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 les échoués (saul)

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Saul Weiss
kill of the night


○ messages : 59

MessageSujet: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 8:45


Saul « Sham » Weiss
moi, je fais dans le sonore et le dégueulasse.


come drink the water

• âge › vingt-sept ans. • date et lieu de naissance › le 11 septembre 1980, dans Gentilly (Nouvelles-Orléans). • nationalité › américaine. • profession › chômeur aux yeux de l'Etat de Louisiane, leader des Old Shady Nippers, une bande qui règne sur Harcourt Drive dans le sud-ouest de Gentilly : il vit de la co-gestion d'un bouge, de trafics, combats. C'est de la rue qu'il vit. • orientation sexuelle › hétérosexuel. • situation amoureuse › serviteur de ses deux dames. • situation financière › la banque affiche perpétuellement dans le rouge et le fond de ses poches ne dit pas le contraire. • et vivre à la nouvelle-orléans, ces derniers temps, c'est comment ? › ça n'a jamais été le trip du siècle de vivre dans ce bled, et il a toujours fallu faire avec les nègres de Burbank Street et les latinos de Prentiss Avenue, mais aucun taré s'aventurait, dans votre quartier, dans votre putain de lit, pour un jeu qui consiste à vous latter la gueule de façon créative jusqu'à clamser. Avant, il n'avait pas besoin d'avoir peur ; c'était lui, le danger.
• groupe › flesh and bones (neuvième session).

• célébrité › dylan rieder. • crédit › fuckyeahdilanrieder.




some kind of madness

Saul est un grégaire : il fonctionne en meute, en clan. Tout le quartier, ce sont les siens, pareils à des parents, des frères et soeurs. Ils prennent soin les uns des autres et règlent leurs problèmes entre eux. On ne laisse personne dans la merde, de la vieille femme un peu trop seule, un peu trop vulnérable, au gars qui a des dettes ou des ennuis. La règle d'airain parmi eux : on n'appelle pas les flics.  On parle de lui comme du juif d'Harcourt Drive. Les siens, le bloc, l'appelle Sham. C'est moins un surnom qu'un titre, un synonyme de chef, que portait son prédécesseur, et le type avant lui. Il a les miettes d'une famille. Son père s'est explosé le crâne il y a une dizaine d'années et sa mère meurt à l'hosto. Il se connait trois demi frères et soeurs, s'il compte que la Louisiane. Saul n'a pas fait de prison mais il a ses petites habitudes au poste. Le peu de temps dépensé sur les bancs de l'école a été médiocre. Il n'a jamais été bon élève et personne n'est venu lui trouver de potentiel caché qui ne demandait qu'à être exploité. Il a plutôt passé son enfance dans les rues, son adolescence dans les bars. C'est simple : si on reconnaissait un type instruit aux coups qu'il a pris dans la gueule et ceux qu'il a rendus, Saul serait un érudit. Alors, bien sûr, il est un peu misogyne, un peu raciste, un peu tout ce qui revient au con moyen. Il n'a ni intelligence ni savoir pour lui, à peine du bon sens, la volonté de bien faire et un instinct quasi animal. L'ouragan Katrina a changé peu de choses aux environs. Leur quartier merdique s'est juste transformé en quartier merdique inondé, et ils l'ont défendu des pillards rue après rue. Personne n'a oublié, la catastrophe prégnante, mais les pertes en vies et matériels ont été supplantées par l'orgueil de tout un bloc. C'est aussi à cette époque que Saul a démontré son autoritarisme pour le plus grand bien et sa soif de prendre aux autres pour prodiguer aux siens. Comme tout louisianais qui se respecte, il possède son petit arsenal personnel et il est tout à fait capable de tirer depuis le pas de sa porte sur celui qui se croit un droit de passage dans le coin. Il a une gosse de quatre ans, qu'il n'élève pas et voit à l'occasion. Elle vit sous sa protection, alors qu'il est entendu avec la mère qu'il n'a qu'à rester loin. Il a tué. Même avant ce que les flics appellent la neuvième session, Saul avait le sang de plus d'un sur les mains. Le petit jeu mortel lui a laissé une belle et grande cicatrice entre la troisième et la quatrième côte. Elle rougeoie toujours et ça le lance encore. Saul n'est juif que dans le nom et la naissance. Les Weiss ne sont pas étouffés par l'orthodoxie à peu près depuis leur émigration. Sham a fait sa réputation dans le combat de rue. Il est moins puissant que d'autres, mais une plus grande violence niche dans ses entrailles. Au poing ou à la lame, il déploie une énergie considérable pour vaincre. Il fume comme il baise et comme il se bat ; beaucoup, par habitude, et pour caresser la limite. Saul n'a pas franchement de talent pour l'autodestruction. Il n'a juste aucune aptitude non plus pour la survie. Ça le conduit à des surcroîts de violence, de hargne, de meurtres. Il n'a jamais été aussi disposé à la guerre, même s'il doit l'accomplir seul. Pour ce genre d'expédition, il s'est néanmoins trouvé Ester. Ils vivent ensemble, avec Samira, et quelques Nippers. Il ne peut plus vivre autrement. Il est perpétuellement en colère. C'est bien simple, si Ester et Sam n'étaient pas, Saul aurait levé tous les types prêts à le suivre pour fouiller la Nouvelle-Orléans rue après rue et trouver cet enculé qui les a séquestrés. On peut dire que la petite expérience a été un échec pour le Tueur : Saul n'a pas appris combien il aimait vivre, il a appris combien il aimait tuer.



