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 requiem pour un con. (quinn)

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Quinn Margolis
admin ○ nightcall


○ messages : 198

MessageSujet: requiem pour un con. (quinn)   Ven 11 Sep - 3:37


quinn gabriel margolis
you're a fraud and you know it


come drink the water

• âge › Ça fait déjà vingt-six ans qu’il passe son temps à emmerder le monde avec un air de défi et c’est à se demander comment il a survécu jusque-là. Mais on se trompe souvent sur son âge – on le pense plus vieux quand il a des valises sous les yeux et une allure de déchet ; plus jeune quand il affiche son éternel sourire de sale gosse. On peut bien penser ce qu’on veut au final, il s’en tape et pis il aura jamais la dégaine d’un adulte responsable, quel que soit le nombre d’années qu’il a au compteur. • date et lieu de naissance › C’est un trois juin qui a vu débarquer un monstre à trois têtes, des foutus triplés destinés à semer le trouble partout où ils passent. Quinn, c’est le second, celui du milieu – mais plus maintenant : il est devenu l’aîné. Ils sont nés à Bâton-Rouge, mais c’est la Nouvelle-Orléans qui les a vu grandir. • nationalité › Américaine évidemment, c’bon vieux pays qui l’a vu pousser ses premiers cris et faire ses premières conneries. Parfois il s’demande – y a quoi dans son sang ? Pas de la pure Amérique, il en est persuadé. Mais il pourra jamais savoir pour de vrai, ça restera qu’une foutue inconnue dans son équation, alors il choisit d’en faire ce qu’il veut. S’inventer des origines de tous les coins, c’est plus drôle qu’accepter l’ignorance de ses propres racines. • profession › Musicien de son état, il est surtout trompettiste sans groupe fixe, navigant là où on veut bien de lui. Ça change quasiment tous les jours et il joue un peu partout ; un soir dans une réception chic et le lendemain dans un bar crasseux, à une soirée privée so jazzy puis dans le hall d’un centre commercial. Mais c’est pas suffisant tout ça, alors il s’improvise arnaqueur du dimanche, pickpocket trop fourbe et emprunteur de fric sans frontières. Une charmante petite vermine ambulante, en somme. • orientation sexuelle › Attiré aussi bien par les damoiseaux que les donzelles, il a vite pigé qu’il était bisexuel et ça lui a jamais posé le moindre problème. Au contraire, il y voit que des avantages, puis il aime en jouer dès que l’occasion se présente. Si vous voulez son avis, c’une pure aubaine. • situation amoureuse › Célibataire, mais rarement seul. Il a tendance à se taper à peu près n’importe qui, n’importe quand, n’importe où et n’importe comment. Faut dire qu’il est loin d’être regardant, le bougre. Une jolie fille ou un quarantenaire malheureux, une femme mariée ou un drôle d’estropié ; tout peut faire l’affaire. Surtout s’il a un but en tête, parce qu’il hésite pas à offrir son corps quand c’est pour la bonne cause – autrement dit : la sienne. Un peu comme une pute, sauf qu’il fait pas les trottoirs en petite tenue. • situation financière › Ça va, ça vient, c’est bancal comme un château de cartes mais ça lui va. Y a des fois où il s’la joue milliardaire parce qu’il a gagné un peu de thunes, et d’autres où il se retrouve presque clochard à force de tout flamber. Ça tangue et puis sa liste de dettes s’allonge un peu plus chaque jour en menaçant de le faire sombrer. Mais il y peut rien, ça doit juste être le destin ou même une histoire de génétique ; il sait pas mais c’pas sa faute, promis juré. • et vivre à la nouvelle-orléans, ces derniers temps, c'est comment ? › Franchement ? Ça le fait flipper. C’est pas pour rien qu’il s’est tiré, et il avait pas l’intention de revenir de sitôt. Mais il a pas eu le choix, alors il s’est dit qu’il ferait que passer, qu’il repartirait aussi vite que possible et que tout serait terminé. Pourtant ça fait près d’un mois, et il est toujours là. Faut croire que sa ville lui manquait trop pour qu’il puisse se résoudre à la quitter une seconde fois, même s’il continue de se répéter qu’il le fera bientôt. Alors il joue à l’autruche mais la peur est toujours là, enfouie quelque part au creux de ses tripes – et si Jigsaw venait après lui, puisqu’il a déjà eu la peau d’son frère ? Et s’il le faisait payer à son tour ? Il fait tout pour pas y penser, le sale gosse. Il se complaît dans ses excès et il prétend oublier le reste, mais au fond, il sait. Le karma finira bien par lui revenir dans la tronche, et il pourra rien y faire. • groupe › Sound of silence. • célébrité › Dylan O'Brien. • crédit › stvlinski@tumblr.


