’est lui qui trinque. C’est lui qui se fait désintégrer, malgré l’arrogance qu’il continue d’afficher.

Le baby girl était de trop, le baby girl est banni. Le baby girl, elle veut plus l’entendre. Ça le fait renifler d’un air dédaigneux, il lève le menton et il la toise d’un regard mauvais. Il le dira pas, mais ça fait mal. Elle le jauge, elle le juge, elle dégueule sur sa vie et il se délecte du carnage. L’alcool, la drogue, la stupidité humaine – elle est pas bien loin de la vérité. Tellement que ça le fait rire, de ce son qui a rien de joyeux, tout de misérable. « Hm. Ajoute le sexe et la musique, pis c’à peu près ça. T’es jalouse ? Tu d’vrais aller tirer un coup, ça t’rendra p’t’être plus aimable. » Et il continue, l’enfoiré. Il la nargue. Il se permet même d’ajouter un clin d’œil pour ponctuer ses paroles, comme si c’était une blague entre eux, comme si y avait quelque chose de complice là-dedans alors qu’y a rien que le fossé qui se creuse un peu plus. Alors il s’amuse avec les limites, il vient danser au bord du précipice et il tangue, sans jamais tomber. Faudrait que quelqu’un vienne l’y pousser, pour l’achever.

Il les voit, les poings qui se serrent et qui la démangent, il sait qu’elle crève certainement d’envie de lui en retourner une. Mais elle se contient. Il sait pas trop pourquoi, ni comment elle fait pour y arriver d’ailleurs, elle s’est jamais gênée pour lui cogner dessus. C’est presque ce qu’il attend depuis tout à l’heure, ce qu’il cherche à provoquer sans trop s’en rendre compte. Mais y a rien. Que ce regard meurtrier, et cette putain de distance à laquelle il est pas habitué. Les répliques cinglantes fusent les unes après les autres depuis qu’elle est arrivée mais celle-là, il s’y attendait pas. Celle-là, elle vient le cueillir en plein cœur et il chancèle – un mouvement de recul, la bouche qui s’entrouvre alors que sa respiration se bloque dans le fond de sa gorge. Ça fait comme une putain de rafale de balles qui le traversent, il se sent troué comme une passoire et y a même une seconde où il se demande s’il est pas en train de crever. Ça serait pas plus mal, ils sont déjà sur place, elle aura plus qu’à creuser pour l’enterrer à côté de Riley. Mais même ça, elle voudrait pas le lui accorder. Même ça, elle serait cap de lui refuser vu la ferveur avec laquelle elle s’attèle à le massacrer. Elle est là. Sous son nez. Leurs visages trop proches et il peut voir toute la rage planquée dans le fond de ses yeux, tellement qu’il aperçoit même pas son reflet – que du noir, que du sombre. Il reconnaît plus ses traits, il voit plus les siens flotter sur le visage de la poupée, il voit plus sa sœur. Il voit qu’une furie, qui le poignarde et qui l’empale, prête à foutre sa tête sur un piquet pour afficher sa victoire.