pursuit of happiness

• pseudo › balladur. • âge › quatre-vingt six ans. • pays › france. • comment as-tu découvert le forum ? › c'est Samira qui m'a montré la lumière. • un dernier mot à nous dire ? › allez, on va bien s'éclater... la gueule !

J'atteste par ailleurs qu'en créant ce personnage, je l'expose au danger d'être mis à l'épreuve par le Tueur au Puzzle.
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Saul Weiss
kill of the night


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MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 8:46



j'ai traversé la nuit.

Juché sur le bord de la fenêtre baignée de nuit, une jambe ramenée contre lui, et l'autre pendant dans le vide extérieur, Saul inhale pesamment de sa cigarette. L'air frais de ce début d'été lui entre par le-dessous, tracant son chemin sous le débardeur humide. Il retient un frisson, se mord la lèvre et aspire une nouvelle bouffée. Le tabac lui brûle la gorge, glisse, dévale, lèche ses poumons et s'insinue plus profond qu'il n'a d'imagination. Il observe, silencieux, la braise et la cendre mélangées qu'il tient du pouce et de l'index. Pensif, il tourne sa clope selon des angles aléatoires, la porte à la bouche puis recrache la fumée avec de la satisfaction. Sans l'ombre d'une intelligence, il réfléchit au contrôle que fumer exerce sur lui et sur sa vie. Il opte pour sa mort. Il provoque le destin. Le cancer des poumons, plutôt que celui de sa mère. C'est là toute la liberté offerte aux types comme lui... quel moyen veux-tu pour mourir ? la corde ? le flingue ? la maladie ? Choisis, l'ami. Il a autant de choix que l'existence lui oppose d'ennemis, ceux qu'il s'est fabriqués comme ceux qu'il s'est vu infligés. De la tristesse lui coule soudain dans les veines au point que ça lui peint la gueule, et l'impuissance emprunte les mêmes chemins. Le feu inextinguible de sa colère, miette par miette refoulée, lui fait écraser la cigarette pour moitié consumée sur le bois craquelé entre ses genoux. Il n'a plus eu ce choix. L'espace de quelques heures, un souvenir tiède, on lui a consciemment ôté ce choix. Ce fils de pute lui a pénétré le crâne et bousillé les derniers centimètres carré qu'il pensait posséder. En lui promettant de mourir, le sombre enfoiré lui a inspiré le besoin de vivre. Ça lui éclabousse le visage, ça lui bouleverse les intérieurs, et ça le déglingue à chaque inspiration : les gars comme Saul, ils préfèrent croire qu'ils n'ont rien à perdre, ou si peu, qu'ils peuvent voguer jusqu'au trépas, embrasser le péril, baiser le danger, et crever sans honte ni remord. Or, il ne peut pas.