some kind of madness

Quinn, on sait jamais dans quel état on va le trouver. Y a des jours où il se balade comme une star de cinéma, tenue chic et lunettes de soleil, tignasse domptée et sourire étincelant. Puis d’autres où il a l’air d’un clochard, avec ses fringues dégueulasses, son allure de Robinson Crusoé, son teint cireux et ses énormes cernes sous les yeux. Y a pas beaucoup d’entre-deux, avec lui. Sans-gêne et sans tabou, il a tendance à prendre ses aises partout où il passe, sans jamais se soucier de l’avis des autres ou des bonnes manières. Et puis, il a des p’tites tendances nudistes – à poil les trois quarts du temps quand il est chez lui, mais même ailleurs ça l’dérange pas. Il pourrait même se trimballer cul nu dans la rue que ça lui ferait ni chaud ni froid. La musique, c’est le véritable amour de sa vie. Il est tombé dedans quand il était p’tit, et depuis, il en est raide dingue. Il a touché à tous les instruments, en maîtrise même plusieurs à divers degrés. Il est très bon à la guitare, au piano, et à l’harmonica ; plutôt doué à la batterie et à l’accordéon ; puis il se débrouille pas trop mal au violon et au trombone. Mais lui, son dada, c’est la trompette. C’est là qu’il excelle. Quand on grandit balloté entre les foyers et les familles d’accueil merdiques, entouré de vermine, on apprend à sauver ses miches comme on peut. Quitte à trahir et retourner sa veste dans tous les sens ; franchement il s’en fout, tant que ça peut l’aider à s’en sortir. Un peu girouette, sa loyauté elle va à lui-même et puis c’est tout. Les seuls pour qui il pourrait risquer sa peau, c’est ses triplés, Alison et Riley. Maintenant, y a plus qu’Alison. Petit con de première, il en rate jamais une, toujours occupé à provoquer et raconter n’importe quoi. Ça l’amuse, de faire tourner les gens en bourrique, mentir sur les sujets les plus anodins et tester les limites. Faire chier le monde, c’est devenu tout un art qu’il maîtrise à la perfection. Dans la même veine, il doit du fric à tout le monde. Il passe pas un jour sans croiser quelqu’un qui lui réclame de payer sa dette, mais il le fait jamais. Et il réussit toujours à trouver de nouvelles âmes charitables prêtes à lui filer un peu de thunes pour le dépanner, sans savoir dans quel merdier elles se fourrent. Les pauvres. Son train de vie est loin d’être exemplaire mais il s’en tape. Il dort généralement pas assez, passe des jours sans manger puis se fait un festin, il boit, il baise, il fume – et pas que du tabac. Ça lui convient. Il vit, un point c’est tout. Quand il était gamin, on l’a initié aux joies du baseball. Il a immédiatement adoré, et a entraîné son frère dans sa toute nouvelle passion. Ils sont même devenus sacrément bons les bougres, surtout quand ils faisaient équipe. Mais il a arrêté de jouer