Contrairement à son habitude, il répond pas directement. Il peut pas. Il lui faut une seconde et puis deux pour réussir à avaler la boule d’amertume qui l’empêche de respirer, mais ça vient lui contaminer le palpitant et cette fois, y a pas l’ombre d’un sourire pour afficher ses dents. Y a que cet air menaçant, l’orage dans le regard et la rancœur sur les lèvres. Il fait un pas vers elle, courbant l’échine pour que leurs visages soient à la même hauteur, dardant ses prunelles dans les siennes avec une lueur de défi. « Sinon quoi ? » Et il plisse les yeux, penche légèrement la tête sur le côté, continuant de la fixer. « Tu vas faire quoi, hein ? » Après tout, elle utilise toutes ses forces pour s’empêcher de le frapper ; il a pas manqué de le remarquer. Alors qu’elle cède et qu’elle vienne lui casser la gueule, ou qu’elle la ferme et qu’elle reparte d’où elle est venue. « J’dégagerai pas. J’suis p’t’être pas venu chialer à son enterrement avec tous les connards qu’avaient rien d’mieux à foutre, mais ça t’donne pas tous les droits. » Et puis c’est quoi, cette connerie de respect ? C’est s’habiller en noir, faire un discours de merde et s’effondrer devant tout le monde ? Crier à l’injustice, jurer contre cette chienne de vie, pleurer ce qu’on a perdu et qu’on retrouvera jamais ? Bullshit. Il essaie de se persuader que s’il était venu, ça aurait rien changé. Que ç’aurait pas été mieux que se bourrer la gueule et fumer des joints, seul dans son coin, en ignorant les appels et les messages d’Alison. Mieux que voir les images défiler dans son esprit, visualiser le cadavre de son frère comme il l’a vu à la morgue, raide et froid et mutilé. Il aurait jamais supporté cette putain de cérémonie, cette putain d’ville et ce putain de cercueil. Il sait pas comment elle a fait – faut croire qu’elle sera toujours la plus courageuse du lot. Et qu’il restera ce salaud lâche et égoïste. « Tu crois quoi ? Que j’ai besoin d’ton avis ? Va t’faire foutre Alison. » Alison. Il l’appelle jamais Alison. Baby girl, trop souvent. Al’, la plupart du temps. Ali, parfois. Mais jamais Alison. Jamais. « Ta morale, tu peux t’la mettre au cul. T’as pas l’monopole de la douleur alors arrête de vouloir jouer à la plus forte avec moi. J’te connais par cœur, c’pas à moi qu’tu vas faire peur avec tes grands airs. Et tu vois, sa putain d’tombe c’est pas ta propriété – t’façon que j’sache c’est marqué Riley, pas Alison. Alors j’viendrai si j’veux. Et si ça t’plaît pas, casse-toi. » Sûrement que Riley, il doit se retourner sous la terre et leur gueuler dessus de là où il est. Ils sont là, à se grogner à la tronche, à se battre comme des chiens, et tout ça pour quoi ? Pour un paquet d’os, ouais. Pour un foutu squelette campé sous leurs pieds. Ils s’entretuent au nom de l’agonie qui leur creuse la poitrine ; au nom de Riley, et des regrets.

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Alison Margolis
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MessageSujet: Re: thanks for the memories (margolis)   Dim 4 Oct - 13:12

i'm gonna make it bend and break, say a prayer but let the good times roll in case God doesn't show. and i want these words to make things right but it's the wrongs that make the words come to life
thnksfrthmmrs@falloutboy

Tu ne sais pas pourquoi tu restes là. Tu ne sais pas pourquoi tu n'arrives pas à te décider de simplement partir, de le laisser là, dans sa merde. Tu ne sais pas pourquoi tu écoutes attentivement chacune des répliques meurtrières qu'il te lance. Tu ne sais pas pourquoi tu t'entêtes à répondre, a essayé d'imiter, d'amplifier ce mal qui t'habite depuis déjà trop longtemps. Tu voudrais pouvoir faire une pause, peut-être un petit rewind aussi, contrôler ton corps, contrôler tes envies et ne jamais venir sur la tombe de Riley. Pas aujourd'hui, pas à cette heure. Revenir plus tard, demain, n'importe quand. Un moment où Quinn n'est pas là, un moment où il n'a pas à faire parti de ta réalité à nouveau après tout ce temps. Mais tu ne fais rien, tu ne bouges pas. Le rewind, il est complètement impossible. Tu te défends de chaque attaque comme tu le peux alors que tu recharges les missiles. Tu tires de plein front, encore et encore, mais tu ne vois pas les dégâts. Tu ne les vois plus. Peut-être parce que tu ne connais plus le mec devant toi. Peut-être que même s'il semble être le même, conneries and all, le mur qui vous entoure l'un de l'autre, il vous protège, maladroitement mais quand même. Ça ne fait pas de sens, ça ne fait plus de sens. Sa simple présence te rend agressive, et toute la rancune que tu abrites depuis tout ce temps, cette rancune qu'il a nourri avec chacun de ses appels, chacun de ses messages laissés sur ton répondeur, elle prend le meilleur de toi, le peu qu'il puisse te rester. Tu te fais mal aux jointures à serrer des poings ainsi, à te retenir de ne pas lui sauter à la figure, de ne pas lui refaire le portrait à cet imbécile de première. Qu'est-ce qui te retient vraiment? C'est flou, trop flou. Peut-être que c'est trop facile de lui faire mal avec ta force. Peut-être que pour une fois, t'as envie de lui faire mal avec tes mots. T'as envie de partir et qu'il agonise sur le sol, encore un peu plus. T'as besoin d'une vengeance, cold and simple.