Son regard tombe inexorablement sur Sam. Elle baigne dans la pénombre. Un coup d'oeil à sa montre : il est un peu plus de trois heures. Elle dort depuis une poignée d'heures, peut-être moins si elle persiste encore à faire semblant pour lui. Le lit trône au centre de la pièce, à distance raisonnable de tous les murs et de toutes les issues. Les objets ridicules en valeur sont à leur place, pareilles à de petites pièces de musée. Il règne, ici, un ordre qui n'avait encore jamais existé : Saul est presque surpris que lui ne la dérange pas, de seulement exister, de se mouvoir, de perturber l'équilibre qu'elle a si savamment élaboré dans la petite chambre du premier étage, sa chambre désormais. Il s'est, peu à peu, habitué à paraître étranger à sa propre demeure. Rien ne lui ressemble. Il ne trouve plus, rentrant, la maison dans laquelle il a grandi. D'ailleurs, il n'a pas vraiment grandi ici. Cette bâtisse, c'était le lieu de visite rituelle, son église dans Harcourt – lorsque les géniteurs ne pouvaient plus supporter de ne pas bousculer, caresser, pincer, le petit corps fait de fils et de bois de leur unique rejeton. Les fois où les Weiss le voulaient vraiment avec eux, Saul se souvient d'une maison de poupées où on le rangeait au milieu du bordel, le laissant crever de solitude. Ainsi, il a peuplé les murs, les sols et les plafonds de vie, de corps, et d'êtres. Il a laissé entrer des marées entières d'amis et de frères, pour se vautrer dans le silence et le rompre à jamais. Il n'a plus jamais été seul. Il n'a plus jamais possédé d'endroit. Et c'est elle, maintenant, qui anime, inspire, cette maison de carton. Il lui laisse toutes ces choses en autel. Il lui donnerait un monde à façonner en forteresse s'il régnait sur plus et sur plus loin.

Il glisse lentement du rebord, les pieds nus sur le sol. Prenant le soin d'éteindre le bruit, il ferme la fenêtre, par égard pour elle moins que par conscience de lui. Personne n'entrera – trop de gars à lui traînent de tous les côtés, surtout la nuit et surtout depuis des mois. Mais Sam, elle n'aimera pas s'éveiller et trouver l'embrasure ouverte sur l'extérieur, l'obscurité et la menace. Il pose un genou sur le lit et borde la jeune femme d'une autre couverture. Depuis la bouche, le souffle s'écrase contre la peau. Il effleure sa tempe sans la toucher et embrasse sans le faire. Tout entier, il se suspend, à sa fébrilité, à sa crainte, et à sa certitude. Samira Foxx est l'être le plus fragile que Saul ait vu de sa vie. Elle pourrait se briser, s'étioler ou s'anéantir. Ses mains seraient alors impuissantes à réunir tous les lambeaux, à rassembler et rebâtir l'altérable beauté de son essence. Il peine à ne pas caresser les lèvres qui soufflent doucement dans le sommeil. « J'les buterais tous pour toi. J'le ferais encore une fois. » Elle l'a guidé quand il avait le plus besoin d'obéir. Il lui semble, alors, qu'elle n'a pas fait que lui sauver la vie : un éclat s'est détaché d'elle pour se ficher en lui. Saul ne sait rien des circonstances qui lient les âmes, et il ne croit pas davantage l'ésotérique et le mystique. Il sait, en revanche, qu'à la seconde où elle disparaît, à l'instant où on la lui reprend, il s'évanouira lui aussi. Ester s'effacera avec eux. C'est le sceau apposé à leur front, c'est la loi qu'on impose à leur souffle.

Aucun ne peut vivre si les autres ne survivent.