depuis un moment déjà. La violence, c’est pas franchement son délire, à la base. Il a jamais été très doué pour se battre, préférant fuir – il pourrait même rivaliser avec Speedy Gonzales tellement il est devenu rapide, à force de s’être fait courser. Le reste du temps, il s’en sort avec les mots ou en jouant à l’anguille qui esquive les coups. Et quand ça marche pas, on le retrouve avec une gueule cassée. Ça étonne plus personne. Il possède un seul et unique tatouage, qui est franchement loin d’être glorieux : un petit cupcake rose, sur sa fesse droite. L’horreur a été faite quand il était défoncé, faut l’excuser. T’façon il le vit plutôt bien, ça le fait marrer de l’exhiber. Sur sa peau, on trouve aussi des p’tites cicatrices ici et là, souvenirs de ses bêtises et les fois où on lui a cassé la gueule. La seule qui est vraiment moche, c’est celle sur sa hanche gauche, résultat d’une entaille profonde et mal traitée. Mais celle-là, il veut pas en parler. Parce que celle-là, il aimerait juste l’oublier. Petite frappe du dimanche, il arrondit ses fins de mois comme il peut avec des arnaques plus ou moins bien ficelées. Rien de grandiose, il a rien du génie du crime ou quoi qu’ce soit du genre. Il s’attaque principalement aux touristes et autres pigeons, pis jusqu’ici ça lui a plutôt bien réussi. Il supporte pas d’être dans le noir, et la nuit il laisse toujours la fenêtre et les volets ouverts, pour avoir droit aux lumières et aux bruits de la rue. Même ça, ça l’empêche pas d’avoir un mal fou à trouver le sommeil, mais ça aide un peu. D’un naturel farceur, il joue toujours des tours à tout le monde. Mais ses cibles favorites, ça reste les enfants. Ils sont mignons, avec leurs grands yeux brillants et leurs exclamations ébahies. Leur innocence l’émerveille autant qu’elle le fait rire, et il adore la facilité avec laquelle on peut devenir un héros à leurs yeux. Sûrement pour ça qu’il s’entend si facilement avec eux. De retour en ville depuis environ un mois, il a toujours pas pris la peine de se trouver un logement, encore persuadé qu’il restera pas. Alors il crèche dans un motel pourri, entouré de ses quatre cartons – deux pour sa collection de CDs, deux pour le reste de ses affaires. Mais il y passe pas beaucoup de temps. Il trouve toujours le moyen de squatter chez quelqu’un, bien souvent en passant la nuit dans leur pieu. Son attitude d’enfoiré je-m’en-foutiste, c’est devenu une façade, son meilleur rempart. La vérité c’est qu’il arrive même plus à se regarder dans un miroir sans voir le sang qu’il a sur les mains et puis son frère, ce foutu visage identique au sien qui est six pieds sous terre. Quinn, il montre rien de tout ça, mais il a l’impression de pourrir de l’intérieur. Il s’fait bouffer par la culpabilité et il est pas foutu de l’arrêter.