« Hm. Ajoute le sexe et la musique pis ç'à peu près ça. T'es jalouse? Tu devrais tirer un coup, ça t'rendra p't'être plus aimable. » La gifle, elle part toute seule. Elle résonne, fort, trop fort encore dans tes oreilles. T'aurais voulu avoir plus de contrôle. T'aurais voulu pouvoir lui prouver que tu n'avais pas toujours besoin d'en revenir à tes mains, à tes poings pour lui faire mal. Mais il connaît encore trop bien tes points sensibles, ceux qui te font réagir instantanément et il en abuse le connard, comme s'il se faisait un plaisir fou à te torturer, à te faire encore plus mal que ce qu'il avait déjà fait. Parfois, tu te dis que ce serait tellement mieux si c'était lui sous terre, son nom d'écrit sur la pierre tombale, comme ça, t'aurais encore Riley près de toi. Et Riley, il t'aurait pas abandonné au beau milieu du bordel, Riley, il aurait su quoi faire, il aurait su quoi dire. Il était celui avec le plus de tête, le plus de raison entre vous trois. C'était injuste, terriblement ironique qu'il soit le premier à pourrir sous terre. Tu attrapes le joint encore à moitié fumé de ton frère de sur le sol et tu l'écrases entre tes doigts avec un sourire mauvais sur les lèvres. « Et puis quoi encore? J'préfère encore être une coincée qu'une ratée. Ça colle moins à la peau. » Qui sera le pire? Qui aura le dernier mot? Qui s'en sortira vivant? Un éternel combat, entre Quinn et toi. Mais c'est de plus en plus dégueulasse, jusqu'où vous êtes prêts à aller pour arracher un cri de douleur à l'autre. C'est dégueulasse de se dire que les liens qui vous ont unis, qui vous ont rapprocher, que ces liens sont détruits, des cendres, rien de plus que des morceaux de peaux moisis, en train de dépérir sous vos pieds, au même titre que Riley. Et puis fuck, jamais personne n'est revenu de la mort. Et votre lien, il est mort et enterré. Perdu à jamais. C'était peut-être ça le plan depuis le début. La vie vous a foutu ensemble, vous a fait survivre les pires horreurs pour finalement vous brisez au moment le plus débile qui soit. Peut-être que c'est la vie ou peut-être que c'est simplement la stupidité de Quinn. C'est de sa faute, entièrement de sa faute. C'est ce que tu te répètes en boucle depuis trop longtemps déjà. Tu y crois, dur comme fer. C'est pour ça que tu crois. C'est pour ça que tu veux qu'il dégage. T'as besoin d'espace, de beaucoup d'espace entre lui et toi. Tu ne veux plus jamais avoir à respirer le même air que lui.

Mais il ne t'entend pas. Il n'a jamais été très fort pour t'écouter de toute façon, c'est pas comme si t'étais réellement surprise. Mais tu trembles de colère et lui, il s'approche encore plus alors que tu retiens déjà ton souffle. Recule Quinn, bordel. Recule avant que je t'arrache la face. Tu sais que j'vais le faire. Fuck, j'suis sur le bord de me laisser faire. « Sinon quoi? » Tu ne le regardes pas, tu ne le regardes plus. Parce que de voir ses yeux vitreux, ses traits étirés par sa consommation excessive d'alcool et de drogues, ça te dégoûte, ça te fait pitié. Tu ne réponds pas, tu te contentes de te pincer les lèvres mais il s'approche encore et tu dois te rentrer les doigts dans les hanches pour ne pas lui envoyer une autre droite qui serait pourtant bien mérité. « Tu vas faire quoi, hein? » Tu recules, fais quelques pas vers l'arrière. Tes mains tassent automatiquement tes cheveux de ton visage, comme un putain de réflexe qui témoigne un peu trop de ton énervement, de ta patience qui se fait de plus en plus courte, de ton envie de tout détruire sur ton passage. « Me cherche pas Quinn, fuck. » Tu lui fais dos, pendant quelques secondes. T'as toujours eu la mèche courte, un trop gros tempérament. Y'en a eu des guerres entre lui et toi, des centaines et des centaines, fuck, mais jamais comme ça. Jamais aussi douloureuse, jamais aussi proche du coeur. Et putain, tu te sens presque en vie à nouveau, à ressentir des choses aussi fortes, avec une puissance qui t'était inconnue depuis si longtemps. T'avais tout sceller, enfermé quelque part en toi. T'avais pris l'habitude de centrer tes émotions dans le but d'en ressentir le moins possible. Mais là c'est trop, plus que t'es en mesure de supporter. T'es en train de perdre la tête, de perdre les pédales, et Quinn, il profite du spectacle, placé au première loge. L'enculé.