Son corps lui est si distinct, le sommeil esquinté par la veille, il croit d'abord que ça vient de lui. Ça le prend aux tripes, alors il pense que le cri naît de ses entrailles et que les lèvres n'en peuvent plus de le contenir. Mais ça ne dure qu'une fraction de seconde, lente, infinie, même mortelle : « Ester ! » Il dévale l'escalier, sent le bois de la rampe qui lui chauffe sous la paume et manque de tomber en sautant les dernières marches. La sensation confuse d'avoir déjà vécu ces instants l'attrape au ventre, mais Saul s'efforce de repousser les hallucinations. Elle n'a rien. Elle va bien. Putain, bon Dieu, sale fils de pute, fais qu'elle aille bien. Il fend tout le rez-de-chaussée pour se précipiter vers le réduit qu'elle occupe. Il enfonce pratiquement la porte, qui cède autant qu'elle n'était pas fermée. La petite chambre est éclairée d'une ampoule nue suspendue au plafond. Elle se balance, en des sens si différents qu'elle n'a pu être agitée que par la main de l'homme. Le souffle coupé par la peur, il observe le spectacle de Lowell penché sur Ester et contenant, ou tentant de contenir, les mouvements compulsifs et guerriers. Lowell est son ami depuis si longtemps, et si bien, et, cependant, Saul se sent près de le battre comme un chien enragé lorsqu'il lui saisit les épaules et le rejette à bas du lit : « La touche pas, sale connard ! » Il ne sait pas ce qu'il imagine. Ce que l'autre a pu faire. Il l'oublie le temps d'approcher Ester, qui lui vrille l'arcade d'un revers de la main. Saul se plie en deux et il siffle, les phalanges à la lèvre qui suinte déjà le sang. Négligeant son propre bien, il l'attrape, la retient contre lui, son torse contre son dos. Elle pousse de toutes ses forces, une énergie qui devrait le submerger. Il refuse de presser la gorge comme il sait qu'il peut le faire. « C'est moi, se brise sa voix contre l'oreille. Ester, il supplie, il gémit. C'est Saul. T'as rien à craindre... C'est moi, il souffle en étouffant son propre sanglot. Il va rien t'arriver et c'était qu'un cauchemar. » Par il ignore quel prodige – les médicaments, peut-être, elle ne répond à aucune de ses invectives. Sans diriger sa violence contre quiconque en particulier, elle griffe, mord et l'oblige à une défense bien meilleure qu'il ne peut. Lowell s'est redressé et accourt pour l'aider. Deux autres des Nippers sont entrés et le suivent. Ils tentent d'attraper la jeune femme aux jambes, ce qui l'a fait redoubler de fureur si c'est encore possible. C'est un concert de coups étouffés, de grognements, de cris, de plaintes et d'injures. Dans la débâcle, Saul croit surprendre un appel. Il lève les yeux, rien qu'une seconde, le visage déformé par l'effort de camisole, et Sam est là, découpée dans l'ombre de la porte, sans que son expression, face à pareil spectacle, soit déchiffrable depuis la scène. « Remonte, il ordonne en essuyant un sursaut. » Elle n'obéit pas. « S'il te plait, dit-il d'un ton haché par les coups convulsifs d'Ester. Remonte ! » Furieux qu'on n'exécute pas sitôt qu'il commande, il serre Ester un peu plus contre lui, exhortant tous les autres combattants à être distants d'un bon pas. Il capte le temps qu'il faut à la jeune femme pour souffler afin d'expirer à son tour : « Louis, claque la langue qui ne souffre pas la protestation. Fais remonter Sam. Gentiment, putain, ou je t'éclate. Et les autres, dégagez. » Saul n'attend pas de voir qu'on œuvre à le contenter. Il ne peut pas lutter éternellement. En vérité, ses muscles gueulent après lui et lorgnent sur l'abandon. Dans une dernière poussée, il s'empare de la gorge d'Ester et la force à s'allonger, pesant de son poids contre elle pour compenser le peu qu'il faudrait à la serbe pour le tuer. Il isole chaque poignet de part et d'autre de la tête. « Tu veux pas me tuer, Ester. T'entends ? il halète à rien de son visage. C'est moi, qu'il cherche son regard dans les pupilles qui ne le voient plus. Tu vas pas me tuer après tout ce qu'on a fait pour survivre ! » Il doit capter de son attention, même un fragment. Elle interrompt une nouvelle ruade pour l'observer, une sorte de conscience pour émerger entre leurs corps exténués. C'est peut-être un de ces endroits obscurs qu'il atteint, mais elle se calme en même temps qu'elle le force constamment à s'écarter. Il y consent immédiatement, rassasié, soulagé, de trouver une lueur qu'il connait et qui le reconnaît. Saul lève les deux paumes ouvertes en se dressant sur ses deux jambes. Il recule. Un pas. Un autre. Ses épaules heurtent le mur et il prend le temps d'une ou deux inspirations profondes. L'oxygène lui a manqué au point qu'il se sent con, démuni et foutu. Le dos voûté, douloureux, il pose les mains sur ses genoux, respire encore. Il lève deux pupilles alertes sur Ester, qui est demeurée immobile. Elle transpire la fatigue, elle aussi, et ça le rassure – de sentir qu'elle ne peut pas puiser plus loin qu'il ne peut lui résister. Jusque-là. Une fois de plus. Une nuit encore. « Je vais aller péter la gueule de Lowell, il s'essouffle en s'élançant vers la porte. » Comme elle lui vient depuis le côté, il se protège machinalement les côtes et les arcades. Or, si elle fond sur lui et le cloue à la porte, elle approche son visage du sien contre tous les instincts. Elle ne l'embrasse pas. Elle ne le frôle pas non plus. Il sait que c'était là l'intention soudain éclose dans cet être scarifié. Mais elle reste ainsi, à une distance indécente pour le commun des gens, insupportable pour Saul. Il fige ses iris aux iris, il l'interroge, le cœur battant. Il le ferait. S'il sentait qu'elle le pouvait, s'il sentait qu'elle le supporterait, il mangerait à cette bouche qui tremble. Mais il sait. Et elle s'est arrêtée. Il acquiesce lentement, et passe les doigts autour des poignets qui le retiennent. Avec une armée de précautions, il se délivre de l'empreinte militaire. Elle n'oppose aucune résistance, cette fois. Elle renonce et fait plusieurs pas en arrière. Elle ne le mordra plus. Quand il semble à Saul qu'elle l'y autorise, alors seulement il accepte de sortir.