pursuit of happiness

• pseudo › serial chiller, aka Marion. • âge › Vingt ans. • pays › Douceuh Franceuh, cher pays de mon enfanceuhh • comment as-tu découvert le forum ? › Je sais pas. • un dernier mot à nous dire ? › I WANT FABULOUUUUS, THAT IS MY SIMPLE REQUEST.
J'atteste par ailleurs qu'en créant ce personnage, je l'expose au danger d'être mis à l'épreuve par le Tueur au Puzzle.
passeport :
 

fiche (c) elephant song.

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    the devil is my pal ≈ people talking shit, they can kiss the back of my hand. i know i'm not a saint, i've been a sinner all my life. i ain't tryin' to hide my flaws, i'd rather keep them in the light. they want to criticize, scrutinize, cast another stone, burn me at the stake and sit and watch it from their throne.
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Quinn Margolis
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MessageSujet: Re: requiem pour un con. (quinn)   Ven 11 Sep - 3:38



in life we can't be free


{ i. }

Son dos s’écrase contre la surface compacte du mur, lui arrachant un grognement de douleur alors qu’il sent des mains lui empoigner le col, une silhouette se rapprochant dangereusement de lui. « Répète un peu, pour voir. » Quinn pose les yeux sur son assaillant, cherchant même pas à se débattre. Au contraire. Il reste là où on l’a collé, plaqué au mur de tout son long, ses bras reposant tranquillement contre ses flancs pendant qu’un sourire insolent lui fend le visage. « J’disais simplement que ta violence était certainement causée par un complexe d’Œdipe non résolu, et une forme de frustration sexuelle. Puis j’me suis porté volontaire. Parce que j’suis une âme charitable, et que j’voudrais pas te voir continuer à abîmer de si belles mains contre les murs alors que tu pourrais les glisser dans mon caleçon. » Et il hausse les épaules, le p’tit con. Parce qu’il sait qu’il joue un jeu dangereux, et quitte à le faire, autant y mettre tout son cœur. Rien qu’à voir la tronche de l’autre, ça en vaut largement la peine – tant pis s’il sait qu’il aura droit aux représailles. Ça l’empêche pas d’afficher cet air fier de lui.

Le poing s’abat sur sa mâchoire, sa tête suit le mouvement et cogne contre le crépi défraîchi. Y a un filet de sang qui se pointe dans sa bouche et sur ses lèvres, mais il s’en fout. Il continue d’exhiber ce rictus provocateur, passant sa langue lentement sur le carmin qui lui peint les lippes, sans quitter son agresseur du regard. « Tu viens d’prouver mon argument, tu vois. » Cette fois, il a le temps de voir le coup venir et il se décale pour l’éviter de justesse, pendant que l’autre lâche un rugissement quand ses phalanges émettent un craquement en allant embrasser le mur. Et Quinn, il en profite. Il s’échappe de là, laisse ce pauvre type ruminer dans son coin, bien décidé à se tirer. Il offre un salut militaire aux deux acolytes restés plantés là tout ce temps, mais avant qu’il puisse les dépasser, l’un d’eux le chope par le poignet et lui tord à moitié le bras. « Ow ow ow, on peut arrêter d’faire ça ? J’aime pas trop. OW. » Il se fait coincer entre les deux abrutis, incapable de libérer ses bras, et le p’tit chef en profite pour se ramener, l’air franchement pas content. On s’demande pourquoi, hein.

« Ok, j’ai pigé, t’aimes les trucs un peu brutaux. Ça m’dérange pas, ça m’plaît aussi, mais faut qu’on trouve un safe word d’abord, baby. Qu’est-c’que tu dis de : placard ? » La réponse se fait pas attendre, c’est son ventre qui récolte ce que sa bouche a semé et il se met à tousser sous la violence de l’impact. « Yep. T’aimes pas... T’aimes pas placard. C’noté. Pourtant ça t’va foutrement bien. C’est do– » Il a même pas encore eu le temps de reprendre son souffle ou de finir sa phrase qu’il reçoit un nouveau coup, et il arrive pas à retenir un petit gémissement à mesure que la douleur se propage. « J’vais t’apprendre à fermer ta gueule. » Y a un ricanement qui lui échappe, à moitié brisé, mais bien là. « Bonne chance, mec. »

Faut dire que Quinn, il sait pas se taire. Il l’ouvre toujours quand il faut pas et ça finit constamment dans des situations comme celle-là ou pires, ça laisse des traces sur son épiderme mais ça reste pas et son air de sale gosse demeure intact quoi qu’il arrive, prêt à défier la Terre entière. Il s’en tape, de s’faire casser la gueule ici ou là. Il prend son pied quand même.

Préparé à recevoir le coup suivant, il hausse les sourcils en voyant une main l’arrêter, tournant la tête pour découvrir sa propriétaire. Alison, avec son regard le plus noir, bien plus flippante que les trois rigolos occupés à lui faire la misère. « Touche mon frère encore une fois, et j’te coupe les bijoux d’famille. » La menace est pas en l’air, ils le savent bien – y a qu’à voir leurs mines déconfites. On dirait presque qu’ils hésitent à la frapper aussi, pis un raclement de gorge les en dissuade. Y a Riley, pas loin, bras croisés contre son torse, les jaugeant de ses prunelles impassibles. Il  a gagné. Il gagne toujours, quand ses triplés sont dans les parages.