« J'dégagerai pas. J'suis p't'être pas venu chialer à son enterrement avec tous les connards qu'avaient rien de mieux à foutre, mais ca t'donne pas tous les droits. » Tu te retournes vers lui finalement, mais tu gardes encore une certaine espace, parce que t'as besoin d'avoir ne serait-ce qu'encore un peu de contrôle sur toute cette situation. « T'es tellement con. Tu comprends rien. » Tu le dis plus pour toi que pour lui, mais t'es a peu près certaine qu'il t'a entendu malgré tout. De toute façon, essayer de lui faire voir les choses avec un autre œil que son point de vue à lui, ça toujours été limite impossible avec Quinn. Avec toi aussi limite, mais ça, c'est une autre histoire complètement. « Tu crois quoi? Que j'ai besoin d'ton avis? Va t'faire foutre Alison. » Tu te contentes de rire. Il a pas besoin de toi et t'as pas besoin de lui. Et pourtant, vous vous acharnez à faire comprendre à l'autre que vous êtes mieux tout seul, que vous vous en sortez bien depuis que l'autre ne fait plus partie de votre vie. Mais c'est que des conneries tout ça. Parce que vos réactions et vos états respectifs, ils témoignent trop forts de votre mal de vivre, de votre mal-être. Mais si on ferme les yeux, on peut tout oublier. Alors aussi bien prétendre, ne serait-ce qu'un peu plus longtemps. « Ta morale, tu peux t'la mettre au cul. T'as pas l'monopole de la douleur alors arrête de vouloir jouer à la plus forte avec moi. J'te connais par coeur, c'pas à moi que tu vas faire peur avec tes grands airs. Et tu vois, sa putain d'tombe, c'est pas ta propriété – t'façon que j'sache, c'est marqué Riley, pas Alison. Alors j'viendrais si j'veux. Et si ça t'plaît pas, casse-toi. » Chaque mot résonne trop fort dans ton esprit. Chaque mot comme un couteau qui transperce ta chair comme celle de ton frère avait été transpercé, il y a si longtemps déjà. Tu chasses l'image de ta tête. Mais l'image est puissante, vivide. Tu regrettes encore à ce jour d'avoir été identifié le corps, d'avoir du faire face aux différentes horreurs qui avaient finalement tué ton frère. Mais Quinn, il était pas là, il avait pas été là. Et de prétendre le contraire n'allait pas certainement pas te faire plaisir. « Ça aurait aussi bien pu être mon nom vu comment tu t'es soucié de moi ou de lui lorsque c'est arrivé. » Tu sonnes incroyablement égoïste, t'en as rien à foutre. Parce que le plus égoïste de tous, ça restera Quinn, peu importe ce qu'on en dit. « T'as disparu comme si on existait plus, comme si on avait jamais existé, ni lui, ni moi. T'as perdu tous tes droits Quinn, que tu le veuilles ou non. » Tu revois encore trop facilement le jour de l'enterrement. Tu entends ta voix, le supplier au téléphone de venir, de ne pas te laisser toute seule. Fuck, des dizaines et des dizaines de messages, tous plus inutiles les uns que les autres. « J'étais parmi les connards ce jour-là, et toi, t'étais où? Nul part. Bah retournes-y avant que je t'y envoie avec toute la putain de force que je possède encore. Tu te casses Quinn, avant que je te casse pour de vrai. »

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