« Qu'est-ce que t'as fait ? aboie Saul qui s'extirpe. » « Mais rien, j'te jure. Elle s'agitait, je sais pas. Je voulais juste la réveiller, voir comme ça allait. » Dépassant la table et se reposant au silence, Saul passe près de son camarade en esquivant sa tentative de contact. « Elles peuvent pas rester à Harcourt. » Lowell est catégorique. Il a attendu, semble-t-il, toute sa patience dans la cuisine sordide et les mots lui échappent comme une récitation. « Sham... insiste le Nipper. » Saul l'ignore pour mieux se modérer, pour répartir les frustrations et les douleurs. La nuit a été épouvantable alors que la nuit n'a duré que quelques minutes. « Elles sont tarées ! » « Je suis taré ! le prévient l'autre d'un ton sec en faisant volte-face. » A cela, Lowell ne répond rien, les bras croisés sur la poitrine, les yeux plissés. Il ne braillera pas ce qu'il pense et, de toute façon, c'est parfaitement inutile. Saul s'appuie des deux mains sur le bord de l'évier crasse – il va vomir. Il pourrait également se fracasser le crâne contre le robinet, et voir tout le sang qu'il est capable de renfermer se déverser dans le siphon. « J'ai besoin d'elles, soupire-t-il vaincu. » Comme il n'aura pas le courage de le dire et de dévisager Lowell, il garde obstinément le regard pour les tréfonds, ses cheveux luisant de sueur pour lui cacher l'horizon d'aucun monde. « Je crève si elles me laissent... Je crève si n'importe qui leur fait du mal. » Éreinté et suppliant après un moment de repos, une mesure de néant, il tombe à genoux, le front forçant après le bois qui refuse de plier. « Je crève n'importe qui qui leur fait du mal. » Lowell dit quelque chose. Il n'entend pas. « J'serais mort, il articule, la bile aux lèvres, sans elles. Et j'vais mourir pour elles. J'vais tuer, j'vais mourir pour elles. » Il lève le regard. Il sent Ester. Il se raidit : il ne veut pas qu'elle le voit comme il est. Il se tait et il ne promet rien. Un petit sourire triste s'étale sur ses lèvres ; il s'accroit lorsqu'elle part.

Plus tard, Saul les rejoint. Il s'endort dans la douleur. Un picotement sous la paupière le force. Il ne le veut pas : il aime à les regarder, dormir et s'apaiser. Elles sont belles. Pas comme les femmes. Comme les siennes.

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Vince O'Reilly
kill of the night


○ messages : 98

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 10:24




Bon on a hâte de voir ce qui se prépare du coup
Bienvenue
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Alma Everett
admin ○ nightcall


○ messages : 363

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 10:34

Officiellement bienvenuuuuue gosh, Dylan + le pseudo, ça claque sérieux. Et ce débuuuuut, j'sens déjà que le personnage va être trop cool, j'viendrai sûrement exiger des liens m'voyez du coup bon courage pour la suite, j'ai vraiment hâte d'en lire plus, et surtout de voir c'que votre trio nous réserve. (que de belles choses, probably )
Pis si t'as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas.

_________________
    ain't going down like this ○ stand tall for the beast of america, lay down like a naked dead body. keep it real for the people working overtime, they can't stay living off the government's dime. stand tall for the people of america, stand tall for the man next door ; we are free in the land of america.
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Andrew Barnett
admin ○ nightcall


○ messages : 207

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 11:12

Bienvenue Bonne chance pour ta fiche, si tu as des questions, n'hésite pas
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Reese Jackson
admin ○ nightcall


○ messages : 634

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 12:05

Je connaissais pas Dylan mais omg il claque trop. et puis ton début de perso promet tellement, j'ai vraiment hâte de voir ce que vous allez faire, tous les trois. I love you

Bienvenue sur le forum, en tout cas. I love you bon courage pour la suite de ta fiche et puis si t'as besoin de quoi que ce soit, surtout n'hésite pas, ma boîte MP est grande ouverte.