Les trois débiles grognent à moitié mais se décident quand même à foutre le camp, pendant que Quinn se redresse avec son foutu sourire victorieux. Mais il écope d’un coup de la part de sa sœur, visiblement énervée de le retrouver une fois de plus en mauvaise posture, pendant que leur aîné se contente de lever les yeux au ciel. Et Quinn se marre. Parce qu’il sait qu’avec eux, il est invincible.


{ ii. }

Y a du rouge partout sur ses doigts. Il est pas foutu de regarder autre chose que ça. Ses prunelles se perdent sur son épiderme souillé et il se sent submergé par des rivières pourpres, à moitié noyé dans l’hémoglobine qu’il a fait couler. « Quinn. » Le ton est calme mais ferme, comme toujours. Lentement, il lève les yeux vers son sosie, la gorge tellement sèche que ça fait un effet papier de verre quand il essaie de parler. « Quoi ? » On dirait même pas sa voix. C’est à demi étouffé, tellement rauque que c’est douloureux à entendre, et aussi bancal que lui. « Tu comptes m’expliquer c’qui s’est passé ? »

Le film rejoue dans sa tête. Il revoit ce type arriver, sans qu’il le reconnaisse tout de suite. Un gars de plus à qui il doit du fric. Un gars de plus qui a juré d’lui faire la peau. Mais lui, il a décidé de tenir sa promesse. Lui, il est venu accompagné d’un couteau de chasse et il a voulu lui sauter à la gorge. Tout le reste, c’est confus, c’est flou, ça se mélange et il en oublie la moitié. Il se souvient de la lame qui entame la chair de sa hanche gauche. Des insultes et des menaces qui se répandent comme un torrent en colère, du corps collé au sien, des coups qui sont tellement chaotiques qu’il sait plus si ça vient de lui ou de l’autre. La portière de son pickup qui se referme à moitié sur ses doigts, son cri, sa batte qui rencontre finalement sa paume. Et le sang. Il a frappé. Il s’est plus arrêté. Jusqu’à ce qu’y ait plus de visage à cogner, juste une masse informe.

On le secoue doucement, et il se souvient que c’est parce qu’il est censé répondre à une question. Alors il hausse les épaules, les yeux perdus on n’sait trop où, complètement déconnecté de la réalité. « Le remboursement d’mon prêt s’est pas trop mal déroulé. J’ai plus de dette. » Y a un temps de pause, la tension dans l’air s’étirant pour prendre toute la place. « Quinn, bordel. Ce mec est mort. » « J’ai pas dit que ça s’était déroulé parfaitement. Y a eu un p’tit accroc. » Ça semble même pas réel, tout ça. On dirait un mauvais rêve, un cauchemar idiot duquel il va se réveiller d’une seconde à l’autre – ça fait une éternité qu’il attend et que ça vient pas. Il arrive pas à associer les images de ce qui vient d’arriver avec lui. Ça veut pas. Ça colle pas. C’était pas lui. « On croira jamais qu’c’était de la légitime défense. J’te jure que ça l’était. J’te jure, Riley. Faut qu’tu m’croies. Mais regarde sa gueule. Il en a même plus. » Il se prend la tête entre les mains, sans réaliser qu’elles sont toujours pleines de sang. Séché, certes. Mais du sang quand même. Et pas le sien. « J’peux pas aller en taule. Tu sais c’qu’ils font aux mecs comme moi ? J’survivrais pas une semaine. J’suis trop mignon pour aller en taule. Ils vont m’bouffer tout cru, et pas dans le bon sens du terme. » Y a les phalanges de son frère qui se posent sur ses épaules, ça fait comme un point d’ancrage pour l’aider à reprendre pied alors qu’il est en train de sombrer, quelque chose sur quoi se concentrer pour pas crever. « Tu vas pas aller en taule. C’mec, c’est un connard, il manquera à personne. Et personne sera étonné qu’il ait disparu. Personne y fera gaffe. Même les flics, ils ont d’autres chats à fouetter. Personne saura. » Il a raison. Quinn sait qu’il a raison. Mais ça efface pas ce qu’il a fait. Eux, ils savent. Eux, ils oublieront jamais ce soir, le rouge sur ses mains et sur sa batte, sur ses fringues et son visage. Ils oublieront jamais ce qu’il a fait.

« Alison doit pas savoir. Elle peut pas. Tu peux rien lui dire. Promets-moi. » Il a trop peur qu’elle comprenne pas. Qu’elle pardonne pas. Il sait qu’elle le trahirait jamais, mais elle le verrait plus d’la même façon. Alison, c’est quelqu’un d’bien. Sûrement la meilleure de leur trio. « Promets-moi. » Riley soupire, et acquiesce. « Promis. » Ça restera entre eux. Le secret dégueulasse qui reste coincé dans le fond de la gorge, avec ce putain de goût trop amer qui file la gerbe. Le pacte de sang – mais pas le leur. Le squelette dans le placard, qui reviendra les hanter la nuit. La gangrène, elle est pas juste dans les rues de leur ville. Elle est dans leurs cœurs.


{ iii. }

« Hey Al’, c’est moi.

J’vois que t’as toujours pas envie de répondre. C’pas grave, je comprends. J’crois. J’voudrais juste savoir comment tu vas. Comment tu t’en sors, si tu tiens le coup, tout ça.

Je sais qu’tu m’en veux. Et j’peux comprendre. Mais s’tu pouvais juste me répondre, ou m’envoyer un message, ou j’sais pas. C’que tu veux, en fait. Juste me donner des nouvelles, un peu. Et, hm, c’est tout.

J’te laisse. Fais attention à toi. »

≈≈≈

« Yo. Encore moi.

Toujours pas eu d’réponse. Mais t’sais ce qu’on dit : pas d’nouvelle, bonne nouvelle. J’espère qu’c’est le cas. »

≈≈≈

« C’est Quinn.

J’sais que tu veux plus me parler, j’ai bien compris quand tu m’l’as gueulé au téléphone. Mais j’vais quand même continuer de t’appeler. Sinon, tu s’rais cap de croire que je t’ai oubliée.

J’ai pas oublié Riley non plus. T’avais pas l’droit de dire ça. C’est juste que...

Laisse tomber. Salut. »

≈≈≈

« Yoooooooo baby girl c’ton frèèèèère. C’lui qu’est vivant, haha.

J’m’d’mandais juste si t’étais t’jours en vie, et tout. J’sais paaaas. Genre. Ç’va ? T’t’en sors ? T’fais quoi d’beau ? T’bosses ? Moi non. T’as vu, ç’change pas. J’arrive même p’us à jouer d’ma trope... tompe... tromep... P’tain. J’joue plus, quoi. C’con.

Merde attends... Ouais ? Ouais j’rrive, gardes-en pour moi mec !

... Pardon, un gars m’parlait. J’sais p’us c’que j’disais. J’ai oublié.

T’sais c’quoi l’pire ? Riley l’est partout. J’le vois t’les jours et d’fois ça m’file envie d’chialer. J’suis désolé. C’moi qu’aurais dû être dans l’truc de l’aut’ taré, là. C’moi. C’ma faute. T’sais pas. Mais c’moi. C’moi, Al’.

P’rdon. »

≈≈≈

« Tu m’emmerdes. Ça te coûterait quoi d’répondre, putain ? J’demande pas la lune.

J’demande pas ton pardon, Alison. Juste que tu m’donnes signe de vie. J’ai bien compris que t’as décidé de me rayer d’ta vie, c’est bon.