_________________
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Ysmael Muñoz
kill of the night


○ messages : 273

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 14:53

ermagad ce style de sa race maggle
bienvenue bogosse

_________________
MACHINE À BONHEUR.

je donne le nom d'une jeunesse dévorée par les guerres et les catastrophes, par ce mouvement mécanique qui vous est si cher. {...}
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Henry Kovacs
kill of the night


○ messages : 76

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 15:32

DYLAN, DYLAN QUOI.
Bienvenue à toi
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Anya Mercer
kill of the night


○ messages : 139

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Mer 16 Sep - 21:37

bienvenuuuuuue
bonne chance pour ta fiche
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Saul Weiss
kill of the night


○ messages : 59

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Jeu 17 Sep - 9:10

On a intérêt à assurer, maintenant. Trop de pression sur nos petites épaules.
(et je vois qu'on s'excite tous pour Dylan, c'est bien. )

Merci beaucoup et, à la moindre question, j'ai toutes vos boites mp(orn).
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Henry Kovacs
kill of the night


○ messages : 76

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Jeu 17 Sep - 10:24

Saul Weiss a écrit:

(et je vois qu'on s'excite tous pour Dylan, c'est bien. )
oh ça oui
moi je suis pas du staff mais je suis pas contre les petits mporn
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Saul Weiss
kill of the night


○ messages : 59

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Ven 18 Sep - 21:55

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Reese Jackson
admin ○ nightcall


○ messages : 634

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Sam 19 Sep - 3:20

roooooh, je suis une fan finie de ton personnage et de ta plume, comme tu n'as pas idée. ta fiche était un vrai bonheur à lire, j'aime vraiment comment tu écris et ce que tu as fait de saul. et par ailleurs, je suis juste fan de la relation sam&saul&ester, vous êtes trop parfaits, j'suis tellement heureuse que vous soyiez venus prétendre à la neuvième session. en bref, j'ai rien à redire, si ce n'est que c'est un vrai bonheur de te valider, et que tout est parfait. je te réserve un lien avec mon p'tit nouveau, Fitz, ils ont trop de points communs pour qu'on puisse y échapper. et t'façon je viendrai te harceler avec les autres aussi parce que voilà, t'es parfait.

sur ce, amuse-toi bien sur le forum. I love you




CONGRATULATIONS
bienvenue dans les rangs !

Bonjour, Saul, et bienvenue dans ma ville. J'ai entendu dire que tu prétendais ne pas avoir appris le goût de la vie, à la suite de l'épreuve que je t'ai fait passer. Je crois que tu as tort ; je crois que la vie peut autant passer par le goût de donner la mort, autant que par l'amour que tu portes à celles qui ont été tes plus fidèles alliées dans ta survie. Protège-les. Aime-les. Mais fais attention à toi. Nos erreurs finissent toujours par nous rattraper.

Félicitations, mon brave. Tu t'en doutes sûrement, mais si tu vois ça, ça veut dire que tu es enfin officiellement des nôtres, avec une jolie couleur et tout le package. Nous t'invitons par le biais de ce petit formulaire à passer par la suite dans quelques sections importantes pour ton intégration au forum et au jeu. Nous, on s'occupe de recenser ton avatar et ton pseudo, mais si tu veux recenser ton métier, ton logement, ton numéro de téléphone ou ton adresse mail, c'est à toi de le faire ! On t'invite également à aller faire un tour du côté des fiches de liens, pour te trouver plein de copains, ainsi que des rps. N'hésite pas non plus à remplir notre partie scénario de tes idées ! Et n'oublie pas d'aller voter pour nous toutes les deux heures, histoire de ramener encore plus de potentielles victimes pour notre tueur d'amour ! Faut bien le nourrir, le petit.

Et surtout, si tu as la moindre question, n'hésite pas à t'adresser à Fred (ou Maddox), Alma (ou Quinn), Judith (ou Elijah), ou bien Alison (ou Aslinn) ! I love you

_________________
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Saul Weiss
kill of the night


○ messages : 59

MessageSujet: Re: les échoués (saul)   Sam 19 Sep - 10:37

Merci. On va s'faire un lien, allez.
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MessageSujet: Re: les échoués (saul)   

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