C’est quoi l’problème, au juste ? C’est parce que j’me suis tiré ? Parce que j’étais pas à son enterrement ? Putain d’merde. Si toi t’as pu, c’est bien. Cool pour toi. J’pouvais pas, tu piges ? J’pouvais pas rester à NOLA. J’le vois déjà chaque fois que je croise un miroir, tu crois pas qu’ça suffit ?

C’mon frère autant qu’le tien. Et tu restes ma sœur, que ça t’plaise ou pas. Si tu veux pas comprendre, j’peux plus rien pour toi. »

≈≈≈

« Salut sœurette. Tu kiffes quand j’t’appelle comme ça, j’sais bien.

Aujourd’hui, j’ai croisé des gosses qui s’prenaient la tête. Le p’tit gars tirait sur les couettes de la gamine en chantant un truc con, et elle a fini par lui mettre une claque dans la gueule. Ça m’a fait penser à toi.

J’espère qu’ça va. Je sais que oui, mais j’préférerais quand même l’entendre de ta bouche.

Tu m’manques. Bitch. »

≈≈≈

« Tu sais, ce s’rait cool que tu changes ton répondeur. J’veux dire, j’l’entends tellement souvent que j’le connais par cœur. Tu pourrais faire un truc plus personnel. J’t’autorise même à glisser un message genre : Quinn, va t’faire foutre. J’suis sûr que t’en as envie. Ça pourrait égayer mes journées, j’adore qu’on m’dise d’aller m’faire foutre. P’t’être même que j’écouterais ce précieux conseil, pour une fois que tu m’donnerais un ordre qui me plaît.

Voilà, c’était juste le message habituel qui t’rappelle que j’suis toujours là, et que j’vais continuer à te harceler. T’as reçu ma carte ? Avoue, elle était canon. Ce p’tit bouledogue avait tellement le même regard que toi.

J’espère qu’tu fais gaffe à toi. Paraît qu’ça craint de plus en plus à NOLA. »

≈≈≈

« Yo.

J’sais pas si t’es au courant, on m’a convoqué pour m’poser des questions sur Riley. C’pour leur enquête et tout l’bordel. J’vois pas bien en quoi je peux leur servir, m’enfin. J’crois que c’est pour donner l’impression qu’ils avancent. P’t’être que tu seras convoquée aussi, ou qu’tu l’as déjà été.

Si on s’croise, me frappe pas, s’te plaît. Ou si, mais pas au visage. J’ai une trop belle gueule pour qu’elle mérite d’être cassée.

T’façon, je resterai pas. Un jour ou deux, le temps qu’ils me foutent la paix.

C’était juste pour te prévenir. Prends soin d’toi. »



{ iv. }

Dans sa main droite, une clope qui fait marrer. Dans la gauche, une bouteille de whisky bon marché. Et sur son visage, la souffrance qui vient peindre les traits, l’amertume qui pique les yeux, la haine qui déforme les lèvres. Il a les prunelles vrillées sur cette putain de pierre dégueulasse, celle qui affiche Riley Margolis et puis rest in peace ; une date de naissance identique à la sienne, et une date de mort qui lui tord les tripes. C’est de sa faute. Tout ça, c’est à cause de lui.

Parfois, il s’demande. Est-ce que Riley lui en a voulu, quand il s’est réveillé en plein cauchemar ? Quand il a compris qu’il avait été choisi par le tueur pour avoir aidé son frère ? Quand il a rendu son dernier soupir ? Il sait pas. Il saura jamais. Y a une part de lui qui dit non ; Riley il était grand, il était fort, il assumait tout comme un roc et il l’aurait jamais blâmé. Mais y a une p’tite voix qui lui dit que ses dernières pensées, elles ont dû lui être adressées. Que ça devait dire quelque chose comme : Connard. J’ai tout fait pour toi, et tu m’as tué. J’crève à cause de toi. On s’reverra en Enfer. Il l’a tué. Cette putain de nuit où il s’est imprégné les mains d’hémoglobine, ce moment de désespoir où il l’a appelé, c’était une sentence. Il l’a condamné. Il l’a tué.

Il l’a tué. Il l’a tué. Il l’a tué.

Y a pas de pardon. Y en aura jamais, ni de lui-même ni de personne d’autre. Riley pourra jamais le lui accorder même s’il l’avait voulu, et si Alison savait. Si elle savait. Il sait même pas ce qu’elle ferait. Elle le détesterait, plus encore qu’elle le fait déjà. P’t’être même qu’elle aurait envie de le tuer. Il lui en voudrait pas.

Tout est brisé, et il a aucun moyen d’y remédier. Il a même songé à s’tourner vers Dieu, absoudre ses péchés ; on dit que seul le Tout-Puissant peut tout pardonner. Mais il y croit pas. Il y a jamais cru. Il y croira sûrement jamais, et ça ferait qu’empirer son cas s’il prétendait le contraire. Alors il essaie même pas.

« J’suis désolé. » Riley l’entend pas. Il répondra pas. Mais il peut pas s’empêcher de l’dire quand même, puis de le répéter dans un murmure étranglé. « J’suis désolé. » Désolé de s’tenir devant son épitaphe alors qu’il a même pas assisté à l’enterrement, désolé d’avoir causé toute cette merde, désolé de s’être tiré et d’les avoir abandonnés, lui et Alison. Il est désolé mais ça change rien. On revient pas en arrière, on efface pas les erreurs du passé. Alors Quinn, il fait mine de les oublier. Il joue à cache-cache et puis il se marre, il continue d’enchaîner les conneries en provoquant l’univers en duel, il se jette dans la fosse aux lions en s’disant qu’il s’en fout s’il en sort pas vivant. Mais c’est qu’un mensonge, un de plus sur sa liste, une comédie qui commence à virer à la tragédie.

Y a pas de pardon. Il a tué. Il l’a tué. Il s’est tué. Il a trop d’sang sur les mains. Le leur, et puis le sien.

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Elijah Rosenberg
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MessageSujet: Re: requiem pour un con. (quinn)   Ven 11 Sep - 22:41


CONGRATULATIONS
bienvenue dans les rangs !

Bonjour, Quinn, et bienvenue dans ma ville. J'ai entendu dire que tu te comportais comme si le mode t'appartenais, tu te fiche de ceux que tu blesses, de ceux que tu utilises, tu ments sans crupules, même sur les choses les plus graves. Fais attention à toi. Nos erreurs finissent toujours par nous rattraper.

Félicitations, mon brave. Tu t'en doutes sûrement, mais si tu vois ça, ça veut dire que tu es enfin officiellement des nôtres, avec une jolie couleur et tout le package. Nous t'invitons par le biais de ce petit formulaire à passer par la suite dans quelques sections importantes pour ton intégration au forum et au jeu. Nous, on s'occupe de recenser ton avatar et ton pseudo, mais si tu veux recenser ton métier, ton logement, ton numéro de téléphone ou ton adresse mail, c'est à toi de le faire ! On t'invite également à aller faire un tour du côté des fiches de liens, pour te trouver plein de copains, ainsi que des rps. N'hésite pas non plus à remplir notre partie scénario de tes idées ! Et n'oublie pas d'aller voter pour nous toutes les deux heures, histoire de ramener encore plus de potentielles victimes pour notre tueur d'amour ! Faut bien le nourrir, le petit.

Et surtout, si tu as la moindre question, n'hésite pas à t'adresser à Fred (ou Maddox), Alma (ou Quinn), Judith (ou Elijah), ou bien Alison (ou Aslinn) ! I love you

_________________

living in your atmosphere, I’m running out of air.
Fall forward in the atmosphere It's a heavy load to bear. I’ve been living for the longest years Now I’m running out of air. Heard a rumor in foreign wind, There’s a war around the bend, Bet your life on your lover’s heart. Now you can’t find a friend.Where are you, I am already gone. Throw your heart out on the western wind. Its a hard heart to break. Sell your soul out for a southern hymn It's a hard road to take.  — where are you.
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requiem pour un con. (quinn)

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